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Statistiques des inséminations sur femelles allaitantes, campagne 2025

Bilan des inséminations animales bovines en 2025

Publié le par Sophie Moureaux (Institut de l'Elevage), Sandra Dominique (Institut de l'Elevage)
Choix des reproducteurs Performances et phénotypes Reproduction Bovin viande
Durant la campagne 2024-2025, on comptabilise 6 450 000 inséminations totales mises en place dont 11% concernent des inséminations sur femelles allaitantes (730 000 IA). À noter que cette année, après une période stable, le nombre d’IA premières sur femelles allaitantes baisse avec 509 000 IAP contre 512 000 l’an dernier. Pour la troisième année consécutive le nombre d’IAT est en augmentation : + 7 500 IAT entre 2022 et 2025. Sur les performances de reproduction, c’est une campagne marquée par des résultats de fertilité (taux non-retour 18-90j) bons jusqu’en mai 2025 et en dessous de la moyenne ensuite.

Retrouvez l'intégralité des observations dans le document à télécharger en bas de page

Notre étude analyse l'activité des inséminations premières (IAP) et nous permet de mettre en évidence les choix génétiques réalisés en première intention par les éleveurs lors de la mise à la reproduction de leurs femelles sur la campagne d'inséminations d'octobre 2024 à septembre 2025.

Evolution du volume d'inséminations sur femelles allaitantes

Parmi la globalité des inséminations mises en place en France, seulement 11% sont réalisées sur femelles allaitantes. Dans cette filière la monte naturelle est très présente.

Parmi les inséminations sur femelles allaitantes, le choix majeur est une IA en race pure, chez les génisses (89%) et chez les vaches (84%).

Depuis 5 ans, par rapport à la campagne 2019-2020 :

  • le nombre d'IAP a diminué de -4,9%, soit - 26 489 IAP,
  • le nombre d'IAT a diminué de -3,6%, soit -27 331 IAT,
  • le ratio race pure / croisement est stable.

Après une stagnation du nombre d'IAP, c'est une nouvelle baisse qui est constatée avec - 3000 IAP en 2024-2025. Le nombre d'IAT étant en hausse depuis 3 ans, on peut s'interroger sur les réussites à la reproduction.

Répartition géographique des IA premières sur femelles allaitantes

Parmi les inséminations mises en place dans les filières bovines, la part d’IA sur femelles allaitantes se concentre notamment dans les bassins allaitants du Massif-Central, dans les Pyrénées-Atlantiques ainsi qu’à la jonction des départements des Deux-Sèvres, Maine-et-Loire et Vendée. On retrouve également une activité assez marquée dans le Pas-de-Calais et les Ardennes, ainsi qu’en Moselle.

L’évolution de l’activité insémination depuis 5 ans est globalement à la baisse sur quasiment tout l’ouest de la France, excepté dans les départements normands et deux départements bretons : le Finistère et le Morbihan.

La moyenne par troupeau de vêlages issus d’IA est la plus importante dans le Nord, le Centre et dans les Landes et Pyrénées-Atlantiques. Son évolution depuis cinq ans est presque partout positive.

Nombre d'élevages où des femelles allaitantes sont inséminées

En 10 ans, le nombre d'élevages réalisant au moins 10 IAP sur femelles allaitantes a baissé de -22%, soit 3 760 élevages en moins. Entre 2024 et 2025, on enregistre une baisse de -1,3% du nombre d'élevages allaitants qui pratiquent l'insémination.

Evolution de l'activité IAP récente par race de femelles allaitantes

A l'échelle nationale, toutes races confondues, 86% des IAP sur femelles allaitantes ont été réalisées en race pure. Quelques races sont utilisatrices du croisement avec d'autres races de taureau comme l'Aubrac (38%) ou la Salers (31%).

 

Parmi les inséminations sur femelles allaitantes, 51% sont des IA premières sur femelles Charolaises, 18% sur Limousines et 17% sur Blonde d'Aquitaine. Ces trois races représentent à elles seules plus de 4/5 des inséminations sur femelles allaitantes.

Le volume d'IAP sur les 3 dernières années est plutôt à la baisse pour toutes les races de femelles. On peut toutefois noter une hausse chez les femelles Aubrac. 

Evolution de l'activité IAP chez les taureaux de race allaitante

A l'échelle nationale, toutes races de taureaux allaitants confondues, la majorité des doses d'IA premières sont mises en place sur femelles laitières (54%).

Certaines races de taureaux allaitants sont spécialisées dans le croisement sur femelles laitières : Angus, Blanc Bleu, Hereford et Inra95 où plus de 80% de leurs doses IAP sont mises en place sur femelles laitières.

Les Limousins et Charolais ont une activité non négligeable en proportion en croisement : un peu moins de 40% de leurs IAP sont sur femelles laitières. La majorité de leur activité reste en race pure.

La majorité des doses IAP des autres races de taureaux allaitants sont en race pure.

Les races de taureaux allaitants utilisées en croisement sur femelles laitières voient leur volume d'IA augmenter depuis 10 ans (Blanc Bleu, Inra95, Angus). Les Parthenais et Aubrac ont aussi développé leur activité IA. Les IA de taureaux Limousins et Salers se maintiennent.

Evolution mensuelle des IA premières mises en place

 

Depuis dix ans, la répartition de l'activité insémination sur femelles allaitantes a évolué. En effet, le pic des IA en début de campagne est de plus en plus marqué : 3/4 des inséminations sont réalisées entre novembre et mars.

L'évolution du nombre d'IAP par mois et par campagne montre que la hausse observée en novembre 2024 est revenue en dessous du niveau de 2023. 

 

Résultats des taux de non-retour 18-90j

Le taux de non-retour 18-90j est un indicateur qui permet de voir si les inséminations premières ont été suivies, ou non, dans l'intervalle de 18j à 90j suivant cette IAP. Cet indicateur ne prend donc pas en compte si les retours ont été effectués par un taureau de monte naturelle. Il surestime le taux de conception que l'on pourrait mesurer, mais il reste un bon indicateur. Les résultats de taux de non-retour présentés dans cette partie ne concernent que les inséminations premières en semence conventionnelle.

Les résultats de taux de non-retour sont globalement stables dans le temps pour les races allaitantes. On observe une progression de 1 à 2 points selon les races jusqu'à la campagne 2021-2022.
 

Toutefois, les 2 dernières campagnes sont marquées par une baisse de la réussite à l'IA première, tout comme chez les races laitières. Les conditions climatiques et sanitaires ne sont pas en faveur de la reproduction des bovins ces derniers temps.

Les résultats de taux de non-retour sont influencés par la période de mise en place sur l'année : il existe un écart d'environ 10 points en moyenne entre le printemps et l'automne.

Globalement, les taux de non-retour 18-90j sur femelles allaitantes sur la campagne 2024-2025 sont bons, au-dessus de la moyenne des 10 dernières années jusqu’à l’été 2025.
En effet, on constate des résultats en dessous des minimales observées depuis 10 ans sur le mois de juillet 2025. On s'attendrait donc à une baisse des naissances issues du cheptel allaitant inséminé à partir en avril 2026.