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Mars 2026 : Un hiver doux et pluvieux qui dynamise la pousse mais complique la mise à l’herbe

Note agro-climatique et prairies - Numéro 1

Publié le par Soline Schetelat (Institut de l'Elevage), Aurélie Madrid (Institut de l'Elevage), Marianne D'Azemar (Institut de l'Elevage), Charlotte Dehays (Institut de l'Elevage), Emeline Rebert (Institut de l'Elevage), Julien Fradin (Institut de l'Elevage), Elise Cazeaux (Chambre Régionale d'Agriculture Nouvelle-Aquitaine), Silvère Gelineau (ARVALIS-Institut du Végétal)
Cultures fourragères Gestion des effluents Gestion du pâturage Systèmes fourragers Climat Bovin lait Bovin viande Caprin Equin Ovin lait Ovin viande
L’hiver a été marqué par des températures particulièrement douces et des précipitations fréquentes. À l’échelle nationale, l’hiver 2025-2026 se classe au 4ème rang des plus doux. Dans le détail, décembre a été clément, janvier proche des normales avec quelques épisodes neigeux en début de mois, tandis que février s’est distingué par une douceur exceptionnelle. Les précipitations ont été abondantes. Après un mois de décembre plutôt déficitaire (-25 %), hormis sur les régions méditerranéennes, janvier a enregistré un excédent d’environ +30 % sur une large partie du territoire. Février, quant à lui, a été le mois de février le plus pluvieux depuis le début des mesures en 1959, avec des cumuls records notamment dans le Sud de la France et dans le Finistère. Ces précipitations ont conduit à une saturation des sols sur la majeure partie du territoire et à une recharge importante des nappes phréatiques, à l’exception du quart Nord-Est. Des inondations ont d’abord touché l’arc méditerranéen en décembre à la suite d’un épisode méditerranéen. Ensuite, en janvier et février, l’excédent de précipitations sur des sols déjà saturés a engendré de nouveaux débordements sur la façade atlantique et dans le Sud-Ouest. Au final, l’hiver 2025-2026 figure parmi les dix plus pluvieux depuis 1959.

Ces conditions douces ont favorisé une reprise précoce et dynamique de la croissance de l’herbe dès la fin février. Toutefois, malgré des stocks sur pied élevés et une pousse soutenue, la mise à l’herbe reste limitée par des conditions de portance insuffisantes. Le retour d’un temps plus ensoleillé et plus doux à partir de début mars a permis un ressuyage progressif des parcelles. Ainsi, les troupeaux laitiers ont commencé à sortir quelques heures dès le début du mois, tandis que les bovins allaitants restent majoritairement en bâtiment dans l’attente de meilleures conditions. Les opérations d’épandage, comme les mises à l’herbe, ont souvent été décalées ou réalisées dans des conditions parfois limites, notamment pour faire face à la nécessité de vider les fosses à lisier. Enfin, les premières fauches de ray-grass d’Italie ont eu lieu à la mi-mars et devraient se généraliser dans les semaines à venir si les conditions météorologiques restent favorables.

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