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La PAC dans tous ses Etats (452-Décembre 2014)

Des stratégies offensives au Nord, défensives au Sud

Publié le par Groupe Economie du Bétail GEB (Institut de l'Elevage)
Politiques agricoles Marchés Lait et viande Bovin lait Ovin lait Bovin viande Caprin Equin Ovin viande
La réforme de la PAC qui s’applique à partir de 2015 est largement à la carte en Europe. Les options prises par les grands pays d’élevage sont très disparates, parfois même aux antipodes. Ainsi, l’Allemagne, les Pays-Bas ou encore l’Angleterre et le Pays de Galle entérinent la convergence totale des aides, sans aucun couplage, dans une optique libérale. A l’inverse, l’Espagne joue de toutes les options possibles pour tenter de maintenir l’existant. Écosse, Irlande, Italie, Pologne, France ont adopté diverses positions intermédiaires pour favoriser leur filière élevage, ou limiter les impacts négatifs de la réforme. Les modes de répartition des aides du 1er et du 2ème pilier de la PAC ont été définis pour s’inscrire dans les stratégies des filières nationales face à la globalisation des marchés. Ce Dossier résume les interventions des experts des différents pays lors de la Conférence "La PAC dans tous ses États", coorganisée par l’Institut de l’Élevage et la CNE, qui s’est tenue à Paris le 20 novembre dernier.

Les grandes lignes de la réforme de la nouvelle Politique agricole commune sont connues depuis juin 2013. Afin de concilier les intérêts de 28 pays aux agricultures et aux niveaux de vie très hétérogènes, cette PAC est pleine de “subsidiarité”, en fait largement à la carte, pourvu que les principes généraux comme la convergence des aides (finalement souvent partielle) et le verdissement soient appliqués.

 

Les États membres ont décidé l’application de leur réforme en 2014. Elle est parfois nationale et fort simple, mais souvent complexe, pour se caler au mieux au tissu fin des spécialisations régionales voire locales. Afin d’y voir plus clair sur les aides directes, qui ont un impact considérable sur l’équilibre économique et territorial des filières lait et viande de ruminants, l’Institut de l’Élevage a co-organisé, avec la CNE, une Conférence “La PAC dans tous ses États”, le 20 novembre dernier à Paris. Nous y avons convié des représentants des 7 plus grands pays producteurs de lait et de viande de ruminants de l’UE à nous exposer les options de leurs pays, leurs justifications et les impacts attendus.

 

Ce Dossier Économie de l’Élevage est largement inspiré par les interventions de nos conférenciers. Cependant, le département Économie de l’Institut de l’Élevage est le seul responsable du contenu et des analyses qui suivent.

 

A parcourir ce document, le lecteur distinguera des philosophies de réforme bien différentes, avec un gradient allant d’un libéralisme assumé en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Angleterre par exemple (le Danemark aurait pu y être ajouté), au statu quo recherché en Espagne. Avec bien entendu toutes les solutions intermédiaires. Ainsi, l’Irlande et la Pologne privilégient leurs filières lait et viande, mais avec des outils très différents : convergence très limitée et développement rural dans la verte Erin ; recouplage maximum, paiement redistributif et politique des structures en Pologne.

 

Cette réforme à la carte de la PAC apparaît ainsi comme un révélateur des stratégies nationales pour les exploitations et les filières lait et viande. Le point aveugle de cette réforme reste la gestion des aléas et de la volatilité des marchés, qui n’est plus traitée par l’OCM unique. Pour certains pays, c’est aux assurances privées de prendre le relais, à travers le second pilier. Pour d’autres, on ne pourra pas se passer durablement de politique publique de régulation des marchés.

 

Mais tout cela relève du débat pour la prochaine PAC, que nous avons esquissé dans la dernière partie de cette conférence “La PAC dans tous ses États”*.

 

*Pour voir et revoir les interventions de cette conférence, rendez-vous sur le site IDELE

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