Les émissions de méthane entérique en élevage laitier - Enjeux et travaux menés en Afrique de l’Ouest et en France
Présentation lors des 5èmes rencontres internationales du Lait Vecteur de Développement au Sénégal
Le poids des émissions de méthane en élevage
En Afrique de l’Ouest, avec un doublement prévu de la population selon l’ONU d’ici 2050, l’élevage jouera un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire et la croissance économique des pays, tout en étant émetteur de gaz à effet de serre, notamment le méthane entérique (>50%). En France, dans un contexte de baisse des effectifs bovins de -14% entre 2016 et 2023, les filières bovines s’engagent sur l’enjeu de décarbonation, avec des objectifs de réduction des émissions de méthane de -5 Mt eq CO2 en élevage entre 2020 et 2030.
Des programmes de recherche sur le méthane en élevage
Dans le cadre du projet CaSSECS, des pratiques d’alimentation des systèmes d’élevage extensifs au Sahel ont été testées pour évaluer leurs impacts sur les émissions de méthane entérique chez les bovins de race locale indiquant des potentiels de réduction des intensités d’émissions pouvant atteindre 25%. Avec des équipements de mesure du méthane entérique expérimentaux similaires en France, l’objectif du programme Méthane 2030 est de développer des solutions permettant d’atteindre 30% de réduction d'émissions de méthane entérique des bovins d’ici 2030.
Approches méthodologiques et complémentarité des travaux
En Afrique de l’Ouest, les travaux actuels visent à fournir des données de références pour améliorer les inventaires nationaux des émissions de GES de l’élevage, documenter les potentiels d’atténuations des différentes ressources alimentaires des animaux et animer le réseau des experts nationaux dans le but d’harmoniser les méthodes utilisées. En France l’objectif est de travailler sur les prédictions d’émissions et déployer des outils génétiques et de diagnostic environnemental CAP'2ER® pour la mise en place des leviers auprès des éleveurs bovins.
Partager les résultats des études menées dans ces 2 zones présente un réel intérêt pour améliorer la connaissance sur les émissions de méthane entérique en élevage et pour échanger sur les approches méthodologiques développées.