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[JTC 2022] Génétique - Reproduction

Publié le par Marjorie Chassier (Institut de l'Elevage), Nicolas Gafsi (VetAgroSup), Fabrice Bidan (Institut de l'Elevage), Alice Fatet (INRAE)
Reproduction Choix des reproducteurs Ressources génétiques Caprin

Sommaire

Quels caractères en sélection pour demain (persistance, fertilité, longévité, maturité) ?

Variabilité de la réussite à l’IA : quels enseignements tirer de l’analyse de 25 ans de données (Pradel et Grignon) ?

Effet bouc pour l’IA : cela ne va pas si "mâle", de plus en plus d’adeptes

Quels caractères en sélection pour demain (persistance, fertilité, longévité, maturité) ?

Mathieu Arnal & Marjorie Chassier, idele

La présentation effectuée par l’UMT génétique pour un élevage durable des petits ruminants avait pour objectif de présenter les caractères qui pourront être en sélection pour demain : la fertilité à l’Insémination animale, la persistance, la longévité et la maturité. Ces quatre caractères ont été évalués et pourront être intégrés dans un nouvel index combiné caprin (ICC) à l’avenir. Nous avons vu que :

  • La persistance est corrélée légèrement positivement avec la longévité et légèrement négativement avec la fertilité.
  • La longévité en élevage se dégrade
  • Différentes actions pour améliorer la longévité sont en cours : l’indexation de la longévité, Indexation de la fertilité à l’IA , Réflexions autour de la maturité (MALO), Compréhension de la longévité (SMARTER), Etudes des anomalies génétiques (PRESAGE), Etude du déterminisme génétique des kystes et déséquilibres mammaires, Etude de la résistance au parasitisme (TEPACAP).

Variabilité de la réussite à l’IA : quels enseignements tirer de l’analyse de 25 ans de données (Pradel et Grignon) ?

Nicolas Gafsi, Idele-Inrae

L’objectif de ce travail était d’évaluer l’impact de la dynamique de production laitière et des réserves corporelles sur la réussite à l’insémination artificielle (IA) en analysant la base de données de la station expérimentale du Pradel, regroupant les informations sur 1096 lactations (574 chèvres de race Alpine pendant 25 campagnes de production (1996 à 2021)). Le critère de réussite à la reproduction d’une chèvre pour une campagne d’insémination est l’intervalle entre l’IA et la mise-bas suivante (un intervalle inférieur ou égal à 160 jours est qualifié de réussite à l’IA). Un modèle a été utilisé pour analyser les relations entre la réussite à la reproduction d’un côté et les caractéristiques individuelles des chèvres, les données climatiques enregistrées dans une station météorologique extérieure présente sur l’exploitation, et les données de production laitière et d’état corporel. Au Pradel, les caractéristiques animales et les données météorologiques n’ont pas eu d’effet sur la réussite à l’IA. Des effets ont pu être mis en évidence entre les parités (primipares vs multipares). Chez les primipares, seul le poids vif a eu un effet significatif sur la réussite à l’IA. En revanche, chez les multipares, la production laitière à l’IA ainsi que l’évolution de la note sternale ont eu un effet significatif sur la réussite à l’IA.

Effet bouc pour l’IA : cela ne va pas si "mâle", de plus en plus d’adeptes

Fabrice Bidan, idele, Alice FATET (INRAE), LisaJOHNSON (INNOVAL)

La mise à la reproduction des chèvres à l’IA nécessite la mise en application d’un protocole pour faciliter sa mise en œuvre sur 1 ou 3-4 jours. Parmi les trois protocoles possibles, pour les périodes cibles de l’IA (en contre-saison et en avance de saison = de mars à octobre), le recours à « l’effet mâle » devient incontournable pour répondre à un enjeu majeur de la filière sur la limitation du recours aux hormones. Le protocole dit « Eponge + Effet Bouc » est une transition intéressante et fiable vers moins d’hormones par la substitution d’une partie du traitement hormonal grâce au recours à l’Effet Bouc pendant seulement deux jours. Cette transition progressive des éleveurs permettant la pratique de l’IA à un moment prédéterminé montre des résultats de fertilité similaires dès lors que le protocole est respecté, et en particulier sur la préparation des mâles. Avec plus d’une cinquantaine de lots de chèvres ayant eu recours à ce protocole en 2021 en France, les expériences acquises, tout comme la Recherche et le Développement, vont permettre d’améliorer la réponse à l’Effet Bouc et faciliter sa mise en œuvre. La planification et les échanges entre l’éleveur et son conseiller « Reproduction » sont essentiels sur cette évolution des pratiques dans une démarche de limitation de l’utilisation des hormones grâce à ce protocole, voire une substitution totale grâce au protocole dit « Effet Bouc seul ». A eux deux, ils représentent environ 12% des lots d’IA en France en 2021, soit une centaine de lots d’IA.