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Bilan des inséminations animales bovines en semence sexée, campagne 2022

Bilan des inséminations animales bovines 2022

Publié le par Sandra Dominique (Institut de l'Elevage)
Evaluations et index Génomique Performances et phénotypes Reproduction Ressources génétiques Bovin lait Bovin viande
Les inséminations en semence sexée réalisées pendant la campagne 2022 suivent la tendance des trois dernières campagnes : on enregistre une hausse de + 1,5% par rapport à la campagne précédente. On dénombre 583 537 inséminations totales en semence sexée, soit environ + 8 500 IAT sexées par rapport à 2021. Plus de la moitié des 51 800 troupeaux laitiers ayant enregistré au moins une insémination ont testé ou adopté la semence sexée. Le taux d’inséminations sexées a dépassé le niveau record de la campagne 2015.

Retrouvez le bilan complet dans le document à télécharger en bas de cette page

Les chiffres marquants de l'année 2022

Volume des inséminations sexées en 2022

Sur la campagne 2022, 6 411 925 inséminations totales (IAT) ont été mises en place. Parmi celles-ci, 583 537 IAT étaient sexées (9,1%).

C’est + 1,5% de plus que la campagne précédente.

Parmi les 3 566 655 inséminations premières (IAP), 444 214 IAP étaient sexées, soit 12,5%. On note une petite augmentation de + 1% par rapport à 2021.

La grande majorité des IA sexées sont des inséminations premières (76%). Le rapport nombre IAP / nombre IAT baisse continuellement depuis quelques années. Les éleveurs semblent réaliser de plus en plus d’IA retour (suite à l’échec de l’IAP) en semence sexée. Mais cela reste majoritairement des IA de première intention. Quelques freins techniques (bon moment d’insémination, moindre fertilité, ...) et économique (prix plus élevé des doses) peuvent expliquer la réticence de renouveler les échecs d’IA par une seconde IA en semence sexée.

Les troupeaux laitiers sont adeptes de la semence sexée : 53% des 51 800 troupeaux de vaches laitières ont mis en place au moins 1 IAP en semence sexée. Si le nombre de troupeaux laitiers utilisant l’insémination a légèrement diminué, la proportion de ceux utilisant de la semence sexée a augmenté de + 2% par rapport à la campagne précédente.

Les troupeaux de vaches allaitantes utilisent moins l’insémination comme mise à la reproduction : 34 933 élevages ont inséminé au moins une vache de race allaitante. Parmi ceux-ci, 9,5% ont utilisé au moins une fois de la semence sexée, c’est + 0,3% par rapport à 2021. La semence sexée est peu répandue dans les élevages allaitants et son évolution est stable.

Utilisation de la semence sexée différenciée par race

Durant les deux dernières campagnes, toutes les races laitières ont enregistré des évolutions positives de leur proportion d’IAP et d'IAT sexées, progressant plus ou moins vite (de + 0,2% entre 2020 et 2022 pour les IAP Abondance et jusqu’à + 3,8% pour les IAP en Brune).

Un bémol à ce tableau : entre les campagnes 2021 et 2022, la race Jersiaise, plus grande utilisatrice de semence sexée avec 60% des génisses et 40% des vaches inséminées en sexée, enregistre une baisse de sa proportion d’IAP et IAT sexée, respectivement de - 1,8% et - 2,3%.

Les évolutions de proportion d’IA sexées chez les races de vaches allaitantes sont plutôt stables. L’Aubrac présente une évolution légère mais continue depuis 3 campagnes, passant de 3,7% d’IAP sexées en 2020 à 4,6% en 2022. Les grandes races (Limousine, Charolaise, Blonde d’Aquitaine) ne présentent pas d’évolution de leur proportion d’IAP/IAT sexées. Malgré une légère baisse ente 2021 et 2022, la race Salers reste la race utilisant le plus d’IA sexées (11,3% des IAP et 10,5% des IAT).

Proportion d'IA sexées par race de femelle et statut génisse/vache en 2022

Le poids des IA sexées pour chaque race de taureaux laitiers présente aussi des évolutions d’utilisation. En 2022, plus de la moitié de IAP de taureaux de race Jersiaise (50,7%) ont été réalisées en sexée. C’est une proportion stable par rapport à 2021. Les taureaux de race Abondance, Normande, Tarentaise ont conservé aussi une proportion d’IAP stable depuis la campagne précédente (entre 11,1% et 12,4% pour ces trois races). Les taureaux de race Brune et Montbéliarde affichent en 2022 des dynamiques similaires avec 29% de leurs IAP mises en place en sexée. Malgré des niveaux déjà haut en proportion d’IA sexées, ces deux races présentent toujours une évolution positive. Avec une proportion plus faible de doses sexées, les taureaux de race Prim’Holstein sont passés de 13% d’IAP sexées en 2020 à 15% en 2022.

Chez les taureaux de races allaitantes, différentes dynamiques sont aussi à l’œuvre. Les taureaux Salers sont les plus utilisés proportionnellement en semence sexée (15% des IAP sont sexées). Leur situation est stable sur les trois dernières campagnes. Les grandes races (Charolaise, Limousine, Blonde d’Aquitaine), ainsi que les taureaux Blanc Bleu et Inra95 présentent aussi des proportions stables mais plus faibles entre 1,4% et 2,2% d’IAP sexées. Les races Parthenaise et Aubrac ne cessent d’augmenter leurs proportions de doses sexées, surtout l’Aubrac qui passe de 5% à 7% entre 2020 et 2022. Toutefois, les taureaux de race Angus marquent l’année avec une baisse de leur utilisation en semence sexée passant de 5,2% en 2021 à 3,7% en 2022.

Contrairement aux races laitières, les doses de semences sexées de certaines races de taureaux allaitants sont utilisées majoritairement pour produire des veaux mâles, notamment chez les races Blanc bleu, Charolaise, Inra95. Sur un support femelle laitière, le choix d’utiliser une semence sexée mâle peut permettre à des éleveurs de garantir la naissance de veaux croisées lait x viande valorisant alors au maximum les bénéfices économiques d’un petit veau croisé issu du cheptel laitier.

Ou sont-elles mises en place ?

Les zones où la semence sexée est fortement utilisée en proportion sont les départements de l’Est (Doubs, Saône-et-Loire) et proche du Massif-Central (Haute-Loire, Loire, Puy-de-Dôme) avec des cantons où entre 20% et 50% des IAP sur femelles laitières sont en semence sexée. Les départements de Bretagne et Pays-de-la-Loire sont aussi utilisateurs de semence sexée mais en moins forte proportion (entre 5% et 20%).

Les évolutions sont majoritairement à la hausse sur la diagonale Sud-Ouest → Nord-Est. Toutefois, l’Ouest et le Nord de la France marquent globalement un léger frein entre cette campagne et la précédente sur l’utilisation de sexée.

Quelle réussite ?

Les résultats 2022 de taux de non-retour à la suite d’une reproduction par insémination animale sont similaires aux résultats de la campagne précédente. En globalité, 60% des inséminations premières sur femelles laitières n’ont pas été suivies d’une nouvelle insémination dans les 18-90 jours suivants la première : 61% des IAP conventionnelles et 56% des IAP sexées.

Chez les femelles allaitantes, ce sont 78% des IAP qui n’ont pas été suivies d’une nouvelle insémination : 78% des IAP conventionnelles et 69% des IAP sexées.

Ces résultats présentent les différences de réussite entre IA conventionnelle et IA sexée : environ -5% de non-retour pour une IAP sexée chez les femelles laitières. Mais par statut de femelles (génisse / vache), les écarts entre IAP conventionnelle et sexée sont plus forts de l’ordre de -9% en défaveur de la semence sexée. Ces différences de résultats varient en fonction de la race et du statut de génisse/vache de la femelle.

Taux de non-retour 18-90j par type et statut de femelle et par type de semence
  IAP conventionnelleIAP sexéeToutes IAP
Laitières

Génisse

Vache

Toutes femelles

71,6%

58,3%

61,0%

60,6%

49,9%

56,2%

68,0%

57,6%

60,3%

Allaitantes

Génisse

Vache

Toutes femelles

77,1%

78,6%

78,1%

65,6%

71,0%

68,5%

76,8%

78,5%

77,9%

La différence de résultats entre femelles laitières et allaitantes est notamment explicable par une différence de système : l’insémination animale est le mode de reproduction privilégié en élevage laitier. Il y a peu de taureaux présents en ferme pour les repasses. En élevage allaitant, la monte naturelle est majoritaire et le nombre d’IAT par femelle est plus faible : le taureau présent sur l’élevage est chargé de passer après les inséminations.