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IA en semence sexée, quelle utilisation en 2019 ?

Publié le par Denis Faradji (Institut de l'Elevage)
Choix des reproducteurs Bovin lait Bovin viande
L’utilisation de la semence sexée pour inséminer dans les troupeaux bovins, connait un léger recul (-3%) sur l’année 2019. Le choix de la semence sexée est très variable, selon les types de production lait ou allaitant, les races et les zones d’élevage. Dans les troupeaux laitiers, près de la moitié des élevages utilisent cette technique et globalement 1/3 des génisses ont une première IA en semence sexée. En parallèle, dans les troupeaux allaitants, l’utilisation de cette biotechnologie progresse pour arriver en 2019 à près de 3% des femelles inséminées.

11% des IAP sont réalisées en semence sexée

 

En 2019 l’activité en semence sexée représente 395 000 inséminations premières (IAP), soit près de 10.6% des IAP totales. Cette activité est en recul de -3% par rapport à l’année 2018, toutefois, ce repli est plus faible que celui observé en 2017 (-7%) et globalement depuis 2015 (-17%). Ce recul de l’activité est à mettre en perspective avec la baisse globale de l’activité insémination qui est de -5% depuis 2015.
Cependant, dans certaines races, la part des inséminations continue de croitre, c’est le cas de race comme la Jersiaise, la Brune, mais aussi des races dont l’offre de taureaux disponible en semence sexé est récente et se développe. (Tableau 1 – Le point sur l’utilisation de la semence sexée en 2019.pdf)

 

Evolution de l'activité Insémination en semence sexée depuis 2009

 

Des inséminations avec semence sexée sont enregistrées pour 2 746 taureaux d’IA (+294) appartenant à 32 races différentes, dont 111 taureaux ont réalisé plus de 1 000 IA. Côté femelles, des IA sexées sont réalisées dans 28 races de vaches, et on note en particulier 9 984 IAP sexées sur des vaches laitières croisées.

 

Part de l'activité insémination en semence sexée par race

 

Dans le territoire de Belfort 55% des IA sont faite en semence sexée

 

On constate une utilisation très variable d’une région à l’autre, ceci s’explique bien-sûr, par l’écart de densité entre élevages laitiers et allaitants, mais aussi en fonction des races représentées localement. Ainsi les départements Franc-Comtois du Doubs (42%) et du territoire de Belfort (55%), celui de la haute Loire ; où la race Montbéliarde est très présente et le marché de la femelle d’élevage dynamique ; comptent parmi les départements où l’utilisation de la semence sexée est la plus élevé.
Dans le nord-est de la France, le département du nord (48%) et les mitoyens affichent des niveaux d’utilisation de semence sexée supérieur à 40% des inséminations premières.

 

33% des génisses laitières sont inséminées en semence sexée

 

Dans les élevages laitiers, l’utilisation de la semence sexée est principalement réalisée sur génisses, celles-ci présentant de meilleurs résultats de fertilité. En moyenne 33% des génisses laitières sont inséminées avec de la semence sexée. Ce taux varie selon les races entre 10 et 56 % des génisses. L’utilisation de la semence sexée sur vaches laitières est en moyenne de 7% des IAP.


On constate des niveaux d’utilisation très différente entre les races, principalement expliqué par les écarts de fertilité qui existent entre elles et la très faible attractivité du marché des veaux mâles.


Ainsi en race montbéliarde, ce sont près de 16% des vaches qui sont inséminées en semence sexée.  En race jersiaise où la naissance d’une femelle est privilégiée, ce sont jusqu’à 56% des génisses et plus de 41% des vaches, qui sont inséminées avec de la semence sexée. De même, mais dans une moindre mesure, pour la race Brune où 37% des génisses et 16% des vaches sont inséminées en semence sexée femelle.

 

 

 

En race Salers 20% des génisses sont inséminées en semence sexée

En race allaitante, la part de l’utilisation de la semence sexée reste stable sur les 2 dernières années. Globalement, sur les 542 000 IA premières enregistrées, 2.9% le sont avec de la semence sexée. On constate une offre qui s’étoffe chez toutes les races allaitantes, ce qui contribue au maintien de l’activité, cela malgré une saison de reproduction qui, faisant suite à 2 années de sécheresses sévères, ont limité les stocks fourragers disponibles dans les élevages.


En race Salers, l’utilisation de la semence sexée, continue d’être utilisé par les éleveurs comme un levier important de la gestion du renouvellement : 20% des génisses et 10% des vaches inséminées, le sont avec de la semence sexée.
 

 

Il y a en moyenne autant de vaches que de génisses inséminées en semence sexée. Globalement, l’utilisation du sexé mâle représente 20% des inséminations en semence sexée. Dans les élevages qui le pratiquent, la semence mâle est utilisée sur 26% des vaches allaitantes, et 15% des génisses.

 

 

 

Les taux de non-retour en semence sexée, sont inférieurs de 10 à 20% par rapport à de la semence conventionnelle.

Les taux de non-retour 18-90j (TNR90), permettent d’estimer la part de femelle supposées gestantes (car non ré-inséminée dans ce laps de temps) à la suite d‘une première insémination. Les TNR90 sont très variable selon les races et le type de femelles. Pour certaines races comme la jersiaise, les écarts observés de TNR90 sont de moins de 10% en vaches comme en génisses quel que soit le type de semence utilisé ; pour d’autres races comme les Abondances et Tarines, il est de plus de 15 %.

 

 

La semence sexée : Ça marche !!!

 

Les vêlages qui suivent des IA fécondantes en semence sexée femelle, donnent en moyenne 91,2% de femelles nées. Pour la semence sexée mâle la tendance est identique avec un taux de naissance de veaux mâle de 90,5%.