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Paratuberculose : résultats préliminaires des effets de la vaccination en élevage bovin laitier

Présentation réalisée par F. Corbière (ENVT, UMR IHAP) dans le cadre du Webinaire de l'UMT PSR du 15 Décembre 2020

Publié le par Fabien Corbière (ENV Toulouse), Gilles Foucras (ENV Toulouse)
Santé Bovin lait Bovin viande
Face à la paratuberculose bovine, la vaccination peut apparaître comme un outil complémentaire de lutte. Qu'en est-il en pratique de son efficacité ? Des résultats préliminaires sont présentés

La paratuberculose, une maladie enzootique de maîtrise difficile

          

La paratuberculose est une maladie enzootique contagieuse des ruminants due à Mycobacterium avium ssp. paratuberculosis (Map), à l'origine de pertes économiques importantes. Une période d’incubation longue et une symptomatologie non spécifique, associée aux faibles valeurs informatives des tests diagnostiques ante-mortem limitent l’efficacité des plans de maîtrise basés sur la seule identification et élimination des animaux détectés positifs.

 

Une étude pour évaluer l'efficacité d'un vaccin

      

Dès l’autorisation de mise sur le marché du vaccin Silirum®, certains éleveurs se sont tournés vers la vaccination comme outils complémentaire de lutte contre la paratuberculose. Les rares données sur les effets épidémiologiques et cliniques de ce vaccin suggèrent une réduction de la fréquence d’excrétion et une amélioration des indicateurs de production. Ces études ont cependant été réalisées sur des effectifs d’animaux et un nombre d’élevages très limités, et le groupe témoin, quand il existait, était composé d’élevages dans lesquels aucune mesure de maîtrise n’était appliquée

   

L'objectif principal de cette étude était d'évaluer les effets des programmes de vaccination à base de Silirum® sur l'excrétion fécale et le statut sérologique de troupeaux laitiers français infectés par la paratuberculose.

 

À cette fin, le statut sérologique (ELISA) et l'excrétion fécale (qPCR) de vaches vaccinées en 2ieme lactation (n=389) ont été évalués sur une période de deux ans dans 7 troupeaux infectés dans le département de la Meuse. Au sein de chaque troupeau, les vaches de la dernière cohorte de naissance non vaccinée (n= 274), elles aussi en 2ieme lactation ont été utilisées comme témoins. Les données ont été analysées à l'aide de modèles mixtes de régression linéaire généralisée avec des effets aléatoires troupeaux et vaches.

 

Résultats préliminaires

            

Séroprévalence :

Seulement 24.4 % des vaches vaccinées étaient positives en sérologie ELISA, avec une séroprévalence significativement plus faible parmi les vaches vaccinées avant l'âge de 6 mois.

 

Excrétion

Dans l'ensemble, 33.2 % des vaches vaccinées et 28.1 % des vaches non vaccinées étaient positives en qPCR sur fèces, avec de fortes différences entre les troupeaux. Cependant, seulement 4.7 % des vaches non vaccinées et 6,7 % des vaches vaccinées excrétaient plus de 100 Map par gramme de fèces.

La probabilité d'excrétion de Map (p=0,402) et la quantité de Map excrétée (p=0.339) n'étaient pas significativement différentes entre les vaches vaccinées séropositives et séronégatives et aucun effet de l'âge au moment de la vaccination n'a pu être mis en évidence (p=0.541).

Par rapport aux vaches séropositives non vaccinées, les vaches vaccinées étaient moins à risque d’excréter de Map (odd’s ratio = 0,23, intervalle de confiance à 95 % : 0,09 - 0,60, p=0,002) et en plus faible quantité (p<10-5). Aucune différence n'a cependant été mise en évidence entre les vaches vaccinées et les vaches non vaccinées séronégatives, ni en ce qui concerne la probabilité d'excrétion (p=0,813) ni la quantité d'excrétion (p=0,342).

  

Des résultats à consolider notamment en termes d'impact clinique

     

Sur la base de ces résultats préliminaires, les effets bénéfiques de la vaccination sur l'excrétion fécale de Map semblent être limités dans les troupeaux étudiés. Cependant, de l’avis unanime des éleveurs, la vaccination aurait un effet favorable sur l’incidence des cas cliniques de paratuberculose et plus généralement sur la production et la longévité des vaches. Ces éléments restent à étudier de manière formelle sur la base des données d’élevage.

            

 

Retrouvez ci-dessous la présentation en vidéo :

 

   

Visionner le diaporama

    

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Travaux conduits par :

Fabien Corbiere1, Julie Cournet1, Christian Tasca1, Emma Dubaux2, Laurent Foures2, Gilles Foucras1

(1) INRA, ENVT, UMR 1225, IHAP, 31076 Toulouse, France

(2) GDS Meuse, 55108 Verdun, France