Retour

2019 : l'année économique viande bovine. Perspectives 2020 (Dossier économie n°505 - Janvier 2020)

Dossier économie n°505 - Janvier 2020

Publié le par Groupe Economie du Bétail GEB (Institut de l'Elevage)
Marchés Lait et viande Bovin viande
Ce Dossier Economie de l’Elevage Annuel viande bovine fait le bilan de l’année 2019, tant en termes d’évolution de marchés des gros bovins, des broutards et des veaux de boucherie que de résultats courants des exploitations d’élevage et trace les perspectives attendues pour 2020.

Début 2019, la question de ce Dossier Annuel était « le recul de la production boostera-t-il les prix ? ». Force est de constater que si le recul de la production attendu s’est bien produit, les prix intérieurs n’en ont guère profité. Ils ont tout juste frémi pour les animaux finis de type viande (JB, génisses et vaches), mais se sont encore érodés pour les vaches et JB de type laitier. Les cotations des broutards ont connu une chute estivale marquée pour la plupart des catégories et celles de veaux de boucherie ont été très dégradées jusqu’en novembre.

 

Face à une sécheresse estivale qui a de nouveau fortement affecté presque toute la France sauf la façade maritime et les régions avoisinantes, la plupart des élevages bovins viande ont encaissé une nouvelle hausse des charges opérationnelles. Celle-ci est surtout liée à des achats supplémentaires de fourrages et d’aliments, en partie compensés par des aides exceptionnelles de l’Etat et de certains Conseils régionaux. L’inflation des charges s’est ainsi poursuivie (+2%), malgré le recul du coût de l’énergie. Dans ces conditions, les résultats courants reculent : pour 2019 nous les estimons au plus bas niveau de la décennie pour les naisseurs spécialisés, et en baisse marquée pour les naisseurs-engraisseurs.

 

Pas étonnant que la décapitalisation allaitante se soit accélérée courant 2019, atteignant 2,4% sur 1 an en décembre. La production française de viande de femelles a chuté de 2%, et celle de jeunes bovins plus encore (-4,5%). Cependant, les disponibilités de femelles laitières dans plusieurs pays européens et la redirection des exportations irlandaises vers le Continent ont encombré le marché communautaire, pesant sur les prix. La Pologne, affectée par plusieurs scandales, a été contrainte de brader des stocks. Et la consommation allemande, très réactive à la situation économique générale, est morose. Il n’y a pas eu en 2019 de locomotive à la demande de viande bovine. Seule la situation italienne était porteuse d’espoir, avec une forte demande de broutards, et une consommation qui se maintient bien.

 

Pour 2020, nous prévoyons la poursuite du recul de la production française, plus marqué encore en femelles (-3,2%) qu’en jeunes bovins (-0,9%) et en broutards (-1%). Cela appellera davantage d’importations car la consommation française résiste bien, notamment en haché (+2,3% en valeur en 2019). Il est délicat de prévoir la demande du marché asiatique, surtout dans le contexte de la nouvelle épidémie de coronavirus qui vient de se déclarer, mais elle semble dynamique et pourrait changer favorablement les équilibres de marché.

 

Plus que jamais, le marché de la viande bovine français est dépendant du contexte européen et global, économique mais aussi climatique.