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Influence des infections d'origine mycoplasmique sur les concentrations cellulaires

Publié le par Renée de Crémoux (Institut de l'Elevage)
Santé Traite Caprin
La seule présence de mycoplasmes dans le lait ne permet pas d'expliquer des concentrations cellulaires élevées. En revanche, lors de mammites cliniques dues à la présence de mycoplasmes, les réponses cellulaires peuvent être très importantes.

Des travaux conduits en Espagne par Contreras et al. (1999) dans des élevages caprins suivis vis-à-vis de l'agalactie contagieuse, permettent d'illustrer l'incidence des infections mycoplasmiques sur les concentrations cellulaires de lait de tank.

Dans le cadre de ces travaux, les infections sont imputées à Mycoplasma agalactiae (bactérie non prédominante en France en élevage caprin, caractérisée par un tropisme mammaire important).

Première situation : absence de manifestation clinique

La première situation explorée est celle d'élevages dans lesquels aucune manifestation clinique de mycoplasmose n'est rapportée.

Les élevages ont été classés en deux groupes selon que des mycoplasmes sont isolés ou pas des laits de tank.

On constate que les concentrations cellulaires de laits de tank sont tout à fait équivalentes dans les deux groupes d'élevages (pas de différence significative) : en moyenne sur l'ensemble de la campagne, environ 900 000 cellules par ml.

 

Concentrations cellulaires de laits de tank dans des élevages selon que des mycoplasmes ont été ou non isolés du lait de tank - Murcia (Espagne) - D'après Contreras et al. (1999)

  

Seconde situation : présence d'une expression clinique

La seconde situation explorée est celle d’une épizootie de mammites cliniques à mycoplasmes.

Dans ce cas, on observe une brutale augmentation des concentrations cellulaires des laits de tank.

Evolution des concentrations cellulaires mensuelles de laits de tank  dans un contexte d'apparition d'une épizootie de mammites cliniques à mycoplasmes
Murcia (Espagne) - D'après Contreras et al. (1999)

  

 

Ainsi les infections à mycoplasmes ne semblent-elles susciter une augmentation des concentrations cellulaires que lorsqu'elles ont une expression clinique.

  

En conséquence :

  • être toujours vigilant lors d'apparition de mammites cliniques dans le troupeau et plus encore lorsque plusieurs animaux se tarissent brutalement,
  • être attentif à tout autre signe évocateur de mycoplasmose.
  • en cas de confirmation d'une mycoplasmose, mettre en place des mesures adaptées.

A noter :

Parmi les mesures à adopter, plusieurs sont communes à celles préconisées pour maîtriser les infections mammaires classiques : traitement au tarissement, réforme des animaux les plus atteints, ordre de traite, désinfection des trayons, entretien du matériel de traite...

Pour en savoir plus :

Les mycoplasmes des caprins. Cet article rédigé par Pascale Mercier (Anses Niort) présente :

  • les manifestations cliniques
  • les prélèvements à réaliser
  • la conduite à tenir
  • l’estimation de la prévalence