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Lien entre performances économique et environnementale : stratégies des exploitations laitières

Publié le par Elisabeth Castellan (Institut de l'Elevage), Simon Fourdin (Institut de l'Elevage), Brendan Godoc (Institut de l'Elevage)
Climat Evaluation environnementale Revenu des éleveurs Bovin lait
Les éleveurs laitiers en recherche de résilience pour leur exploitation se positionnent au sein de plusieurs stratégies. Cette étude reprend les trois stratégies caractérisées par l’Institut de l’Élevage, parmi lesquelles se situent des agriculteurs valorisateurs, économes et productifs. Si ces choix de conduite technique et économique permettent aux éleveurs de conforter leurs revenus dans le temps, qu’en est-il sur le plan environnemental ? Existe-il un lien entre économie et environnement ?

Si les trois stratégies principalement mises en place en système bovin lait en France permettent de dégager un revenu à un niveau équivalent à l’échelle exploitation, cette étude démontre qu'à l'échelle de l'atelier lait, le niveau de rémunération et sa stabilité, mais aussi les impacts environnementaux (GES, pertes d’azote, énergie fossile) qui en découlent diffèrent grandement (l’impact sur la biodiversité n’ayant pas pu être évalué sur ces données).
Pour un prix du lait équivalent, la voie «  économe  » parait être plus performante sur l’ensemble des critères environnementaux que la voie « productif  ». Les systèmes herbagers des AOP ou AB – la voie « valorisateur » – présentent une performance environnementale encore plus vertueuse. De plus, au sein de chaque stratégie il existe un intérêt économique à réduire ses impacts sur l’environnement par l’optimisation des intrants. Pour autant et plus globalement, pour satisfaire les objectifs de réductions des GES de la filière, il parait urgent que la stratégie des productifs s’orientent vers la stratégie des économes. À contexte économique inchangé, le passage d’un système productif à un système économe conventionnel se traduit généralement par une prise de risque économique : ne pas réussir à amortir les investissements réalisés pour être productif.
Ce passage améliorerait significativement leurs performances environnementales mais entraînerait le risque d’une dégradation des revenus. Le lien entre performance économique et performance environnementale pourrait alors devenir négatif.