Etat des lieux des concentrations cellulaires dans l’espèce caprine
Restitution des résultats du projet CASDAR MAMOVICAP
La bonne connaissance et le suivi des concentrations cellulaires individuelles des chèvres est un enjeu majeur pour les éleveurs et la filière. Indicateur indirect des infections mammaires, les cellules somatiques (CCS) sont aussi prises en compte dans le paiement du lait. Des niveaux cellulaires élevés peuvent ainsi générer des pertes financières non négligeables au sein d’une exploitation.
Des concentrations cellulaires en hausse
Depuis une quinzaine d’années, les CCS sont en constante augmentation, avec une accélération depuis la campagne 2012. La hausse moyenne depuis l’année 2 000 est de 675 000 CCS/ml en race Saanen et 485 000 CCS/ml en race Alpine. En parallèle, le pourcentage d’animaux présumés infectés par un pathogène majeur a progressé de 6% en race Saanen et 3% en race Alpine sur la même période.
Impact du rang et du stade de lactation
Le rang de lactation est un facteur de variation important, les concentrations cellulaires augmentant régulièrement au cours de la carrière des animaux. Les CCS varient aussi au cours de la lactation, avec un léger infléchissement au moment du pic de lactation et une hausse régulière ensuite.
Impact de certaines pratiques d’élevage
Les pratiques d’élevage ont une influence sur les niveaux cellulaires des laits, en particulier la saison de mise bas avec des CCS moyens plus faibles pour les lactations débutant au printemps ou à l’automne, ou encore la pratique de la monotraite dont l’impact sur les niveaux cellulaires est défavorable.
Relation avec le niveau de production
Le niveau de production des chèvres est important, les chèvres les moins productrices étant celles qui présentent les concentrations cellulaires les plus fortes, révélant ainsi l’effet dépressif des infections mammaires sur la sécrétion lactée.
Quelles sont les causes de cette hausse ?
Différentes hypothèses pourraient expliquer au moins en partie les tendances à la hausse : l’augmentation générale de la taille des élevages et donc une moins bonne maîtrise du risque sanitaire, du matériel de traite moins bien adapté, des pratiques d’élevage mises en place pour adapter la production au contexte fluctuant de ces dernières années (monotraite, allongement des lactations, …).
Cependant, malgré ces tendances fortes observées depuis une quinzaine d’année, les CCS moyennes semblent se stabiliser sur les campagnes 2015 et 2016.

