Retour

Visite de traite Volet 4 : regarder et écouter pour mieux appréhender le déroulé de la traite

Publié le par Renée de Crémoux (Institut de l'Elevage), Philippe Roussel (Institut de l'Elevage)
Traite Santé Qualité des produits laitiers Caprin
Outre les informations relevées à la lecture du contrôle Optitraite qui aura pu être réalisé, plusieurs éléments concourent à donner une image à la fois de l’ambiance de traite et du bon fonctionnement de la machine. Regarder, écouter permet d'évaluer le déroulé de la traite.

Apprécier les incidents ou anomalies de traite

Bruits et fréquences

         

Des entrées d'air accidentelles

Photo R. de Cremoux

La visite de traite doit permettre de repérer les incidents (décrochages occasionnels liés dans certains cas aux mouvements et comportements des animaux) et leurs origines : un temps de traite prolongé en relation éventuelle avec l’organisation du chantier, les allées et venues du trayeur, sa participation à d’autres tâches (y compris vente de produit, alimentation des jeunes,…).

          

Il s’agit également de comptabiliser les glissements de faisceaux, générateurs de sifflements et les chutes de faisceaux.

On peut les considérer comme très fréquents lorsqu’ils concernent :

  • plus de 10 % des animaux pour les chutes de faisceaux,
  • plus de 20 % des animaux pour les glissements de faisceaux.
        
Des décrochages fréquents peuvent être liés à un inconfort de traite (vide excessif, massage insuffisant, obturation du trou d'aspiration,…). Glissements et chutes sont plus généralement révélateurs d’une inadéquation des réglages et/ou du matériel avec les caractéristiques d’émission du lait des femelles en lactation (quantité de lait, débit,…).

       

Evacuation du lait et problèmes de traite humide

Turbulences à la chambre de réception

Photo R. de Cremoux

Les problèmes d’évacuation du lait peuvent être appréciés au niveau de la chambre de réception si celle-ci est transparente.

Le flux de lait doit être le plus laminaire et régulier possible  : pas de présence systématique de bouchons de lait.

         

L’engorgement éventuel des griffes peut être regardé ainsi que l’extrémité des trayons si ceux-ci sont humides en fin de traite. Ces observations rendent compte de l’existence possible d’une traite humide ou d’un flux de lait inversé ou « reverse flow ».

Extrémité humide

Photo R. de Cremoux

Réglages

En cours de traite, il s’agit essentiellement de prendre note de la valeur indiquée par l’indicateur de vide et d’observer le cas échéant l’ampleur des fluctuations constatées à la pose ou à la dépose des faisceaux-trayeurs.

Se référer par ailleurs au contrôle de l'installation de traite.  

Etat du matériel de traite  

Les observations concernent pour l’essentiel les manchons et la caoutchouterie et sont à effectuer plutôt en fin de traite : vérification du montage des manchons (non vrillés : regarder la position des flèches), présence de coupures, de fissures ou de déformations de la collerette,… La régularité du changement du matériel ainsi que la réalisation des réparations mentionnées dans le bilan du contrôle de l’installation de traite, sont des points dont il faut également s’assurer.

D’autres aspects tels que la conformité de la mise à la terre de l’installation pourront être regardés en fin de traite.

Observer l’état des trayons et des mamelles

Cette appréciation est effectuée de préférence après la dépose des manchons (éventuellement en chèvrerie si les conditions le permettent). Il s’agit d’examiner sur un minimum d’une vingtaine de chèvres se répartissant entre primipares et multipares :

  • l’extrémité des trayons : hyperkératose (accumulation de kératine à l’intérieur du sphincter), accidents divers,
  •  la congestion et/ou l’œdème (extrémité et tiers inférieur),
  • la texture et la souplesse de l'extrémité juste après la dépose,
  • la présence de micro hémorragies (corps et extrémité),
  • la présence d'anneaux de compression (corps) ou des aplatissements des trayons, de lésions superficielles ou surinfectées (corps et extrémité),
  • l’humidité des trayons,
  • l’aspect de la peau du corps des trayons : présence de crevasses, de boutons ou de lésions dues à des maladies ou des accidents,
  • la présence de mamelles poreuses, d'abcès de la mamelle ou d'ecthyma,
  • la présence de trayons surnuméraires.

Hyperkératose

Congestion

Erosions

Abcès
Photo S. Blain (SNGTV)

Formation kystique

 

Mamelle poreuse

Blessure

Peau "cartonnée"
à l'issue de la traite

Photos R. de Cremoux

          

L’hyperkératose est plus aisément visible chez les chèvres de race Alpine en raison de différences de coloration. Elle est parfois rattachée à des durées de traite longues, un niveau de vide trop bas, de la surtraite, ou encore une inadaptation du manchon,…

Selon Billon et al. (2001), les trayons des primipares répondent davantage que ceux des adultes à l’action physique de la machine. Cela se traduit, dans leurs travaux, par une congestion des tissus révélée notamment par une augmentation de l’épaisseur de l’extrémité des trayons après la traite. Ainsi les primipares apparaissent-elles plus sensibles à la technique et aux réglages de traite comme le confirment de Cremoux et al. (2001).

De façon plus générale, les congestions doivent évoquer des problèmes de massage (en relation avec la pulsation) et/ou d’adaptation des manchons.

Les traites agressives résultant de niveaux de vide trop élevés, d’une mauvaise efficacité de la pulsation, d’une surtraite ou de l’inadaptation des manchons trayeurs peuvent susciter des lésions du corps et du canal du trayon.

Des anneaux de compression sont régulièrement observés en relation avec la conformation du corps du trayon (longueur et épaisseur) et/ou certains des paramètres de traite précédents (niveau de vide, surtraite,…).    

Sur les mamelles, il n’est pas rare de constater des staphylococcies. Dans ce cas, il s’agit d’estimer leur fréquence et la manière dont elles sont gérées (mesures d’hygiène,..).   

Nettoyage de la machine à traire et de la cuve de réfrigération   

Sans vouloir faire un contrôle complet du nettoyage (nécessaire dans certaines situations), il est important de s’informer de l’application régulière d’une bonne méthode de nettoyage le matin et le soir. 

On peut profiter de l’assistance à la traite pour au moins :

  • noter si le trayeur lave l’extérieur des faisceaux trayeurs et les coupelles de nettoyage (les observer) juste après la traite avant de brancher les faisceaux aux coupelles ;
  • vérifier l’utilisation des produits de nettoyage (se référer aux notices d’emploi sur les bidons)
  • vérifier la température de l’eau en fin de circuit de nettoyage (supérieure à 35 voire 40°C),
  • apprécier le temps de nettoyage.

La propreté de la cuve de réfrigération du lait peut être également vérifiée (présence de traces de lait séché).           

Document d'intervention

Le document d'intervention proposé s'intéresse à différents aspects de la visite de traite qu'il s'agisse de l'organisation dans son ensemble, des pratiques des éleveurs, du déroulé de la traite, des incidents de traite ou encore de l'état des mamelles et des trayons.

Logo FranceAgriMer