Dossier Annuel Caprins - Année 2025 - Perspectives 2026
Dossier Economie de l'Elevage - N° 565 – Avril 2026
En 2025, la production de lait de chèvre a repris des couleurs au fil de l’année. Si le début de campagne a été pénalisé par les fourrages de mauvaise qualité de 2024, elle a ensuite bénéficié des récoltes fourragères de qualité à partir de la fin du printemps. La production de lait de chèvre s’est progressivement redressée pour terminer 2025 au niveau de 2024, mais sans retrouver celui de 2023. La sécheresse a limité les rendements fourragers et contraint les éleveurs en système pâturant à rentrer les animaux plus tôt que prévu. En fin d’année, les stocks fourragers de bonne qualité étaient bas, obligeant les éleveurs à l’achat de fourrages ou à l’utilisation de ceux de 2024.
Après une année 2024 très difficile, les livreurs spécialisés et ceux en polyculture-élevage voient leur revenu en hausse. À part pour les laitiers avec bovins viande, les résultats restent cependant modestes.
La baisse des charges opérationnelles pour la deuxième année consécutive, ajoutée à une légère hausse du prix du lait, a compensé l’augmentation continue et régulière des charges de structure et amélioré le revenu des livreurs spécialisés. En grandes cultures, les rendements en forte hausse, après l’année 2024 catastrophique, ont fait décoller les revenus. La conjoncture porteuse en viande bovine fait monter les revenus à des niveaux jamais atteints pour ces exploitations mixtes. S’ils ont su augmenter les prix des fromages, les producteurs fermiers (hors pourtour Méditerranéen) ont vu leurs résultats économiques progresser.
La production industrielle de fromages stable a su répondre à la demande des ménages en produits au lait de chèvre. Les fromages destinés à la restauration hors domicile ont pâti de la concurrence des fromages au lait de vache, moins chers et privilégiés par ce secteur en difficulté. L’ultra-frais a bénéficié de l’attractivité des skyrs et autres yaourts. Quant aux volumes commercialisés sous label AOP et bio, ils sont de nouveau en baisse.
2026 débute sur de bons rails côté production. La volonté affirmée de la filière caprine de faire croître les volumes de lait collectés d’ici 2035 renforce la nécessité pour la filière de travailler sur le renouvellement des actifs. Plus attractive que les autres filières d’élevage, la filière caprine doit cependant être attentive à la formation et l’accompagnement des jeunes installés pour éviter les arrêts précipités.