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Modélisation des cinétiques d'éjection du lait chez la chèvre : une première approche de l'aptitude et des conditions de traite

Présentation réalisée dans le cadre des 3R 2016

Publié le par Renée de Crémoux (Institut de l'Elevage), Maxime Legris (Institut de l'Elevage), Leila Alaoui-Sosse, Jean-Louis Poulet (Institut de l'Elevage), Virginie Clément (Institut de l'Elevage), Pierre Martin (Capgènes), Mohammed El Jabri (Institut de l'Elevage), Elodie Doutart (Institut de l'Elevage)
Traite Santé Automatisme et capteurs Caprin
Les cinétiques d'éjection du lait enregistrées en routine chez la chèvre ont été analysées pour mieux apprécier l'aptitude à la traite des animaux et plus largement leurs conditions de traite.

Le déploiement à large échelle de Compteurs à Lait Electroniques Portables avec enregistrement de paramètres de la cinétique d’émission du lait, dans le cadre du contrôle de performances, permet d’explorer l’intérêt de nouveaux phénotypes d’aptitude à la traite des chèvres.

          

Dans le cadre du projet CASDAR Mamovicap, une étude a été conduite sur 5 820 chèvres issues de 16 élevages caprins de l’ouest de la France afin de mieux appréhender l’aptitude et les conditions de traite des chèvres en tant que facteurs de risque potentiels des infections de la mamelle.

          

Cinétiques d'éjection du lait : un modèle, 15 paramètres et 4 phases

           

La modélisation des cinétiques d’éjection du lait a permis d’identifier différentes classes de cinétiques se différenciant notamment par les temps de traite (mise en évidence de 4 % de courbes anormalement longues, de plus de 6 minutes) et la présence d’un ou deux plateaux lors de la phase de décroissance de la courbe d'éjection du lait.

      

 

Une diversité de courbes d'éjection du lait

 

Parmi les courbes de moins de 6 minutes, ce ne sont pas moins de 9 classes (Figure ci-dessous) qui ont été déterminées pour les cinétiques à 1 plateau et de 12 pour les cinétiques à deux plateaux.

 

Les courbes à deux plateaux pourraient être associées à un déséquilibre fonctionnel de l'éjection du lait soit physiologique (différence de tonicité ou de réactivité des sphincters), soit pathologique (suite à des infections et aux lésions, fibroses, réactions cicatricielles qui en résultent). Elles représentent 30 % de l'ensemble des courbes.

Par ailleurs 15 % des courbes n'ont pu être modélisées. Ces courbes "anormales" reflètent notamment des dysfonctionnements lors des enregistrements ou encore des incidents tels que des chutes de faisceaux ou la manipulation de la mamelle. leur fréquence pourrait donc constituer un indicateur de la qualité de la traite.

  

De nombreuses perspectives

           

Ces informations couplées aux données morphologiques et de contrôle de performances pourraient être valorisées à la fois pour identifier des individus ou situations à risque et pour mieux adapter les installations et réglages du matériel de traite (dimensionnement des canalisations, détermination des seuils de dépose automatique, …).

          

Cette étude a bénéficié du soutien financier de l’ANICAP et du compte d'affectation spéciale « développement agricole et rural » du ministère de l’Agriculture dans le cadre du projet MAMOVICAP. Les auteurs remercient les éleveurs et les techniciens d’élevage du SAPERFEL et d’Atlantic Conseil Elevage 17-85 qui ont participé aux suivis des cheptels. Les données de performances laitières ont été fournies par les Chambres d’agriculture, l’INRA, les organismes de contrôle de performances et d’insémination artificielle et les organismes de sélection aux Systèmes Nationaux d’Information Génétique.    

         

Pour en savoir plus :

Retrouvez l'article complet disponible sur le site des 3R : Cliquer sur le lien