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Observatoire de l'endettement et des trésoreries des élevages bovins lait et viande - hiver 2019

Publié le par Hélène Fuchey (Institut de l'Elevage), Benoît Rubin (Institut de l'Elevage), Mylène Berruyer (Institut de l'Elevage)
Coûts de production Revenu des éleveurs Multiperformance - Développement durable Bovin lait Bovin viande
L’Observatoire de l’endettement et des trésoreries, instauré en 2015, permet d’avoir un suivi régulier des résultats des exploitations bovines depuis 2013. Le suivi est réalisé annuellement sur la base de deux échantillons, représentant chacun une période de clôture : les clôtures dites « d’hiver » (octobre - décembre) et celles « d’été » (mars - juin). Les élevages sont répartis sur 4 bassins : le « Grand-Ouest », le Cantal (zone « Montagne »), la Dordogne et la Saône et Loire (pour le bassin Charolais "historique’’). Le suivi des exploitations est réalisé grâce aux partenariats durables, entretenus avec 6 centres comptables : AFOCG, AS BFC, Cerfrance Alliance Massif Central, Cerfrance Dordogne, COGEDIS et GIE Entr’AS.

Situation financière toujours difficile pour les exploitations laitières

 

Le prix du lait était en hausse en 2019. Pourtant, il n’y a que dans le Grand-Ouest que le produit brut de l’échantillon suivi augmente, il reste stable sur les 2 autres zones (lié à une baisse des aides en Dordogne et des produits ‘céréales’ en Montagne). Dans le même temps, les exploitations sont soumises à une hausse des charges (+3 à 5 % selon les zones), notamment alimentaires. Ainsi, si dans le Grand-Ouest l’EBE est tout de même en hausse, ce n’est pas le cas en Dordogne en Montagne où l’EBE diminue de 7 à 9%. Par ailleurs, les annuités connaissent une hausse dans le Grand-Ouest et en Montagne, mais diminuent fortement en Dordogne pour s’établir en dessous du niveau de 2017. Sur l’ensemble de l’échantillon, elles représentent en moyenne entre 63 et 100 € / 1000 l. Finalement, après une baisse marquée en 2018, le revenu disponible est en hausse dans le Grand-ouest et en Dordogne, sans retrouver le niveau de 2017. Cependant, il diminue de manière marquée en Montagne.

 

Il s’établit en moyenne (toutes zones) à 16 000 € annuels par UTH familiale. Ainsi, malgré des prélèvements privés restreints (à 19 200€ annuels par UTH familiale), la marge de sécurité est inexistante, sauf en Dordogne. Globalement, les investissements diminuent : en Dordogne, la baisse est importante après un pic en 2018, tandis que la baisse se poursuit dans le Grand-ouest et est quasiment stabilisée en Montagne. Partout, les investissements sont entièrement financés par les emprunts, avec toujours une part de refinancement dans le Grand-Ouest. Les dettes court-terme des exploitations laitières sont stables en 2019, avec toujours une disparité entre les groupes : la situation des exploitations du groupe ‘’TNGneg’’, qui sont les plus en difficulté, s’aggrave. Ce groupe compte 36 % des élevages suivis (toutes zones – 54 % dans le Grand-Ouest) et ceux-ci disposent de dettes court-terme près de 2 fois supérieures à la moyenne (toutes exploitations confondues). Leur trésorerie nette globale est d’ailleurs toujours très largement négative et continue de diminuer, alors qu’elle s’améliore globalement pour les autres groupes suivis.

 

Dégradation de la situation financière des exploitations allaitantes

 

Le produit brut des exploitations allaitantes suivies est globalement stable depuis 2017. Cependant, les charges, notamment vétérinaires et alimentaires (en lien avec la sécheresse sur certaines zones), continuent leur hausse en 2019 : +5 à 10 % entre les 2 années. Ainsi, l’EBE des élevages allaitants est en baisse sur toutes les zones, et de manière encore plus marquée en Montagne. Dans le même temps, les annuités sont en hausse, et ce de manière très marquée dans le Grand-Ouest.

 

En conséquence, le revenu disponible connait une baisse très importante. En moyenne (toutes zones), le revenu disponible s’établit à 11 000 € annuels par UTH familiale (inférieur à 18 000 €/UTHf quelle que soit la zone). Les prélèvements privés, stables, s’établissent à moins de 14 000 € annuels par UTH familiale, ce qui ne laisse pas la possibilité de dégager une marge de sécurité suffisante. Les investissements évoluent différemment selon les zones : dans le Grand-Ouest, ils sont en hausse avec une partie d’autofinancement.

 

 Au contraire, en Montagne et dans le bassin allaitant historique, ils sont en baisse, et exclusivement financés par des emprunts. Par ailleurs, on constate que la part des exploitations endettées à long et moyen terme et avec une trésorerie négative (groupe « TNG neg ») est presque stable à 17% des élevages suivis, avec une proportion plus importante dans le Grand-ouest (42%). Leur situation financière reste sévère : si globalement les niveaux de dettes court-terme sont en baisse et la trésorerie de l’échantillon tend à s’améliorer, ce n’est pas le cas des exploitations de ce groupe. Leurs dettes court-terme sont plus de 2.7 fois supérieures à la moyenne (toutes exploitations) et augmentent encore.

 

 

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