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Dossier annuel Bovins lait, Année 2025 - Perspectives 2026

Dossier économie n°564 - Mars 2026

Publié le par Département économie IDELE - (Institut de l'Elevage)
Circuits commerciaux Coûts de production Marchés Lait et viande Politiques agricoles Revenu des éleveurs Bovin lait
La filière laitière française est passée de la pénurie à l’abondance au cours de l’année 2025. Prix du lait incitatif, coûts alimentaires réduits, robotisation de la traite croissante et météo favorable ont conduit à une hausse de production qui a fini par faire pression sur les prix, d’autant que les cours internationaux ont décroché à partir de l’automne pour les mêmes raisons.

L’année 2025 s’inscrit dans une dynamique paradoxale : malgré une forte déprise de son cheptel, la filière laitière française a bénéficié d’une conjoncture exceptionnelle avec des prix du lait incitatifs, un recul des coûts des aliments et une météo propice. Cependant, l’abondance de la collecte au second semestre, couplée à une balance commerciale sous pression, s’est traduite par une moindre vigueur du marché français.

En France, la collecte a enregistré un net rebond de 2,2% /2024 (24,20 Mt) malgré une 11ème année de décapitalisation consécutive (3,22 millions de têtes, -2,5 %). La filière a compensé cette perte de cheptel par une nette hausse du rendement par vache (+5,2% /2024), soutenue par des fourrages de qualité et en quantité, une complémentation optimisée par la baisse du prix des aliments et une robotisation croissante de la traite.

À l’échelle de l’UE-27, la collecte a progressé de +1,8% (147 Mt), portée par un second semestre exceptionnel (+3,9%).

La France, l’Allemagne (+1,2%), la Pologne (+2,3%), les Pays-Bas (+2,2%) et surtout l’Irlande (+5,0%) ont alimenté cet afflux de lait.

Le prix du lait a atteint des records en 2025. En France, le prix réel payé (toutes qualités confondues) s’est élevé à 515 €/1 000 l. Associé à la hausse du prix des bovins et la baisse des charges, cette conjoncture a permis de dégager un résultat moyen record de 57 800€ par UMO exploitant. Cependant, des disparités existent : les systèmes de plaine ont largement devancé les systèmes de montagne et le bio. Dans l’UE, le prix moyen du lait a atteint un record annuel de 525 €/t (+8% /2024) mais a amorcé un repli au dernier trimestre.

Si la consommation de produits laitiers des ménages français a résisté (+0,2% en volume), la consommation apparente globale a bondi de 6,3%. L’excédent de collecte a été dirigé vers la fabrication de produits industriels dont les volumes en partie stockés gonflent les bilans de consommation. A l’échelle de l’UE, la consommation a progressé de 1%.

Le solde commercial laitier français s’est dégradé de 19% (2,88 Mrds €), pénalisé par des importations massives et des exportations en repli malgré un sursaut en fin d’année. À l’inverse, l’excédent de l’UE s’est renforcé (25,8 Mds €, +3,9 %), porté par un rebond des exportations de nombreux produits notamment les fromages et la poudre maigre.

Si 2025 restera une année favorable pour la rentabilité des exploitations laitières, l’afflux de lait observé en seconde partie d’année laisse entrevoir un début d’année 2026 marqué par une baisse du prix du lait. La production laitière européenne pourrait amorcer un repli de 0,5% /2025.

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