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Juillet 2026 : Une succession anormalement précoce et intense de canicules grille les prairies et les maïs

Note agro-climatique et prairies - Numéro 5

Publié le par Soline Schetelat (Institut de l'Elevage), Aurélie Madrid (Institut de l'Elevage), Marianne D'Azemar (Institut de l'Elevage), Emeline Rebert (Institut de l'Elevage), Benoît Delmas (Institut de l'Elevage), Elise Cazeaux (Chambre Régionale d'Agriculture Nouvelle-Aquitaine), Silvère Gelineau (ARVALIS-Institut du Végétal)
Climat Cultures fourragères Gestion du pâturage Systèmes fourragers Bovin lait Bovin viande Caprin Equin Ovin lait Ovin viande
Le mois de juin 2026 a été le plus chaud jamais enregistré en France, avec une température moyenne supérieure de 3,8 °C aux normales saisonnières. La vague de chaleur exceptionnellement précoce, qui a touché le pays du 17 au 30 juin, a particulièrement affecté toute la moitié ouest. De très nombreux records de température, tant pour un mois de juin que dans l’absolu, ont été battus. Plus de 70 départements ont été placés en vigilance rouge canicule, une situation inédite depuis la création du dispositif en 2004, tandis que plus de 40 % du territoire ont enregistré des températures supérieures à 40 °C. À ces températures exceptionnellement élevées s’est ajouté un important déficit pluviométrique. Juin 2026 se classe ainsi au sixième rang des mois de juin les plus secs jamais observés. Les précipitations ont été déficitaires de l’ordre de 50 % à l’échelle nationale, avec des déficits atteignant localement 70 %, notamment en Corse et dans le nord du Poitou. À la fin du mois, l’ensemble du territoire métropolitain présentait des sols particulièrement secs, avec des niveaux d’humidité comparables à ceux observés en 2022 et 2025. La vidange des nappes phréatiques s’est poursuivie, 54 % des points de suivi affichant des niveaux inférieurs aux normales saisonnières. Une troisième vague de chaleur, moins intense mais toujours marquée, a ensuite concerné le pays au début du mois de juillet. Au 10 juillet, près de 80 % du territoire faisait ainsi l’objet de restrictions d’usage de l’eau.

Les conséquences de ces conditions exceptionnellement chaudes et sèches sont considérables pour les systèmes d’élevage. Les animaux d’élevage ont particulièrement souffert lors des épisodes de canicule et leur succession impacte durablement leur bien-être et leurs niveaux de production. Des baisses de production laitière de l’ordre de 10 à 20 % ont été largement observées chez les vaches comme chez les chèvres. Des cas de mortalité ont été signalés dans plusieurs régions, les élevages de porcs et de volailles de l’Ouest de la France étant les plus durement touchés.

Les surfaces fourragères ont fortement souffert, la pousse de l’herbe étant désormais à l’arrêt sur la quasi-totalité du territoire et la plupart des prairies étant totalement grillées. Le pâturage de jour a cessé presque partout et ne se poursuit plus que la nuit, lorsque les parcelles disposent encore d’un minimum d’herbe sur pied. Les éleveurs sont contraints de déstocker leurs fourrages pour les distribuer à l’auge ou affourager les troupeaux au champ. Les perspectives fourragères suscitent de fortes inquiétudes. Les rendements des deuxièmes et troisièmes coupes sont globalement décevants et laissent craindre des bilans fourragers déficitaires en fin de campagne.

Cette inquiétude est renforcée par la situation des maïs, eux aussi fortement pénalisés par le déficit hydrique et aujourd’hui en grande difficulté. Le manque d’eau a limité leur croissance et provoqué des brûlures parfois très importantes, conduisant localement à des ensilages extrêmement précoces sur des cultures totalement desséchées. Les autres parcelles sont encore vertes mais les feuilles sont enroulées et les maïs sont entrés dans la période critique de floraison à partir de début juillet. Si les fortes chaleurs persistent, elles risquent de compromettre la fécondation, de limiter le remplissage des grains et, à terme, de dégrader à la fois les rendements et la qualité des ensilages.

Face à cette situation, de nombreux éleveurs misent sur des cultures dérobées estivales, telles que le sorgho, le ray-grass italien ou le colza fourrager, afin de reconstituer une partie de leurs stocks. Leur réussite dépendra toutefois entièrement du retour, ou non, de précipitations significatives au cours des prochaines semaines.

 

Pour en savoir plus sur l'impact des conditions météo du 1er avril au 15 juillet sur les différentes cultures, retrouvez la note d'AgroMetInfo. Les cartes interactives sont également disponibles sur la plateforme AgroMetInfo.

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