Août 2026 : Une sécheresse historique qui grille la France
Note agro-climatique et prairies - Numéro 6 - Spécial sécheresse
Les prairies sont désormais totalement grillées sur la quasi-totalité du territoire français. Les estives, habituellement moins touchées par la sécheresse, souffrent elles aussi du manque d’eau et de températures anormalement élevées pour ces altitudes. Les troupeaux disposent de moins d’herbe à pâturer, sans pour autant être tous affouragés. En plaine, les troupeaux sont désormais tous complémentés depuis plusieurs semaines. La pousse de l’herbe, déjà déficitaire au printemps, est à l’arrêt depuis le mois de mai dans une bonne partie des régions. Les éleveurs puisent donc dans les stocks constitués ce printemps, avec le risque de manquer de fourrage pour passer l’hiver. La situation est d’autant plus préoccupante que les maïs ne sont pas épargnés cette année. La persistance de conditions sèches et très chaudes a grillé les pieds sur place et a fortement compromis la pollinisation. La formation des épis est très hétérogène et il faut s’attendre à des ensilages de qualité médiocre ainsi qu’à une forte baisse du rendement. Les premiers ensilages ont commencé en juillet sur des parcelles séchées sur pied, une situation totalement inhabituelle. Les prairies, bien que grillées aujourd’hui, ont la capacité de reverdir et de repartir en production avec le retour de la pluie et de la minéralisation, soyez patients et laissez-leur une chance !
Avant tout achat de fourrage, qui s’annonce rare et donc coûteux cette année, il est indispensable de réaliser un bilan fourrager afin d’évaluer précisément les besoins du troupeau et les ressources disponibles. Si les précipitations reviennent de manière significative, avec 20 à 30 mm, il sera possible de semer des dérobées à pâturer à l’automne, comme le colza fourrager et le raygrass italien afin de limiter la consommation des stocks. Les prairies les plus fortement dégradées doivent être resemées ou bien potentiellement sursemées avec des espèces prairiales agressives mais cette technique reste aléatoire. Les fourrages de qualité doivent être réservés aux animaux avec des besoins élevés (vaches suitées, vaches laitières en production, brebis en fin de gestation, jeunes animaux en croissance, …). Les co-produits peuvent également contribuer à équilibrer les rations à un coût raisonnable. La paille peut notamment être distribuée avec de la mélasse afin d’améliorer son appétence. Enfin, si les stocks de fourrage sont très limités et que les prix deviennent prohibitifs, la vente d’animaux, y compris d’animaux en production, est à envisager afin de préserver l’autonomie fourragère de l’exploitation.