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[2017] La longévité des chèvres peut-elle être améliorée par la sélection ?

Présentation réalisée par Isabelle Palhière (INRA GenPhySE) lors de la Journée Sanitaire Caprine UMT SPR- OMACAP

Publié le par Isabelle Palhière (INRAE GenPhySE), Jean-Michel Astruc (Institut de l'Elevage)
Evaluations et index Santé Caprin
La longévité fonctionnelle chez la chèvre peut être définie comme l’aptitude des femelles à vivre longtemps pour une raison autre que leur niveau de production. Peut-on prendre en compte ce caractère de robustesse dans la sélection ?

C’est une des questions posées dans le cadre du projet CASDAR « RUSTIC » qui vise à prendre en compte des caractères de robustesse dans la sélection des ovins et des caprins. La longévité fonctionnelle, c’est-à-dire l’aptitude des femelles à vivre longtemps pour une raison autre que leur niveau de production, est un des volets abordés.

         

Une longévité très différente selon les chèvres

              

L’étude de 1,5 millions de chèvres au contrôle laitier officiel, de race Saanen et Alpine, ayant terminé leur carrière montre qu’une chèvre vit en moyenne 1400 jours (soit un peu moins de 4 ans) et produit du lait pendant 800 jours lors de 3,2 lactations. Autour de cette moyenne une grande disparité existe puisque 24% des chèvres ont une durée de vie productive (temps entre la première mise-bas et la réforme) d'un an et, à l’opposé, 4% des chèvres ont une durée de vie productive de 7 ans et plus.

           

On peut noter également que la longévité des chèvres diminue au cours du temps, avec une perte de 11 jours de lactation dans leur carrière en moyenne par année de naissance entre 1991 et 2011.

              

Les index cellules et morphologie sont de bons prédicteurs de la longévité fonctionnelle

             

Une estimation préliminaire des paramètres génétiques indique que l’héritabilité de différents critères de longévité fonctionnelle est autour de 7-8%, ce qui est relativement faible (30% pour la quantité de lait par exemple).

Les corrélations génétiques avec les comptages cellulaires dans le lait et les caractères de morphologie de la mamelle sont assez fortes, illustrant bien que ces caractères, en sélection aujourd’hui, sont de bons prédicteurs de la longévité fonctionnelle.

Une évaluation génétique a permis d’estimer la valeur génétique des boucs d’IA. Si on compare les meilleurs boucs aux plus mauvais, un écart notable est observé entre les carrières de leurs filles : 200 jours de lactation et 0.7 lactation.

Avant d’envisager la sélection sur ce caractère, les analyses doivent être poursuivies, notamment en intégrant les performances des femelles n’ayant pas terminé leur carrière (utile pour avoir des index plus précoces des boucs d’IA).