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Mai 2026 : Une pousse de l’herbe en dents de scie

Note agro-climatique et prairies - Numéro 3

Publié le par Soline Schetelat (Institut de l'Elevage), Aurélie Madrid (Institut de l'Elevage), Marianne D'Azemar (Institut de l'Elevage), Charlotte Dehays (Institut de l'Elevage), Emeline Rebert (Institut de l'Elevage), Benoît Delmas (Institut de l'Elevage), Elise Cazeaux (Chambre Régionale d'Agriculture Nouvelle-Aquitaine), Silvère Gelineau (ARVALIS-Institut du Végétal)
Cultures fourragères Gestion du pâturage Systèmes fourragers
Le mois d’avril a été très au-dessus des normales de saison, avec une anomalie thermique de +2,3 °C en moyenne, ce qui le place au 3ème rang des mois d’avril les plus chauds depuis 1900. Il s’agit même du mois d’avril le plus chaud jamais enregistré dans le sud du pays. En parallèle de ces fortes chaleurs, le mois a été particulièrement sec à l’échelle nationale, avec un déficit pluviométrique d’environ 70 % par rapport à la normale. La majorité des régions ont ainsi reçu moins de 20 mm sur l’ensemble du mois. En conséquence, les sols se sont rapidement asséchés et 79 % des nappes phréatiques étaient en baisse.

Dans un premier temps, les prairies ont bénéficié de cette hausse des températures, qui a stimulé la pousse et accéléré l’accumulation des sommes de températures, entraînant des épiaisons précoces. Les conditions étaient alors favorables aux chantiers de récolte, notamment pour les ensilages et enrubannages, et certains éleveurs ont même pu réaliser des foins précoces dès la fin avril. Toutefois, le manque d’eau a ensuite freiné la dynamique de croissance.

Le retour des pluies en mai aurait pu permettre d’atteindre le pic de pousse printanier tant attendu, mais les températures fraîches associées ont limité toute reprise significative de la végétation. La gestion du pâturage reste donc complexe : les éleveurs ayant mis à l’herbe tôt continuent de courir derrière l’herbe, tandis que d’autres doivent gérer des refus liés à des prairies déjà épiées. Pour autant, la situation n’est pas jugée préoccupante.

Les cumuls de pluie importants en mai, associés à une remontée des températures en fin de mois, devraient permettre de relancer nettement la pousse de l’herbe. L'arrivée de conditions chaudes et sèches devrait être favorable aux récoltes, y compris en foin.

Concernant les cultures de printemps, les maïs ont globalement tous été semés en avril, excepté en zone de montagne, et ont bénéficié des pluies de mai, sécurisant leur implantation. Les sols désormais bien réhumidifiés devraient permettre de couvrir les besoins hydriques des cultures jusqu’à fin juin.

 

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