Septembre 2026 : Un début d’automne sec qui peine à relancer la pousse et creuse encore le déficit fourrager
Note agro-climatique et prairies - Numéro 7
L’été 2026 a été très éprouvant pour les prairies, les troupeaux et le moral des éleveurs. Le manque de pluie combiné aux températures records a grillé les prairies, pénalisé le développement des maïs et durablement fragilisé les bilans fourragers.
Le déficit de production des prairies depuis le début de l’année atteint maintenant les 40 % en moyenne sur la France, avec des disparités régionales : d’après les estimations de terrain, le Grand Ouest, les Hauts-de-France, les Alpes et PACA parviennent tant bien que mal à limiter leur déficit aux alentours de 20 % à 30 %, tandis que le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté, l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine atteignent 40 % à 50 % de déficit.
Les descentes d’estives ont été anticipées de plusieurs semaines, faute d’eau pour l’abreuvement ou de disponibilité en herbe. Les rendements en maïs ensilage sont également en berne, avec des déficits allant de 15 % à 70 % sur les parcelles ensilées très précocement début juillet. Les chantiers d’ensilage se sont faits dans de bonnes conditions, mais l’évaluation de la matière sèche a été compliquée cette année par des pertes de repères. Malgré des feuilles complètement desséchées, certains se sont fait surprendre par une richesse en sucre élevée dans la tige, ce qui a provoqué des écoulements de jus.
La qualité des ensilages est moyenne à médiocre à cause d’épis peu formés et de grains peu remplis. Les semis de dérobées montrent des résultats très aléatoires en fonction des passages pluvieux de fin août.
L’absence de précipitations conséquentes depuis fin août repousse la mise au pâturage des animaux jusqu’à début octobre, voire mi-octobre dans certaines régions, ce qui laisse une fenêtre de tir assez réduite avant le retour d’une météo hivernale… En fonction de la météo à venir, il sera possible de faire plus ou moins de fauches pour stocker du fourrage pour cet hiver. Le moral des éleveurs est au plus bas. Si certains ont encore du stock de sécurité pour passer l’hiver, d’autres manquent cruellement de fourrage. Les prix ont dépassé les 200 €/tonne et la disponibilité sur les marchés est très limitée. Les éleveurs redoutent que l’année 2027 ressemble à l’année 2026, ce qui mettrait en péril de très nombreuses exploitations…