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Juin 2026 : Une transition par à-coups vers l’été

Note agro-climatique et prairies - Numéro 4

Publié le par Soline Schetelat (Institut de l'Elevage), Aurélie Madrid (Institut de l'Elevage), Marianne D'Azemar (Institut de l'Elevage), Emeline Rebert (Institut de l'Elevage), Benoît Delmas (Institut de l'Elevage), Elise Cazeaux (Chambre Régionale d'Agriculture Nouvelle-Aquitaine), Silvère Gelineau (ARVALIS-Institut du Végétal)
Cultures fourragères Gestion du pâturage Systèmes fourragers Climat Bovin lait Bovin viande Caprin Equin Ovin viande Ovin lait
Le mois de mai a été marqué par une forte variabilité météorologique, avec une première quinzaine froide et humide, suivie à partir du 20 mai d’un épisode de chaleur exceptionnel à l’échelle nationale. Malgré ces contrastes, la température moyenne mensuelle a dépassé les normales de saison d’environ 2 °C sur l’ensemble de la France, tandis que le cumul des précipitations est resté globalement conforme à la moyenne.

Depuis la fin du mois de mai, la pousse de l’herbe est en recul sur l’ensemble du territoire. Cette baisse est particulièrement marquée dans le quart Sud-Ouest, confronté à une sécheresse précoce, tandis que dans les autres régions, la croissance se maintient difficilement. La gestion du pâturage a été rendue délicate par une épiaison très rapide des graminées à la suite du coup de chaleur de fin mai. De nombreux éleveurs ont ainsi dû recourir au topping ou à la fauche des refus pour maintenir la qualité des prairies. L’affouragement des troupeaux a débuté dès les premiers jours de juin dans le quart Sud-Ouest et devrait progressivement se généraliser à l’ensemble du pays dans les prochaines semaines.

Les premières récoltes de foin, réalisées à partir de la fin mai, présentent des qualités globalement satisfaisantes. En revanche, les coupes effectuées après l’épiaison des graminées affichent des valeurs alimentaires plus modestes. Les rendements sont dans l’ensemble moyens, voire inférieurs aux moyennes habituelles dans de nombreuses régions. Le retour d’un temps chaud et sec à partir de la mi-juin favorise néanmoins la poursuite des chantiers de récolte. En revanche, le déficit pluviométrique annoncé pour les semaines à venir devrait limiter le potentiel des repousses et les possibilités de fauche de regains.

Les maïs ont été semés dans de bonnes conditions entre la mi-avril et la mi-mai, selon les régions. Jusqu’à présent, ils ont bénéficié d’un contexte relativement favorable, mais les fortes chaleurs et le manque d’eau pourraient rapidement affecter leur développement. L’Ouest de la France a été particulièrement touché par des attaques de géomyzes, tandis que des dégâts d’oscinies sont signalés en Centre-Val de Loire et en Bourgogne. Les parcelles les plus concernées correspondent principalement à des semis réalisés lors de la dernière décade d’avril. Le retour d’un temps froid et perturbé début mai a ralenti la croissance des jeunes maïs, les rendant plus vulnérables aux attaques de mouches. Dans certains départements, les niveaux d’infestation sont particulièrement élevés : en Mayenne, par exemple, près de 80 % des parcelles seraient touchées à des degrés divers. Enfin, les moissons d’orge ont débuté dès le début du mois de juin dans les régions les plus méridionales, avec une avance estimée entre deux et trois semaines par rapport à une année moyenne.

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