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Novembre 2022 : une très belle arrière-saison (là où la pluie est revenue…)

Publié le par Soline Schetelat (Institut de l'Elevage), Aurélie Madrid (Institut de l'Elevage), Julien Fradin (Institut de l'Elevage), Brendan Godoc (Institut de l'Elevage), Blandine Fagot (Institut de l'Elevage)
Cultures fourragères Gestion du pâturage Pastoralisme Systèmes fourragers Autre filière
Le retour des pluies mi-septembre sur une grande partie du territoire national ainsi que les températures exceptionnellement douces du mois d’octobre ont permis aux prairies de se remettre du choc de cet été. Si elles ont mis du temps à reverdir en septembre elles ont par la suite montré une très bonne capacité de résilience au chaud et au sec : la plupart d’entre elles se sont redensifiées et sont reparties en croissance à partir de début octobre. La météo de cet automne nous offre une très belle arrière-saison favorable à la pousse de l’herbe mais la situation reste très hétérogène en fonction de la répartition des précipitations, certaines régions ont vu leurs prairies peiner à redémarrer et à pousser par la suite. La plupart des animaux, pourtant rentrés en bâtiment et affouragés cet été, sont retournés pâturer et de très nombreux chantiers d’ensilage et d’enrubannage se sont prolongés jusqu’à mi-novembre dans des conditions très correctes. L’herbe est de très bonne qualité et les rendements sur cet automne s’échelonnent de moins de 1TMS/ha à plus de 2TMS/ha, l’occasion de refaire quelques stocks avant l’hiver. Pour autant, ce regain de production sur l’automne ne permet pas toujours de compenser les pertes accumulées sur le printemps et l’été, le déficit de production des prairies est de l’ordre de 20% à 30% sur l’année 2022. Les maïs ensilage ont eux aussi été pénalisés cet été, en quantité comme en qualité, mais certains ont réussi à sortir leur épingle du jeu en zones profondes ou avec des dates de semis très précoces. Grâce aux reports de stock de l’année 2021, la majorité des éleveurs et éleveuses sont sereins pour cet hiver mais sont préoccupés par la possibilité que l’année 2023 puisse ressembler à 2022, auquel cas les bilans fourragers seraient loin de l’équilibre…

Le mois d’octobre 2022 a été exceptionnellement chaud sur l’ensemble de la France, à tel point qu’il arrive au 1er rang des mois d’octobre les plus chauds devant octobre 2001. La température moyenne a été de 17,2°C, soit 3,5°C de plus que la normale. Le retour des pluies a septembre a été salutaire après cet été très chaud et sec. Si les précipitations ont été globalement abondantes elles n’ont pour autant pas permis de combler le déficit hydrique, en particulier sur la diagonale Sud-Ouest de la France (des Pays de la Loire à la Provence). Le déficit a continué de se creuser en octobre où les précipitations ont été particulièrement faibles sur les régions du Sud. L’Occitanie a vécu un de ses mois d’octobre les moins arrosés et les niveaux d’assèchement des sols sont inquiétants.