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Dossier IRLANDE multi-filières (Dossier économie n°524 - Novembre 2021)

Les filières lait et viandes en Irlande : toujours conquérantes malgré Brexit et contraintes environnementales

Publié le par Groupe Economie du Bétail GEB (Institut de l'Elevage)
Circuits commerciaux Climat Marchés Lait et viande Politiques agricoles Bovin lait Bovin viande Ovin lait Ovin viande Veau de boucherie
En Irlande, les surfaces en herbe couvrent près de 90% d’un foncier agricole très convoité. Qu’elles soient pâturées ou récoltées en foin ou en ensilage, elles fournissent une alimentation bon marché propice au développement des productions herbivores, bovines et ovines. Depuis la crise financière de 2008 puis la fin des quotas laitiers en 2015, les pouvoirs publics ont amplifié leurs aides aux éleveurs (grâce à une application astucieuse de la PAC), à la R&D et à la promotion de leurs produits agricoles à l’export sous l’identité générique « Origin Green ».

Les objectifs du programme Food Harvest 2020 ont été largement dépassés, et désormais la stratégie Food Wise 2025 vise à augmenter la valeur ajoutée de l’ensemble des filières agro-alimentaires… tout en respectant les engagements environnementaux de l’État. Cela va s’avérer un véritable challenge, les émissions de GES de l’agriculture ayant par exemple augmenté de 10% depuis 1990 avec le cheptel bovin, surtout laitier. 3 scenarii ont été élaborés par l’institut de R&D irlandais Teagasc pour diminuer les émissions de GES à l’horizon 2030, avec des effets contrastés sur le cheptel bovin et les productions de lait et de viande.

Autre défi de l’heure : la flambée des matières premières, notamment des engrais et des grains dont l’Irlande est fortement importatrice. À tel point que le Gouvernement vient, en avril 2022, de dégager 12 M€ pour favoriser la remise en culture de près de 30 000 ha (près de 10% des terres arables en 2021) avec des aides de 300 à 400 € par ha.

Et surtout le Brexit, devenu effectif début 2020. Or le Royaume-Uni est LE débouché historique des exportations irlandaises de produits laitiers et de viande bovine, alors qu’il signe nombre d’accords visant à libéraliser ses échanges avec le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande etc. L’Irlande n’a pas attendu pour diversifier ses débouchés, avec une industrie laitière et de viande solidement structurée. D’abord vers le continent européen, mais aussi les marchés tiers les plus prometteurs, notamment les États-Unis à la forte population se revendiquant d’ascendance irlandaise. Malgré tous les défis auxquels elles font face, les filières lait et viande irlandaises demeurent conquérantes, avec un appui public plus que jamais déterminant !

Les chiffres concernant le coût de production ou le prix de revient contenus dans cette publication ne peuvent pas être considérés comme des indicateurs de référence pour la contractualisation calculés par IDELE dans le cadre prévu par la loi EGALIM 2. Pour en savoir plus consultez nos pages Indicateurs de référence pour la contractualisation.