Indicateurs de variabilité génétique - races bovines - Edition 2015
Races allaitantes et laitières : le grand écart
(Rappel: un guide de compréhension des indicateurs est disponible ici)
Dans cet article sont regroupés les indicateurs de variabilité génétique de 9 races bovines laitières, 9 races bovines allaitantes et 4 races bovines à petits effectifs.
Des indicateurs fiables
Première constatation: ces bilans peuvent être considérés comme fiables puisque, en moyenne, pour une vache née entre 2011 et 2014, on remonte sa généalogie sur plus de 5 générations pour les races à petits effectifs et 7 générations pour les races laitières et allaitantes. Les généalogies les mieux connues sont celles de la Charolaise (plus de 10 générations connues !), qui souffle la première place à la Normande (9,6) par rapport au bilan précédent. En troisième position, la Prim'Holstein détrône l'Aubrac et la Salers. En queue de peloton, on retrouve la Bleue du Nord (4,5), pénalisée par sa situation de race transfrontalière. Néanmoins ce niveau est très correct et très supérieur à celui du bilan précédent: c'est un effet très positif du programme BLUESEL.
Du côté des races laitières: en progrès, continuez les efforts
Pour les trois races (Montbéliarde, Normande, Prim'Holstein) qui ont démarré la sélection génomique on constate que le taux d'accroissement de la consanguinité, qui atteignait des niveaux problématiques, prend des valeurs plus raisonnables. Ceci est traduit par la taille efficace de ces trois populations (Ne) qui stagne voire augmente par rapport aux bilans précédents. L'abandon pour partie du "star system" avec la sélection génomique et le renouvellement plus rapide des taureaux permet d'améliorer la situation.
| Race | 2004/2007 | 2011/2014 |
|---|---|---|
| Montbéliarde | 72 | 73 |
| Normande | 80 | 84 |
| Prim'Holstein | 93 | 96 |
Autre motif de satisfaction : les éleveurs suivent les conseils d'accouplements puisque pour toutes les races laitières ont des niveaux très faibles de consanguinité proche (consanguinité dite "à trois générations"). C'est en Normand que le travail semble le plus poussé puisque la parenté des parents est supérieure à la consanguinité de leur produit: cela signifie que la très grande majorité des accouplements réalisés ont été optimisés pour limiter la consanguinité du produit à naitre, et suivis par les éleveurs. Et oui, l'addition des initiatives individuelles fait progresser !
La Tarentaise et surtout l'Abondance sont dans des situations plus délicates : il est toujours difficile de concilier forte intensité de sélection, petite taille de population et variabilité génétique. Des améliorations sont sûrement possibles, surtout en Abondance où le niveau d'augmentation de la consanguinité est le plus élevé de toutes les races bovines (hors TPE). Du côté des bonnes nouvelles, ces deux races peuvent s'enorgueillir de réussir à conserver respectivement 7 (Tarentaise) et 6 (Abondance) souches différentes parmi leurs 10 ancêtres majeurs, ce qui est mieux que chez la plupart des autres races laitières. La Tarentaise voit même le nombre d'ancêtres efficaces augmenter par rapport au bilan précédent (voir graphique ci-dessous).
Un petit aparté pour la Jersiaise, deuxième race laitière au monde on l'oublie souvent, qui fait son apparition dans les bilans. Malgré des effectifs limités en France, ses indicateurs sont très corrects: elle bénéficie de la sélection mondiale de la race.
Enfin Simmental, Pie Rouge puis, plus à distance, Brune, conservent la tête du classement pour les races laitières grâce à l'utilisation d'origines étrangères variées, les indicateurs de la Simmental s'améliorant même.
Evolution du nombre d'ancêtres efficaces pour les principales races laitières françaises
(cliquez pour agrandir)
Du côté des races allaitantes : savoir gérer le trésor de famille
Bien sûr les indicateurs moyens des races allaitantes ont de quoi faire envie aux gestionnaires des races laitières, avec, par exemple, un nombre moyen d'ancêtre efficace de 105 en allaitant contre 27 en lait. Mais on constate une érosion certaine de la variabilité génétique pour presque toutes ces races. Certes, rien de quoi s'affoler, et la croissance plus rapide de la qualité des généalogies dans ces races par rapport aux races laitières en est sans doute une cause.On recommanderait malgré tout de garder un oeil vigilant sur les indicateurs et de réfléchir à établir des bilans spécifiques aux populations fortement soumises à l'insémination. On sait que le renouvellement des lignées d'IA n'est pas toujours évident et peut créer des goulets d'étranglement.
| Race | Ne 2004/2007 | Ne 2011/2014 |
|---|---|---|
| Aubrac | 443 | 442 |
| Blonde d'Aquitaine | 227 | 261 |
| Charolaise | 958 | 715 |
| Gasconne | 562 | 288 |
| Limousine | 740 | 645 |
| Parthenaise | 295 | 292 |
| Rouge des Près | 299 | 285 |
| Salers | 323 | 386 |
Dans ce panorama, la Salers se distingue : malgré un pourcentage d'animaux consanguins élevé (presque 12%), une constante dans ses bilans, tous les indicateurs sont au vert - en dehors d'une certaine stagnation voire décroissance des effectifs. Néanmoins on continue de s'étonner du fort différentiel entre parenté des parents et consanguinité des produits fictifs dans cette race : il semble qu'il y ait chez certains éleveurs une politique voulue d'accouplements entre apparentés. Pourtant, c'est à déconseiller, pour limiter le risque de faire naitre des veaux porteurs d'anomalies génétiques (voir le site de l'Observatoire des Anomalies Bovines - ONAB).
A noter une nouvelle venue dans notre panorama, la Blanc Bleu. Souvent citée, à tort, comme une "race consanguine", ses indicateurs sont plutôt bons, malgré une taille restreinte de population et un taux élevé d'IA.
Chez les races à petits effectifs: la vigilance porte ses fruits
Pour ces races (Bazadaise, Bleue du Nord, Rouge Flamande et Vosgienne), il s'agit d'arriver à concilier les prémices d'un programme de sélection tout en conservant la variabilité génétique, et faire face parfois, malheureusement, à un déclin démographique. Face à cette exercice délicat, les gestionnaires de races arrivent à maintenir l'équilibre. Il est clair que pour deux races (Flamande et Vosgienne) l'infusion de gènes étrangers a permis d'améliorer la situation. A noter que ces races ne sont pas pour autant "sous perfusion" de ces gènes: le pourcentage stagne à 20% de gènes Danois en Rouge Flamande et 8% de gènes Télémark en Vosgienne. Quant à la Bleue du Nord, elle bénéficie de la population belge pour améliorer sa situation.
Des indicateurs fiables
(Rappel: un guide de compréhension des indicateurs est disponible ici)
Dans cet article sont regroupés les indicateurs de variabilité génétique de 9 races bovines laitières, 9 races bovines allaitantes et 4 races bovines à petits effectifs.
Des indicateurs fiables
Première constatation: ces bilans peuvent être considérés comme fiables puisque, en moyenne, pour une vache née entre 2011 et 2014, on remonte sa généalogie sur plus de 5 générations pour les races à petits effectifs et 7 générations pour les races laitières et allaitantes. Les généalogies les mieux connues sont celles de la Charolaise (plus de 10 générations connues !), qui souffle la première place à la Normande (9,6) par rapport au bilan précédent. En troisième position, la Prim'Holstein détrône l'Aubrac et la Salers. En queue de peloton, on retrouve la Bleue du Nord (4,5), pénalisée par sa situation de race transfrontalière. Néanmoins ce niveau est très correct et très supérieur à celui du bilan précédent: c'est un effet très positif du programme BLUESEL.
Du côté des races laitières: en progrès, continuez les efforts
Pour les trois races (Montbéliarde, Normande, Prim'Holstein) qui ont démarré la sélection génomique on constate que le taux d'accroissement de la consanguinité, qui atteignait des niveaux problématiques, prend des valeurs plus raisonnables. Ceci est traduit par la taille efficace de ces trois populations (Ne) qui stagne voire augmente par rapport aux bilans précédents. L'abandon pour partie du "star system" avec la sélection génomique et le renouvellement plus rapide des taureaux permet d'améliorer la situation.
Evolution de la taille efficace entre la période 2004/2007 et 2011/2014 pour les trois races laitières nationales
| Race | 2004/2007 | 2011/2014 |
|---|---|---|
| Montbéliarde | 72 | 73 |
| Normande | 80 | 84 |
| Prim'Holstein | 93 | 96 |
Autre motif de satisfaction : les éleveurs suivent les conseils d'accouplements puisque pour toutes les races laitières ont des niveaux très faibles de consanguinité proche (consanguinité dite "à trois générations"). C'est en Normand que le travail semble le plus poussé puisque la parenté des parents est supérieure à la consanguinité de leur produit: cela signifie que la très grande majorité des accouplements réalisés ont été optimisés pour limiter la consanguinité du produit à naitre, et suivis par les éleveurs. Et oui, l'addition des initiatives individuelles fait progresser !
La Tarentaise et surtout l'Abondance sont dans des situations plus délicates : il est toujours difficile de concilier forte intensité de sélection, petite taille de population et variabilité génétique. Des améliorations sont sûrement possibles, surtout en Abondance où le niveau d'augmentation de la consanguinité est le plus élevé de toutes les races bovines (hors TPE). Du côté des bonnes nouvelles, ces deux races peuvent s'enorgueillir de réussir à conserver respectivement 7 (Tarentaise) et 6 (Abondance) souches différentes parmi leurs 10 ancêtres majeurs, ce qui est mieux que chez la plupart des autres races laitières. La Tarentaise voit même le nombre d'ancêtres efficaces augmenter par rapport au bilan précédent (voir graphique ci-dessous).
Un petit aparté pour la Jersiaise, deuxième race laitière au monde on l'oublie souvent, qui fait son apparition dans les bilans. Malgré des effectifs limités en France, ses indicateurs sont très corrects: elle bénéficie de la sélection mondiale de la race.
Enfin Simmental, Pie Rouge puis, plus à distance, Brune, conservent la tête du classement pour les races laitières grâce à l'utilisation d'origines étrangères variées, les indicateurs de la Simmental s'améliorant même.
Evolution du nombre d'ancêtres efficaces pour les principales races laitières françaises
(cliquez pour agrandir)
Du côté des races allaitantes : savoir gérer le trésor de famille
Bien sûr les indicateurs moyens des races allaitantes ont de quoi faire envie aux gestionnaires des races laitières, avec, par exemple, un nombre moyen d'ancêtre efficace de 105 en allaitant contre 27 en lait. Mais on constate une érosion certaine de la variabilité génétique pour presque toutes ces races. Certes, rien de quoi s'affoler, et la croissance plus rapide de la qualité des généalogies dans ces races par rapport aux races laitières en est sans doute une cause.On recommanderait malgré tout de garder un oeil vigilant sur les indicateurs et de réfléchir à établir des bilans spécifiques aux populations fortement soumises à l'insémination. On sait que le renouvellement des lignées d'IA n'est pas toujours évident et peut créer des goulets d'étranglement.
| Race | Ne 2004/2007 | Ne 2011/2014 |
|---|---|---|
| Aubrac | 443 | 442 |
| Blonde d'Aquitaine | 227 | 261 |
| Charolaise | 958 | 715 |
| Gasconne | 562 | 288 |
| Limousine | 740 | 645 |
| Parthenaise | 295 | 292 |
| Rouge des Près | 299 | 285 |
| Salers | 323 | 386 |
Dans ce panorama, la Salers se distingue : malgré un pourcentage d'animaux consanguins élevé (presque 12%), une constante dans ses bilans, tous les indicateurs sont au vert - en dehors d'une certaine stagnation voire décroissance des effectifs. Néanmoins on continue de s'étonner du fort différentiel entre parenté des parents et consanguinité des produits fictifs dans cette race : il semble qu'il y ait chez certains éleveurs une politique voulue d'accouplements entre apparentés. Pourtant, c'est à déconseiller, pour limiter le risque de faire naitre des veaux porteurs d'anomalies génétiques (voir le site de l'Observatoire des Anomalies Bovines - ONAB).
A noter une nouvelle venue dans notre panorama, la Blanc Bleu. Souvent citée, à tort, comme une "race consanguine", ses indicateurs sont plutôt bons, malgré une taille restreinte de population et un taux élevé d'IA.
Chez les races à petits effectifs: la vigilance porte ses fruits
Pour ces races (Bazadaise, Bleue du Nord, Rouge Flamande et Vosgienne), il s'agit d'arriver à concilier les prémices d'un programme de sélection tout en conservant la variabilité génétique, et faire face parfois, malheureusement, à un déclin démographique. Face à cette exercice délicat, les gestionnaires de races arrivent à maintenir l'équilibre. Il est clair que pour deux races (Flamande et Vosgienne) l'infusion de gènes étrangers a permis d'améliorer la situation. A noter que ces races ne sont pas pour autant "sous perfusion" de ces gènes: le pourcentage stagne à 20% de gènes Danois en Rouge Flamande et 8% de gènes Télémark en Vosgienne. Quant à la Bleue du Nord, elle bénéficie de la population belge pour améliorer sa situation.


