Les règles de gestion des strongles gastro intestinaux ce printemps
Afin de lutter efficacement contre les strongles gastro-intestinaux, il est important de raisonner le traitement afin d’obtenir des animaux naturellement plus résistants et éviter des pertes économiques. Il faut donc identifier les périodes pendant lesquelles il est nécessaire de traiter, et les individus qui doivent recevoir le traitement.
Reste l’objectif afin de limiter les traitements à l’âge adulte.
En effet, celle-ci permettra aux animaux d’être plus résistants aux infestations. Or, l’utilisation non raisonnée de traitements anthelminthiques a pour conséquence de tuer les parasites avant même qu’une bonne immunité ait pu se mettre en place chez l’animal infesté. Cependant, si l’utilisation excessive d’antiparasitaires peut supprimer ou retarder cette immunité, une infestation massive de strongles gastro-intestinaux induit des retards de croissance, des contre performances de reproduction voire des mortalités. Il faut donc trouver un équilibre entre l’importance de l’infestation des animaux et l’installation d’une immunité efficace. L’âge des animaux (les jeunes sont particulièrement sensibles), leur état général, les parcelles pâturées et le temps de pâturage (donc le temps de contact entre les parasites et les animaux) conditionne la gestion des traitements. Ainsi, l’utilisation de parcelles dites "saines", c'est-à-dire fauchées au cycle précédent ou bien récemment semées, est préférable pour les animaux qui présentent peu d’immunité.
Les stratégies sont différentes selon le type de ruminants
Ainsi, les ovins et caprins restent plus sensibles que les bovins aux infestations massives de strongles gastro-intestinaux. Par exemple, les agneaux conduits à l’herbe au cours de l’allaitement nécessitent un traitement un mois et demi après la mise à l’herbe puis un ou deux mois plus tard selon la matière active utilisée (produit rémanent ou non). En production bovine,les génisses requièrent une attention particulière car c’est à cet âge qu’elles doivent développer leur immunité, mais c’est également à ect âge qu’elles sont le plus sensible.
Pour sélectionner les troupeaux où le traitement peut être profitable (augmentation de la production laitière), la combinaison de deux indicateurs est apparue prometteuse : le temps de contact effectif (TCE) entre les génisses et les larves infestantes au pâturage (histoire du troupeau laitier, reflet du développement de l’immunité) et le niveau d’anticorps "anti-normal" (RDO) du lait de tank (exposition du troupeau laitier aux SGI). Pour sélectionner les individus à traiter, ce sont les jeunes vaches (VL1 et VL2), et les vaches en début de lactation qui semblaient répondre le mieux au traitement (un dossier est en cours de préparation sur ce sujet et sera prochainement consultable sur le site idele).
L’administration de produits rémanents est à raisonner
Pierre Autef, vétérinaire praticien à Bellac (87) indique qu’avec des produitstrop rémanents, le contact avec les parasites nécessaire au développement et au maintien de l’immunité risque d’être réduit.Le temps d’attente avant l’abattage est également crucial. Si les brebis sont traitées une fois en fin de printemps, un produit rémanent peut être pertinent : les brebis avalent des L3 infestantes, n’excrètent pas d’œufs contribuant ainsi à une moindre infestation de leurs agneaux
La coproscopie reste un bon outil d’aide à la décision de traitement pour les strongles gastro-intestinaux. Même si cette technique conserve des limites liées au fait que ce n’est pas l’infestation des animaux qui est mesurée mais la ponte des parasites, les analyses de crottes sont peu onéreuses et elles permettent de choisir la molécule à utiliser lorsque plusieurs types de parasites sont identifiés. Le mode de réalisation du prélèvement revêt une grande importance sur la fiabilité des résultats. Ces derniers sont acheminés le jour même ou le lendemain au plus tard, en prenant soin de les conserver au réfrigérateur, pour analyse par le laboratoire ou le vétérinaire. Pour en savoir plus en production ovine, consultez les vidéos réaliser un prélèvement de crottes" et la coproscopie de A à Z et la fiche technique "analyser les résultats de coproscopies : l’exemple des arbres de décision".
Les strongles font de la résistance
Dans certains élevages de petits ruminants, des familles d’antiparasitaires sont devenues au fil des années complètement inefficaces, les parasites ayant progressivement créé des résistances. La plus connue est celle aux benzimidazoles. Cette résistance est également largement suspectée chez les bovins. Pour conserver toute l’efficacité des traitements, il est indispensable d’alterner les familles d’antiparasitaires et de raisonner le traitement. Chez les petits ruminants, il est également conseillé de traiter les animaux "au juste poids" en se basant sur le plus lourd du lot.
Après la mise en place du protocole annuel défini en début d’année avec le vétérinaire, des ajustements sont parfois nécessaires en cours de campagne en fonction des conditions météorologiques
Dans tous les cas, prenez conseil auprès de votre vétérinaire.