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Description de la situation de la France en matière de concentrations cellulaires des laits de tanks en élevages caprins de 1995 à 2000

Publié le par Renée de Crémoux (Institut de l'Elevage)
Qualité des produits laitiers Santé Caprin
Une enquête a été menée auprès des Laboratoires Interprofessionnels Laitiers afin de recenser les informations disponibles en matière de concentrations cellulaires de laits de tanks. L'état des lieux réalisé concerne les éleveurs caprins livreurs, collectés dans les principaux bassins de production français.

L'analyse des données issues de 5 laboratoires (3 650 élevages contrôlés en 2000) a été réalisée selon le protocole établi en 1997 par les partenaires français, espagnols et italiens impliqués dans le programme européen FAIR CT 95-8001 et réactualisé en 1999 (réunion annuelle de Murcia) : établissement des moyennes arithmétiques sur l'ensemble des prélèvements de laits de troupeaux ainsi que des moyennes génétiques. annuelles et mensuelles obtenue par exploitation ; définition de classes (pas de 500 000 cellules par ml) permettant de répertorier les producteurs caprins selon la moyenne de leurs résultats cellulaires.

                   

 

Entre 1995 et 2000, une moyenne géométrique annuelle de concentrations cellulaires autour d'1,2 millions de cellules par ml

              

Sur le long terme, les résultats de concentrations cellulaires des laits de troupeaux semblent se dégrader légèrement. Les moyennes géométriques des moyennes annuelles (géométriques) des concentrations cellulaires de laits de tanks obtenues par les producteurs sur l'ensemble de la période d'étude varient de 1 089 000 à 1 285 000 cellules par ml selon les bassins de production. Elles fluctuent d'une année à l'autre de 40 et 112 000 cellules par ml (amplitude moyenne de 62 000 cellules par ml). A l'échelle de l'élevage, des fluctuations d'une année à l'autre des résultats annuels oscillant entre 132 000 et 145 000 cellules par ml ont également été rapportées. Pour une moyenne géométrique globale de 1 209 000 cellules par ml (bilan 1995-2000 pour l'ensemble des bassins de production), la répartition des producteurs s'établit comme suit : 26,7 % en dessous de 1 000 000 de cellules par ml, 48,7 % entre 1 million et 1,5 millions de cellules par ml, 17,9 % entre 1,5 millions et 2 millions de cellules par ml et 6,7 % au-delà de 2 millions de cellules par ml.

             

Une saisonnalité marquée des résultats de concentrations cellulaires

              

Sur l'ensemble de la période de collecte des données, on constate globalement :

  • une périodicité des variations des concentrations cellulaires des laits de troupeaux à rapprocher de celle de la production laitière
  • une stabilité des concentrations cellulaires moyennes de janvier à juin, proches de 1 million de cellules par ml
  • des valeurs élevées de concentrations cellulaires en fin de campagne laitière traduisant à la fois l'évolution de la fréquence des infections mammaires (prévalence) et l'amplification, à l'échelle du troupeau, de différents facteurs tels que le stade de lactation et ou l'aspect dilution/ concentration (en relation avec la baisse de production laitière en fin de lactation).

          

Une mobilisation de la filière

                   

La prise de conscience de la nécessité d'une politique raisonnée de gestion sanitaire du cheptel est croissante. L'interprofession Caprine s'est ainsi mobilisée pour définir les grandes orientations à donner à la filière et a reconnu les concentrations cellulaires comme faisant partie intégrante de la qualité du lait.

Dès septembre 2000, un programme concerté d'appui aux éleveurs pour la maîtrise des concentrations cellulaires a été conçu à l'échelle nationale et un accompagnement technique des producteurs a été proposé. L'amélioration des résultats de concentrations cellulaires des laits de tank passe par la mobilisation de l'ensemble des acteurs et l'appropriation des outils disponibles. Ceux-ci devront être adaptés aux situations rencontrées en prenant en compte la dimension économique aussi bien que l'organisation du travail en élevage.

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