Les facteurs de variation non infectieux des concentrations cellulaires
Publié le
par
Renée de Crémoux (Institut de l'Elevage)
Il existe différents facteurs de variation non infectieux des concentrations cellulaires. Sans être négligeable, leur poids reste cependant toujours inférieur à celui des facteurs infectieux.
Les facteurs de variation non infectieux des concentrations cellulaires du lait sont variés et similaires chez les petits ruminants (chèvres et brebis). Chez la chèvre, leur hiérarchisation les uns par rapport aux autres reste à préciser. On peut néanmoins en avoir une approche en s'appuyant sur les travaux de recherche et observations conduits chez la brebis laitière.
Le schéma ci-après figure ainsi les principaux facteurs individuels de variation non infectieux par ordre croissant d'influence chez la brebis.
Influence relative des facteurs non infectieux de variation des concentrations cellulaires. Quantification chez la brebis laitière
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- Il existe tout d'abord des variations individuelles. Deux animaux différents ne répondent pas de la même manière à une infection identique.
- L'allaitement pourrait intervenir. Chez la chèvre, sa durée est souvent limitée : il est classique que les chevreaux ne restent sous la mère que quelques jours si ce n’est uniquement pour la première tétée.Dans ces conditions, l'impact de l'allaitement est vraisemblablement mineur. Chez la brebis, en revanche, en particulier dans le Rayon de Roquefort, il existe une période mixte d'allaitement-traite au cours de laquelle les agneaux sont encore sous les mères. A cette période, les comptages cellulaires sont augmentés. Le nombre d'agneaux qui tètent influence aussi les comptages cellulaires.
- La mise à l'herbe est connue comme ayant une incidence sur les comptages cellulaires. Évaluée à environ 20 000 cellules par ml chez la brebis, l'augmentation induite est vraisemblablement beaucoup plus élevée chez la chèvre.
- Le(s) stress peu(ven)t induire une augmentation des concentrations cellulaires. On évoque ainsi l’incidence de manipulations sur les chèvres (taille des onglons) ou de pratiques ponctuelles susceptibles de perturber temporairement les animaux (journée portes ouvertes ou plus couramment, curage du fumier).
- Au cours d'une même traite, les comptages cellulaires diffèrent selon la fraction du lait analysée : plus de cellules en début et fin de traite, moins dans l'intervalle.
- Des différences sont également perceptibles au sein d'une même journée. On parle de variations circadiennes. Les laits du matin sont généralement caractérisés par des concentrations cellulaires plus faibles que les laits du soir en particulier quand l’écart entre la traite du matin et du soir est faible. En fin de lactation, il semblerait que les écarts soient moins marqués.
- Pour un animal donné, une baisse significative de la production peut s'accompagner d’une augmentation de la concentration cellulaire du lait (et inversement). Il existe un effet de "dilution / concentration".
- Les concentrations cellulaires dépendent également de l'âge des animaux et plus encore du stade de lactation. Des animaux plus âgés ont des concentrations cellulaires plus élevées. Les laits de fin de lactation sont plus chargés en cellules. L'âge et le stade de lactation sont des facteurs de variation majeurs des concentrations cellulaires. Ils sont cependant beaucoup plus difficiles à mettre en évidence dès lors que les mamelles sont infectées (particulièrement en cas d'infections par des bactéries dites "pathogènes majeurs").
- Il peut y avoir des effets "campagnes"qui peuvent s'estimer autour de 100 à 150 000 cellules par ml.
- A ces différents facteurs de variation, il faut encore rajouter l'impact de l’œstrus. Pratique spécifique de la chèvre laitière, l'allongement de la lactation a vraisemblablement aussi un impact sur les concentrations cellulaires.
- A noter : l'existence d'une infection peut amplifier les variations imputables aux facteurs non infectieux. C'est notamment le cas pour l’œstrus comme pour la mise au pâturage.
