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Le point sur l'utilisation de la semence sexée en 2014

Les génisses donneront des génisses

Publié le par Pascale Le Mezec (Institut de l'Elevage), Stéphane Barbier (GenEval)
Reproduction Choix des reproducteurs Bovin lait Bovin viande
L'insémination avec de la semence sexée pour obtenir des génisses devient une pratique courante, du moins dans les élevages laitiers. Elle répond au besoin de choisir le sexe du veau à naître, pour éviter les problèmes au vêlage des génisses, limiter les veaux mâles difficiles à valoriser dans certaines races, gérer le renouvellement du troupeau et sélectionner les femelles.

 

Une pratique qui se répand : plus de 570 000 IA sexées enregistrées en 2014

 

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Parmi ces inséminations, 442 172 sont des IA premières en semence sexée. Presque toutes les EMP remontent maintenant l’information semence sexée, et les éleveurs inséminant dans leur troupeau (IPE) signalent 18 000 IAP sexées, soit 7% de leur activité enregistrée. Leurs IA sont prises en compte dans l'analyse de l'activité insémination et semence sexée en 2014.

Dans les zones où les IA sexées sont enregistrées depuis 4 ans, la progression des IA sexées est très marquée :

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Des inséminations avec semence sexée sont enregistrées pour 1 343 taureaux d’IA appartenant à 24 races, dont 112 en ont réalisé plus de 1 000. En race prim’holstein, 83% des IA sexées sont réalisées par des taureaux de programmes français, et 17% par des taureaux provenant du marché étranger. Côté femelles, des IA sexées sont réalisées dans 19 races de vaches, et on note en particulier 12 311 IA sexées sur des femelles croisées.

Si l’on considère seulement les EMP et les IPE qui enregistrent des mises en place de semence sexée (98% de l’activité IA du pays), la part d’IA sexées devient 8,0% des IAT et 11,6% des IAP.

C’est en races montbéliarde et jersiaise que l’IA sexée est la plus développée, ainsi que pour les taureaux de race rouge scandinave utilisés en croisement laitier. Parmi les races allaitantes, la salers se distingue avec 20% d’IAP sexées, quasi toutes pour procréer des femelles.

 

Des IA sexées pour 35% des génisses laitières inséminées

 

 

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L’utilisation de la semence sexée diffère selon les races et selon la parité. Dans la majorité des races laitières, près de 40% des génisses sont inséminées en semence sexée. C’est variable pour les vaches selon les races : là où la fertilité des vaches est plus faible et leurs risques de vêlages difficiles peu élevés, comme en prim’holstein, moins de 4 % des vaches sont inséminées en semence sexée. Là où la fertilité est plutôt assurée, et où les vêlages sont moins faciles, comme en montbéliarde, 13% des vaches sont inséminées. En race jersiaise où la naissance d’un mâle n’est pas souhaitée, plus de 40% des génisses et 20% des vaches sont inséminées avec de la semence sexée.

Les IA sexées sont principalement réalisées en première IA, et sur des génisses, sauf en races abondance, jersiaise et montbéliarde où il y a un peu plus d’IA sexées sur vaches que sur génisses.

Après une IA1 sexée, l’IA2 est assurée en semence sexée dans 50 à 60% des cas, et 85% des IA3 sont en semence conventionnelle. Au total 11,6% des IA premières et 3,9 % des IA de retour sont sexées.

Les IA sexées ♂ représentent moins de 0,1% des IA sexées renseignées en races laitières et 32% en races allaitantes, principalement en charolais (3 300 IA sexées ♂  et 4 000 IA sexées ♀).

 

Les taux de non retour sont inférieurs de 10-15% en semence sexée

 

En 2014, avec des effectifs plus importants en nombre d’IA, de taureaux et d’élevages, l’écart de taux de non retour entre IA sexées et conventionnelles varie de -10 à -15% selon les races, même sur génisses. Les taux de non retour en races allaitantes sont plus élevés qu’en races laitières, comme attendu, et l’écart entre IA sexées et conventionnelles est variable selon les races (effectifs moins nombreux). Les inséminations en semence sexée sont réalisées dans des conditions plus diverses et avec moins de réserves que lors des premières années.

Pour une meilleure chance de réussite, il faut préférer les génisses, plus fertiles, pour la mise en place de semence sexée, d'autant que les naissances de femelles présentent pour elles moins de risques de vêlages difficiles.

 

La déviation du sex ratio vers plus de femelles nées est sensible sur les statistiques globales des naissances

 

Globalement, les naissances suivant des IA fécondantes en semence sexée codée 2 donnent 90% de femelles, dans toutes les races, et 155 000 veaux nés en 2014 étaient issus d’une IA déclarée sexée femelle (réalisée en 2013). En race charolaise, parmi les 1 047 veaux nés d’une IA sexée contenant des spermatozoïdes Y, 93% sont des mâles.

Au plan de la population globale, la déviation du sex ratio est maintenant sensible, surtout en race montbéliarde où la pratique s’est répandue tôt et massivement. Avant la disponibilité et le développement des IA en semence sexée, le sex ratio en races laitières était de l'ordre de 48-49% de  femelles pour 52-51% de mâles. En 2013 et en race montbéliarde, 53% des veaux nés sont des petites génisses. Cette tendance est moins marquée en prim'holstein et en normande, mais le sex ratio des naissances dévie aussi vers plus de femelles. 

 

 

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Des IA en semence sexée dans plus de 37% des troupeaux qui inséminent

 

Parmi les 95 000 élevages où des IA sont réalisées et enregistrées, 35 000 ont essayé ou adopté les IA en semence sexée. Pour plus de 15 000 d'entre eux, il s'en fait plus de 10. Les éleveurs qui essaient ou adoptent la semence sexée ont en moyenne des troupeaux de plus grande taille (65 IAP, contre 41 en moyenne pour l'ensemble des troupeaux).