Prévisions viande bovine : légère baisse de production attendue en 2026
Après un recul significatif en 2025, la production française de viande bovine devrait baisser plus modérément en 2026, à -0,7 % /2025
La production française de bovins finis s’est établie à 1,262 millions de tonnes équivalent carcasses (téc), en baisse de 2,6 % par rapport à l’année 2024. Nous attendons pour 2026 une baisse beaucoup plus modérée, à - 0,7 % /2025. En effet, si la production de taurillons et de taureaux devrait à nouveau se réduire, la production de viande de femelles pourrait quant à elle progresser et compenser une large partie de cette baisse. Nous espérons par ailleurs un recul plus modéré de la production de veaux de boucherie, et une stabilisation de la production de bœufs.
France : Production nette de bovins finis (1 000 téc) et exportations de broutards (1 000 têtes)
Les effectifs renforcés de génisses, allaitantes notamment, permettent d’attendre un léger rebond des abattages de femelles en 2026, ainsi qu’une atténuation de la décapitalisation
Les cheptels bovins ont été fortement affectés par plusieurs vagues épidémiques successives : maladie hémorragique épizootique (MHE), fièvre catarrhale ovine (FCO-3 et FCO-8). Ces épizooties ont touché plutôt dans un premier temps les bassins allaitants, mais se sont propagées depuis la fin d’année 2025 dans le Grand Ouest, berceau du cheptel laitier national. Les entrées en production de génisses ont ainsi été perturbées - avec des anoestrus parfois durables - de même que les performances reproductives des vaches, pouvant conduire à des décisions de réforme précoce. Les effectifs renforcés de génisses en ferme nous permettent cependant d’augurer d’une augmentation de la production de viande de femelles, même en supposant qu’une partie de ces dernières seront retenues par les éleveurs pour conforter le cheptel et ralentir la décapitalisation en 2026.
France : Cheptels de vaches au 1er janvier (1 000 têtes)
Le cheptel de vaches laitières s’est établi à -2,5 % au 1er décembre 2025 /24.
La propagation récente de la FCO-3 sur l’Ouest nous incite à prévoir pour fin 2026 une baisse marquée du cheptel, et ce malgré une conjoncture laitière qui pourrait rester incitative à la production. Les effectifs de génisses ont un peu moins baissé que le cheptel, et sont même renforcés au-delà de 3 ans, probablement du fait de génisses conservées malgré de premiers échecs d’entrée en reproduction. Nous attendons ainsi un redressement du taux de renouvellement, particulièrement bas en 2025. D’après ces hypothèses, les réformes laitières devraient reculer sur un rythme comparable à l’an dernier : -3,4 % en têtes pour -2,4 % en tonnage. Les poids des vaches laitières ont en effet fortement progressé depuis la hausse des cours de la viande. La production abattue de génisses laitières, portée par le dynamisme des croisées, devrait continuer de progresser, autour de +6 % en volume.
Le cheptel allaitant était en baisse de 1,9% au 1er décembre 2025 comparé à 2024.
Il a connu un renouvellement relativement important en cours d’année, grâce aux nombreuses génisses conservées par les éleveurs, et ce malgré de réelles difficultés pour ces génisses à entrer en reproduction. Les vagues sanitaires ont désormais touché une grande part du cheptel allaitant français, et la progression de la vaccination contre la FCO nous laisse espérer un progressif retour à la normale au cours de l’année 2026.
Les génisses de plus de 2 ans demeurent plus nombreuses en ferme en ce début d’année, en lien avec les impacts sanitaires sur la mise à la reproduction et consécutivement à la réduction des exportations de broutardes depuis quelques années. Nous estimons que ces génisses sont originellement plutôt destinées à soutenir le cheptel, mais que les problèmes d’infertilité conduiront les éleveurs à devoir en orienter environ la moitié vers la boucherie. Grâce à cette forte disponibilité de femelles, la décapitalisation pourrait ralentir en 2026, à -1,3 % au 1er janvier 2027 /2026, et ce malgré une pyramide des âges qui reste défavorle cheptelable en élevage bovin allaitant. Des agrandissements compenseraient donc pour partie les arrêts attendus. Nous attendons ainsi à la fois une hausse de la production de vaches de réformes, poussées par la reprise du renouvellement, mais également une hausse des abattages de génisses. Les poids devraient continuer de progresser, soutenus par les cours. La production de viande de femelles de races allaitantes devrait ainsi au global augmenter d’environ 1,4 % en 2026. Cependant, les éleveurs allaitants pourraient faire le choix de conforter encore davantage leurs cheptels, au détriment de cette production de femelles allaitantes.
Recul des exportations de broutards et de la production de taurillons
Depuis 2022, la baisse des disponibilités de veaux de type allaitant, conséquence directe de la décapitalisation, n’affectait pratiquement que les exportations de broutards, en baisse marquée, tandis que les achats dynamiques par les engraisseurs français permettaient au contraire une progression de la production de jeunes bovins. Cette dynamique a montré un réel fléchissement en 2025 : la forte augmentation des prix du broutard a bien été suivie par une augmentation importante des cours du jeune bovin fini, mais de manière retardée. Cela a incité certains naisseurs-engraisseurs à préférer vendre en maigre plutôt que de devoir mener à bien l’engraissement complet de l’animal, et ce d’autant plus que les croissances ont pu être affectées par le contexte sanitaire, et qu’une certaine surmortalité des mâles a été constatée. La production de jeunes bovins de type viande a ainsi diminué de 5 % en 2025, malgré des cours porteurs.
Les exportations de broutards, malgré les interdictions localisées liées à la propagation de la DNC, ont pour leur part largement moins baissé que l’année précédente, à « seulement » - 3,2 % en 2025.Nous estimons que ce mouvement va se poursuivre en 2026 et que la baisse des disponibilités, particulièrement élevée sur cette cohorte touchée par les épizooties, va se répercuter non seulement sur les exportations de broutards, attendues en baisse de -3,7 % (mâles et femelles confondus), mais aussi sur la production de jeunes bovins de type viande, autour de -2,6%.
La production de jeunes bovins de type laitiers devrait poursuivre sa baisse tendancielle. Les gains de poids soutenus par les cours permettront d’atténuer cette baisse. Nous attendons au total une production de taurillons et taureaux en baisse de 2,6% en têtes et de 2,1% en tonnage.
Quasi-stabilisation de la production de bœufs
La production de bœufs a progressé de 5,4 % en 2025, avec davantage de bœufs croisés lait x viande et de races allaitantes. Afin de prévoir la production de bœufs à venir, nous nous appuyons sur les effectifs de mâles de plus de 24 mois présents en ferme, qui peuvent être destinés soit à la production de bœufs, s’ils sont castrés, soit à remplacer des taureaux de reproduction. Pour les laitiers et les croisés, ces effectifs sont stables en ferme, et laissent présager une stabilité des abattages de bœufs issus du cheptel laitier. Les mâles allaitants de plus de 24 mois restent nombreux en ferme, mais nous estimons qu’une partie de ces mâles correspond en fait à des taureaux de reproduction, conservés pour remplacer ceux dont la fertilité a été mise à mal par les épizooties. Nous attendons au global une production de bœufs en très légère baisse en 2026 par rapport à 2025 (-0,4%). janvier 2026
Baisse de la production de veaux de boucherie
La production a continué son décrochage en 2025, à -6,9% /2024, entraînée par les faibles taux de renouvellement des ateliers, et amplifiée par la baisse marquée des veaux disponibles pour l’engraissement. Pour 2026, les disponibilités en veaux laitiers et croisés devraient moins baisser que l’an passé, et nous espérons donc une dynamique baissière un peu moins prononcée, autour de -3,2% en tonnes équivalent carcasse.
Bilan : production et consommation de viande bovine en légère baisse en 2026
La consommation française de viande bovine, calculée par bilan, s’est encore contractée en 2025, à -2,9 %, en raison de la baisse marquée des disponibilités. Nous prévoyons une réduction plus douce de la consommation en 2026, autour de -1 %, rendue permise par une production française de viande bovine moins affectée que l’année passée, à -0,7% au total en 2026 comparée à 2025. Les exportations pourraient connaitre de légères hausses, avec un marché européen de la viande bovine toujours dynamique, en forte demande de jeunes bovins notamment. Les importations, quant à elles, pourraient rester stables. Le retournement de la conjoncture laitière en Europe ne devrait pas conduire à un afflux de viande de vache, le cheptel européen ayant été significativement réduit en 2025.


