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Le point sur l’insémination en semence sexée en 2017

Des différences selon les races et les régions dans l'utilisation de la semence sexée

Publié le par Pascale Le Mezec (Institut de l'Elevage)
Reproduction Choix des reproducteurs Bovin lait Bovin viande
L'utilisation de la semence sexée pour l'insémination des vaches et des génisses semble trouver, globalement, un point d'équilibre. Mais ce niveau est très différent selon les races, de moins de 2% pour la plupart des races allaitantes à près de 40% en jersiaise, et selon les régions : dans certaines zones de Franche-Comté, des Hauts-de France, d'Auvergne-Rhône-Alpes ou de Normandie, le recours à la semence sexée peut concerner près de la moitié des génisses laitières.

 

 

Stabilisation de l'utilisation de la semence sexée, globalement

 

Depuis trois ans l'activité insémination en semence sexée paraît stabilisée autour de 600 000  IA, premières et retours. En 2017, on a enregistré 558 906 IA, soit 7,9% de l'activité IA totale.  Le nombre d'IA sexées a baissé (-1% par rapport à 2016), un peu plus que l'activité insémination(-0,2%).

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Pourtant, nombre de taureaux sont maintenant disponibles en semence sexée, ce n'est donc pas le facteur limitant. Souvent, dans les plans d'accouplements des troupeaux laitiers, l'utilisation de semence sexée est associée au croisement viande permis grâce à l'assurance d'obtenir assez de femelles de renouvellement. En 2014 et 2015, les éleveurs pouvaient compenser le surcoût des doses de semence sexée par la vente de veaux croisés, dont les cours étaient alors élevés, ce qui n'est plus le cas maintenant. Les éleveurs ont probablement trouvé un point d'équilibre technique et économique pour réaliser leur plan d'accouplement. 

 

558 906 IA sexées ont été enregistrées pour l'année 2017 en France, toutes races de taureaux d'IA confondues. 97% des femelles inséminées en semence sexée sont des femelles laitières

 

Parmi ces inséminations, 438 740 sont des IA premières en semence sexée (11% de l'ensemble des IAP). Presque toutes les EMP remontent maintenant l’information semence sexée, et les éleveurs inséminant dans leur troupeau (IPE) signalent plus de 37 000 IAP sexées, soit 6% de leur activité enregistrée.




 

Des inséminations avec semence sexée sont enregistrées pour 2 348 taureaux d’IA appartenant à 28 races, dont 200 en ont réalisé plus de 1 000. En race prim’holstein, 73% des IA sexées sont réalisées par des taureaux de programmes français, et 27% par des taureaux provenant du marché étranger. Côté femelles, des IA sexées sont réalisées dans 28 races de vaches, et on note en particulier plus de 13 000 femelles croisées inséminées en semence sexée.

 

Des situations différentes selon les races et les régions

 

Toutes les races de vaches ne sont pas uniformément réparties dans les campagnes et cela influe sur le recours à la semence sexée. Dans une partie de la Franche-Comté, où la race montbéliarde domine et où le marché des femelles est toujours porteur, 40% de génisses et 30% des vaches sont inséminées en semence sexée. Dans le sud du Massif central, 40% des génisses montbéliardes inséminées en semence sexée assurent l'essentiel du renouvellement en race pure, tandis que la majorité des vaches sont inséminées en croisement viande pour faire naître des veaux à destination de l'Italie. Dans le Nord et dans l'ouest de la Normandie, 40 à 50% de génisses sont inséminées en semence sexée.

 

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Des IA sexées pour 32% des génisses laitières inséminées

 

L’utilisation de la semence sexée diffère selon les races et selon la parité. Elle cible davantage les génisses, plus du tiers d'entre elles dans certaines races. C’est variable pour les vaches selon les races : là où la fertilité des vaches est plus faible et leurs risques de vêlages difficiles peu élevés, comme en prim’holstein, 3 % des vaches sont inséminées en semence sexée. Là où la fertilité est plutôt assurée, et où les vêlages sont moins faciles, comme en montbéliarde, près de 15% des vaches sont inséminées. En race jersiaise où la naissance d’un mâle n’est pas souhaitée, 53% des génisses et 35% des vaches sont inséminées avec de la semence sexée.

 

En races allaitantes, 2,0% des 561 000 femelles inséminées le sont avec de la semence sexée, et pour 23% d’entre elles avec de la semence sexée mâle. La salers se distingue avec près de 20% des génisses inséminées en semence sexée femelle, dans une situation où la part du croisement est importante. La semence sexée apparaît dans ce cas comme un outil de gestion du renouvellement du troupeau

 

Près de 50% des éleveurs laitiers utilisent la semence sexée

 

34 000 élevages inséminent au moins partiellement en semence sexée, et la plupart sont des élevages laitiers.

 

Les éleveurs laitiers adeptes de la semence sexée ont en moyenne des troupeaux de plus grande taille (73 IAP, contre 53 en moyenne pour l'ensemble des troupeaux).


 

91% de petites génisses (et 9% de veaux mâles) naissent après des IA sexées réussies

 

Globalement, les naissances suivant des IA fécondantes en semence sexée codée 2 donnent 91% de femelles, dans toutes les races, et 223 000 veaux nés en 2017 étaient issus d’une IA déclarée sexée femelle (réalisée en 2016). En race charolaise, parmi les 1 660 veaux nés d’une IA sexée contenant des spermatozoïdes Y, 90% sont des mâles.

 

 

Les taux de non retour restent inférieurs de 10-15% en semence sexée

 

En 2017, l’écart de taux de non retour entre IA sexées et conventionnelles varie de -10 à -15% selon les races, même sur génisses. Cet écart est calculé ici seulement pour les taureaux diffusés à la fois en semence sexée et en semence conventionnelle.

Pour une meilleure chance de réussite, il faut préférer les génisses, plus fertiles, pour la mise en place de semence sexée, d'autant que les naissances de femelles présentent pour elles moins de risques de vêlages difficiles.

 

 

Pour aller plus loin : un diaporama qui fait le point sur les innovations dans les stratégies de reproduction en élevage laitier.