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Passer à l’échelle de la transition agroécologique et de l’adaptation au changement climatique en élevage

Intervention au 5èmes Rencontres internationales « Lait, vecteur de développement » mai 2026 Saly (Sénégal)

Publié le par Jean-Baptiste Dollé (Institut de l'Elevage), Joël Guillemin (Institut de l'Elevage)
Climat Evaluation environnementale Bovin lait
Depuis 2012, la filière laitière française met en œuvre une initiative nationale structurante visant à accompagner la transition agroécologique des exploitations, en intégrant les enjeux d’atténuation et d’adaptation au changement climatique. Cette démarche repose sur une approche collective, des indicateurs harmonisés à l’échelle de la chaîne de valeur et des mécanismes de financement fondés sur les résultats. Au cœur du dispositif, l’outil CAP’2ER® fournit une évaluation multi critères et multi filières, certifiée et alignée avec les standards internationaux. Son approche systémique permet d’identifier des leviers clés d’atténuation (réduction des émissions de GES, stockage de carbone) et d’adaptation des systèmes d’élevage (résilience des systèmes fourragers, autonomie alimentaire, gestion des sols et de l’eau), et de concevoir des plans de transition adaptés aux contextes locaux.

 

 

La mise en œuvre s’appuie sur un important renforcement des capacités, avec plus de 2 400 conseillers formés. Une gouvernance multipartite rassemble les acteurs publics et privés de la chaîne de valeur agroalimentaire assurant la cohérence des actions. 


Les résultats montrent des écarts de performance technique et environnementale de 10 à 20 % entre exploitations démontrant un fort potentiel d’amélioration. Sur cette base, de nombreuses pratiques agroécologiques ont été identifiées, contribuant au renforcement de la résilience climatique. Ces leviers sont complétés par les domaines de l’agroforesterie, l’amélioration génétique et la réduction du méthane entérique. À ce jour, 25 000 fermes laitières sont engagées dans des trajectoires de transition.


Cette transition est soutenue par des mécanismes financiers innovants, combinant financements publics et privés, notamment via le marché volontaire du carbone, les primes filières, les aides publiques.

Des démarches similaires sont mises en place en Afrique de l’Ouest avec ce même objectif d’augmenter la résilience des exploitations et d’améliorer la souveraineté alimentaire. L’ensemble de ces initiatives démontrent qu’il est possible de déployer à grande échelle des trajectoires agricoles combinant atténuation, adaptation, résilience économique et gouvernance collective. Le modèle est mature, mesurable et transférable, et une coopération France–Afrique de l’Ouest offrirait une opportunité stratégique de déploiement. Une collaboration Nord–Sud pourrait en effet mutualiser les démarches existantes, en partageant méthodologies, outils d’évaluation, pratiques agroécologiques et modèles de financement. Cette coopération accélérerait la transition vers des systèmes d’élevage plus résilients face aux aléas climatiques, en s’appuyant sur des expériences opérationnelles et des dispositifs mesurables et transférables.

Références

Voir le portail dédié « Lait, vecteur de développement »

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