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Influence de l'âge et du stade de lactation

Publié le par Renée de Crémoux (Institut de l'Elevage)
Santé Traite Caprin
Lorsque les animaux sont sains, les concentrations cellulaires du lait sont plus élevées pour les animaux les plus âgés (multiplication par 2 ou par 3) et augmentent également avec le stade physiologique (multiplication par 3 à 4). Dans le cas d'animaux infectés par des "pathogènes mineurs" l'évolution est similaire tandis qu'avec des "pathogènes majeurs", les niveaux sont systématiquement très élevés quel que soit l'âge ou le stade physiologique.

Les résultats concernant l'incidence du stade de lactation et de l'âge présentés ci-après, sont issus d’une étude conduite en 1993 sur environ 1000 chèvres appartenant à 8 élevages caprins des Deux-Sèvres.

Trois groupes ont été constitués en fonction du statut infectieux mammaire des animaux:

  • des animaux sains
  • des animaux infectés par des bactéries "pathogènes mineurs" (staphylocoques coagulase négative)
  • des animaux infectés par des bactéries "pathogènes majeurs" (Staphylococcus aureus, streptocoques, coliformes, etc)

Cas des chèvres saines

Sur le premier graphique, sont représentés les résultats obtenus par les chèvres saines ( c'est à dire ayant 2 demi-mamelles saines).

On observe une augmentation des résultats de numérations cellulaires avec le stade de lactation.

Pour les chèvres en 1ère et 2ème lactations, on passe en moyenne de 200 000 à environ 850 000 cellules par ml entre le début et la fin de la lactation (plus de 275 jours de lactation). La baisse de production constatée en fin de lactation n'explique pas à elle-seule, par un effet uniquement de "concentration" l'augmentation des concentrations cellulaires.

L’âge intervient également puisque les chèvres plus âgées (3 lactations et plus) ont des concentrations cellulaires significativement plus élevées tout au long de la lactation.

Evolution des concentrations cellulaires individuelles au cours de la lactation
chez des chèvres saines

 

 

Cas des chèvres infectées par des pathogènes mineurs

Chez les chèvres infectées par des bactéries "pathogènes mineurs" (c'est à dire, dans le cas présent, ayant au moins une des demi-mamelles infectée par des staphylocoques coagulase négative), on observe des concentrations cellulaires plus élevées que pour les animaux sains.

En ce qui concerne les effets de l’âge et du stade, on retrouve des tendances sont tout à fait semblables à celles décrites précédemment.

Là encore, les résultats de concentrations cellulaires sont pratiquement multipliés par 3 ou 4 au cours de la lactation : pour les chèvres "jeunes", on passe en moyenne de 550 000 à 1 600 000cellules par ml.

 

L’influence de l’âge est beaucoup moins marquée mais reste visible.

Evolution des concentrations cellulaires individuelles au cours de la lactation
chez des chèvres infectées par des "pathogènes mineurs"

 

 

 

On constate que dans le cas d’infection par des pathogènes mineurs, les concentrations cellulaires sont influencées par des facteurs physiologiques. Cependant, on remarquera surtout que les concentrations cellulaires sont supérieures à celles obtenues par les chèvres saines.

  

Cas des chèvres infectées par des pathogènes majeurs

On a regroupé toutes les chèvres (peu nombreuses, en pratique) dont au moins une des demi-mamelles était infectée par des bactéries "pathogènes majeurs"  : staphylocoques dorés mais aussi streptocoques, coliformes, ...

Dans ce cas, l’influence de l’âge et du stade de lactation ne sont plus perceptibles tant l’inflammation provoquée par l’infection est importante : on se situe le plus souvent à des moyennes supérieures à 2 millions de cellules par ml, ceci quel que soit l’âge et quel que soit le stade de lactation.

Evolution des concentrations cellulaires individuelles au cours de la lactation
chez des chèvres infectées par des "pathogènes majeurs"

 

Ces différents résultats montrent que le facteur prépondérant des variations des numérations cellulaires est le facteur infectieux, les facteurs physiologiques n’intervenant que de façon secondaire.

 

Parmi ces facteurs, le stade de lactation a l’incidence la plus marquée. C'est pourquoi les règles d’interprétation des résultats de concentrations cellulaires ont cherché à en tenir compte et ont été déterminées non à partir d’une valeur unique mais à partir d’un ensemble de valeurs réparties sur l’ensemble de la lactation.

En synthèse...

Les moyennes des concentrations cellulaires en fonction de l'âge et du stade de lactation (en 3 périodes de 100 jours) sont exprimées ci-après pour différents statuts infectieux de la mamelle.

 

 

Le graphe ci-dessous montre par ailleurs que les facteurs non infectieux ont une incidence sur les concentrations cellulaires quelle que soit l'espèce. Des phénomènes similaires sont notamment observés chez la brebis même si, chez cette espèce, les concentrations cellulaires sont globalement plus faibles que chez la chèvre.

                 

Evolution des concentrations cellulaires individuelles au cours de la lactation
chez les chèvres et les brebis