Retour

Septembre 2026 : Un début d’automne sec qui peine à relancer la pousse et creuse encore le déficit fourrager

Note agro-climatique et prairies - Numéro 7

Publié le par Soline Schetelat (Institut de l'Elevage), Aurélie Madrid (Institut de l'Elevage), Marianne D'Azemar (Institut de l'Elevage), Emeline Rebert (Institut de l'Elevage), Benoît Delmas (Institut de l'Elevage), Elise Cazeaux (Chambre Régionale d'Agriculture Nouvelle-Aquitaine), Silvère Gelineau (ARVALIS-Institut du Végétal)
Climat Cultures fourragères Gestion du pâturage Systèmes fourragers Bovin lait Bovin viande Caprin Equin Ovin lait Ovin viande
L’été 2026 a été le plus chaud jamais enregistré en France, avec une température moyenne supérieure de 3,6 °C aux normales saisonnières. Trois vagues de chaleur se sont succédé, pour un total de 53 jours. Le pays a connu un déficit de précipitations marqué, de l’ordre de 40 % à l’échelle nationale ; l’été 2026 devient ainsi le 2ème été le plus sec depuis 1959. Par conséquent, les sols ont atteint des niveaux de sécheresse inédits et étaient plus secs que la normale sur 95 % du territoire en août. Les nappes ont également poursuivi leur vidange : au 1er septembre, 61 % des points d’observation affichaient des niveaux inférieurs aux normales. Les restrictions d’usage de l’eau se sont intensifiées au fil de l’été ; aujourd’hui, c’est presque 40 % du territoire qui est en situation de crise. Replacé dans un contexte plus large, l’été 2026 se caractérise par un cumul de précipitations comparable à celui enregistré en 1976, année de référence en matière de sécheresse, mais avec des températures plus élevées.

L’été 2026 a été très éprouvant pour les prairies, les troupeaux et le moral des éleveurs. Le manque de pluie combiné aux températures records a grillé les prairies, pénalisé le développement des maïs et durablement fragilisé les bilans fourragers.

Le déficit de production des prairies depuis le début de l’année atteint maintenant les 40 % en moyenne sur la France, avec des disparités régionales : d’après les estimations de terrain, le Grand Ouest, les Hauts-de-France, les Alpes et PACA parviennent tant bien que mal à limiter leur déficit aux alentours de 20 % à 30 %, tandis que le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté, l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine atteignent 40 % à 50 % de déficit.

Les descentes d’estives ont été anticipées de plusieurs semaines, faute d’eau pour l’abreuvement ou de disponibilité en herbe. Les rendements en maïs ensilage sont également en berne, avec des déficits allant de 15 % à 70 % sur les parcelles ensilées très précocement début juillet. Les chantiers d’ensilage se sont faits dans de bonnes conditions, mais l’évaluation de la matière sèche a été compliquée cette année par des pertes de repères. Malgré des feuilles complètement desséchées, certains se sont fait surprendre par une richesse en sucre élevée dans la tige, ce qui a provoqué des écoulements de jus.

La qualité des ensilages est moyenne à médiocre à cause d’épis peu formés et de grains peu remplis. Les semis de dérobées montrent des résultats très aléatoires en fonction des passages pluvieux de fin août.

L’absence de précipitations conséquentes depuis fin août repousse la mise au pâturage des animaux jusqu’à début octobre, voire mi-octobre dans certaines régions, ce qui laisse une fenêtre de tir assez réduite avant le retour d’une météo hivernale… En fonction de la météo à venir, il sera possible de faire plus ou moins de fauches pour stocker du fourrage pour cet hiver. Le moral des éleveurs est au plus bas. Si certains ont encore du stock de sécurité pour passer l’hiver, d’autres manquent cruellement de fourrage. Les prix ont dépassé les 200 €/tonne et la disponibilité sur les marchés est très limitée. Les éleveurs redoutent que l’année 2027 ressemble à l’année 2026, ce qui mettrait en péril de très nombreuses exploitations…

 

Documents à télécharger