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Sécheresse et vagues de chaleur : les bons réflexes à adopter en élevage ovin

Publié le par Laurence Sagot (Institut de l'Elevage)
Conseil en élevage Alimentation - Abreuvement Climat Bâtiment
Après trois vagues de chaleur successives en mai, juin et juillet, les repousses d'herbe de printemps ont été fortement pénalisées, entraînant des stocks de fourrages en net recul. Face à cette situation inédite, l'Institut de l'Elevage fait le point sur la situation et propose des pistes concrètes pour préserver la santé et l'état corporel des animaux, gérer au mieux les stocks disponibles et anticiper la suite de la campagne.

Etat des lieux de la situation en juillet 2026:

  • Moins de stocks
  • Des stocks de foin globalement inférieurs de 30 à 50 % (avec des exceptions)
  • Des rendements et des poids spécifiques en céréale médiocres
  • Des rendements en paille inférieurs aux moyennes habituelles
  • Des prévisions en matière de récolte du maïs très pessimistes

Les quelques points positifs

  • Des enrubannages et foins de bonne qualité (récoltes précoces)
  • Des luttes de mars/avril réussies
  • Des brebis en bon état corporel

Quelques conseils:

Sauvegarder la santé des animaux

De fortes températures sans pluie ne signifient pas une absence de parasites internes. Par exemple, l’Haemonchus, un strongle digestif particulièrement redoutable, affectionne les temps orageux. Il convient donc d’être particulièrement vigilant. Par ailleurs, le sel doit être accessible à tous les lots d’animaux, agneaux compris. Il contribue à une hydratation plus efficace.

Des stocks entamés

Dans la très grande majorité des cas, tous les lots sont affourragés. Une ration à base de foin suffit pour des brebis taries ou en milieu de gestation si elles présentent un état corporel correct. Il est utile de vérifier que les animaux consomment suffisamment de foin s’ils ne sont pas en bâtiment. En l’absence d’apport d’aliments concentrés, la quantité minimum est d’un kg brut.

Par ailleurs, il est préférable de sevrer les lots d’agneaux de plus de 60 jours si leurs mères sont à l’herbe. La ressource fourragère est désormais nettement insuffisante pour des animaux à forts besoins alimentaires. Préserver leur état corporel est une nécessité.

Pour en savoir plus sur les rations possibles par type d’animaux

Des luttes de mars/avril réussies

Les constats de gestation réalisés à la suite des mises à la reproduction de mars et d’avril indiquent des taux de fertilité et de prolificité très corrects. Alimenter au mieux les brebis durant le dernier mois de gestation est un des facteurs clefs pour limiter la mortalité des agneaux à la naissance et assurer une bonne lactation. Les rentrer en bergerie facilite en général le travail de distribution des aliments mais si ce n’est pas le cas, les brebis peuvent rester dehors avec une ration « de bergerie ».

Ouvrir la bergerie

La température dite « de confort » d’une brebis en bergerie est de 23°C maximum. Lorsque les températures extérieures dépassent 30°C pendant plusieurs jours consécutifs sans descendre en dessous de 22°C la nuit, les animaux peinent à récupérer. Pour atténuer les effets des canicules, ouvrir au maximum la bergerie reste la meilleure alternative si le site est suffisamment ventilé. Les bardages amovibles installés en partie basse, c’est-à-dire au niveau des animaux, sont d’une meilleure efficacité. Une autre solution consiste à installer des trappes sur les bardages, réparties régulièrement sur les longs pans. Et plus c’est ouvert, mieux c’est !

Pour en savoir plus sur les autres solutions

Réformer plus sévèrement

Le marché des brebis de réforme est actuellement porteur. Les ressources alimentaires sont limitées et il est plus judicieux de les vendre le plus rapidement possible. Par ailleurs, les constats de gestation sont plus que jamais d’actualité afin de ne pas alimenter de brebis improductives. Ils peuvent être réalisés 40 jours après le retrait des béliers. Les brebis à réformer, en général en bon état, peuvent ainsi être commercialisées rapidement.

Reporter la vente des agneaux

Les perspectives de consommation de viande d’agneau s’annoncent peu favorables pour cet été. Lorsque cela est possible (place à l’auge, cahier des charges …), il est donc préconisé de rationner les agneaux sevrés pour reporter leur vente en automne. A l’exception de ceux qui sont presque finis (plus de 35 kg), il est proposé les rations suivantes afin de ralentir leur croissance :

  • Foin à volonté + 600 g d’aliment concentré par agneau. Il faudra alors 2 fois plus de foin par agneau qu’avec un concentré distribué à volonté.
  • Paille à volonté + 600 g d’aliment concentré par agneau

Par ailleurs, si vous avez une opportunité de vendre des agneaux en maigre, sachez qu’il faut compter pour finir un agneau :

  • 60 à 80 kg d’aliment concentré s’il pèse environ 25 kg vif,
  • 50 à 60 kg d’aliment concentré s’il pèse environ 28 kg vif.
  • 20 à 30 kg de foin dans les deux cas.

Pour en savoir plus, contactez votre organisation de producteurs.

Anticiper et saisir les opportunités

Si vous allez manquer de fourrages pour la campagne à venir, il est nécessaire d’anticiper vos achats de foin et de paille. Dans certaines zones, des opportunités de pâturage en dehors de l’exploitation sont à saisir, en particulier en hiver : couverts végétaux (si les conditions climatiques ont permis leur semis et levée), vignes, vergers etc…

Pour en savoir plus sur le pâturage en hiver

Être prêt à semer des dérobées

Aux prochaines pluies estivales, il sera encore temps de semer des dérobées à pâturer en automne dans certains systèmes fourragers : avoine, colza, navet …

Voir la liste non exhaustive accompagnée des modes d’utilisation possibles et des éventuels risques sanitaires

Assurer les luttes sous la chaleur ?

Les impacts des luttes en période de canicule sur la fertilité ne sont pas connus. Une étude est en cours afin de connaitre l’activité des béliers lors de fortes chaleurs. En attendant les résultats, nous vous proposons d’introduire les béliers 36 heures et non 48 heures après le retrait des éponges.

Ces dernières sont en effet enlevées le matin et les béliers risquent d’être actifs essentiellement la nuit.