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Indicateurs de variabilité génétique - races ovines laitières - Edition 2015

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Choix des reproducteurs Ressources génétiques Ovin lait
Des indicateurs corrects à très bons pour des races à forte intensité de sélection (filière laitière). Peu de comparaison sont possibles d'une race à l'autre, les tailles des populations et/ou la qualité des généalogies étant très différentes.

Pour cette filière, globalement, les indicateurs croissent avec la taille de la population, la Corse étant un cas à part en raison de généalogies moins connues. Même si cette situation parait logique - la gestion de la consanguinité est un point crucial d'abord pour les petites populations - un rapide coup d'oeil dans les rapports des autres filières montrera que ce point n'est pas toujours respecté quand l'intensité de sélection est très intense.

A noter que pour toutes les races ovines laitières une vigilance particulière est faite par les gestionnaires de race et les éleveurs pour limiter la consanguinité proche (0,1 % en moyenne). Ce point les distingue des caprins (Alpine et Saanen) où la consanguinité proche reste limitée (0,5) mais néanmoins plus élevée.

C'est en Lacaune lait que les généalogies sont les mieux connues : 11,5 générations remontées en moyenne pour une brebis née entre 2011 et 2014. Toutes espèces confondues, parmi les races en sélection, seules deux races ovines allaitantes ont des niveaux supérieurs : le mouton Charollais (11,8) et le mouton Vendéen (12,0).

 

Avec un effectif efficace de 333, la Lacaune a l'indicateur le plus élevé pour la filière laitière (toutes espèces confondues). En ovin lait, seule la race Corse a un nombre efficace d'ancêtres supérieur à la Lacaune (98 contre 69), mais la qualité des généalogies de la race Corse est très inférieure (3,8 générations remontées seulement), ce qui biaise favorablement ses résultats à la hausse.

Il est donc possible de concilier sélection et variabilité génétique*. Il faut dire que la Lacaune est partie d'une "erreur" historique: le programme a démarré à partir de l'utilisation de seulement 4 béliers non apparentés:  on les retrouve en tant qu'ancêtres majeurs de la population. Les ancêtres suivants sont tous apparentés à ces fondateurs de race. 

Peut-être que cela a incité les gestionnaires a être particulièrement vigilant sur ce point ? Aussi, l'existence de deux schémas de sélection déconnectés participe à cette situation en créant deux sous populations peu apparentées entre elles.

 

 

* Avec des tailles de population comparables, les races allaitantes que sont la Limousine ou la Charolaise ont des indicateurs environ deux fois plus élevés que la Lacaune lait. Toute pratique intensive de sélection a forcément un corollaire négatif sur la variabilité génétique.

 

-> En conclusion une situation assez saine, les points de vigilance étant essentiellement dans les petites populations.