Les élevages utilisateurs de surfaces pastorales représentent une part importante des élevages du Sud de la France
En France, les surfaces dites « pastorales » étaient estimées en 2018 à 2,2 millions d’hectares, soit 8 % des surfaces déclarées dans le Registre Parcellaire Graphique (RPG). Elles sont principalement situées dans les massifs et en zone méditerranéenne (Nozières-Petit et al., 2021) : 66 % des surfaces déclarées en Corse sont des surfaces pastorales, 62 % en PACA et 25 % en Occitanie.
À l’échelle nationale, 35 000 exploitations « avec élevage significatif » ont un système fourrager considéré comme pastoral, soit 18 % des exploitations avec élevage significatif, ce qui représente près de 1,5 million d’UGB (Nozières-Petit et al., 2021). En zone méditerranéenne, ces élevages occupent une part bien plus importante : en 2022, plus d’un élevage herbivore sur 4 était pastoral en Occitanie, ce qui représente 21 % des UGB de la région et 45 % de la SAU des élevages herbivores. Sur la partie méditerranéenne de la région, les élevages sont en grande majorité pastoraux (76 %) et détiennent 78 % du cheptel de la zone (Micola et al., 2022). En zone méditerranéenne de la région SUD - Provence Alpes Côte d’Azur, c’est la quasi-intégralité des élevages qui sont pastoraux, et qui utilisent 400 000 ha de parcours méditerranéens.
Les élevages pastoraux élèvent tous types d’herbivores :
- bovins viande, par exemple en Camargue, dans les Pyrénées orientales ou l’arrière-pays méditerranéen,
- ovins viande, par exemple dans la Crau, en Provence...
- ovins lait dans les Causses méridionaux, au sud du bassin de production de l’AOP Roquefort,
- caprins en PACA et ex-Languedoc Roussillon par exemple dans la zone de production des AOP Pélardon, Banon et Brousse du Rove ,
- équins, par exemple en Camargue, dans les garrigues, le sud des causses du Gard et de l’Hérault ou dans les Préalpes,
- des bovins laitiers, par exemple dans les Alpes maritimes.
Sur la partie méditerranéenne de la région Occitanie, on compte environ 30 % d’élevages bovins allaitants, un peu moins d’ovins allaitants et des systèmes allaitants mixtes, l’ensemble représentant plus de 65 % des élevages pastoraux. Le reste se partage entre caprins (un peu plus de 10 %), équins (environ 10 %) et les autres filières ou des élevages mixtes (Micola et al., 2022). En région PACA, on compte environ 50 % d’élevages ovins allaitants, 37 % d'élevages bovins allaitant et 10 % d’élevages caprins laitiers, ainsi que des proportions plus faibles de bovins et ovins laitiers et d’équins.
On distingue trois grands types de surfaces pastorales : d’une part les pelouses qui offrent une ressource principalement herbacée, d’autre part les landes et les bois pâturés qui, en plus d’une ressource herbacée, apportent également une ressource ligneuse et fruitière. Toutes ont en commun de fournir des ressources fourragères spontanées, uniquement valorisables par le pâturage, du fait par exemple de fortes pentes, d’un sol superficiel ou de leur utilisation principale sylvicole. Une caractéristique identitaire de ces surfaces réside également dans leur grande diversité végétale (spécifique et fonctionnelle). Cette diversité garantit des ressources tout au long de l’année. Les troupeaux y trouvent alors des aliments variés quelles que soient les saisons : pousses, fleurs, feuilles mûres voire sénescentes, fruits, etc. (Guérin & Gautier, 2004). C’est ainsi l’abondance et la diversité de ces ressources, au fil des saisons, qui conditionne l’intérêt et les possibilités d’usage pastoral du milieu. En retour, le pâturage des troupeaux, combiné aux variations des conditions pédo-climatiques, entraîne et impose des évolutions de présence et d’abondance des espèces végétales, et en conséquence des espèces animales qui en dépendent. Conscients des avantages fournis par ces milieux, mais aussi de leurs fragilités, les élevages utilisateurs des surfaces pastorales ont donc aujourd’hui tout intérêt à comprendre plus finement leurs capacités de production de ressources et de services, ainsi que les facteurs qui peuvent les menacer. Sur le long terme, cela permettra de maintenir voire d’optimiser ces ressources et services, dans un monde au climat et au contexte socio-économique de plus en plus incertains et changeants.
L’analyse de la base de données Stratpasto (Malzac et al., 2018) montre une grande diversité de ressources entrant dans l’alimentation des troupeaux, avec des variations saisonnières. Les ressources pastorales (parcours et estives) sont utilisées toute l’année, dans des proportions variables selon les types de ressources (voir figure ci-dessous). Au total, cet échantillon de 145 ateliers de production présente un taux de pastoralisme moyen de 54 %, avec une diversité allant de 6 à 100 %.

Contribution des différentes ressources à l'alimentation des troupeaux, et profil pastoral mutualisé de 145 ateliers de production ayant recours à des ressources pastorales, issus de 11 départements du pourtour méditerranéen (Extraction de 124 enquêtes de la base de données StratPasto, traitement CRAO)
Les végétations et élevages pastoraux offrent une multitude de services écosystémiques
Les systèmes pastoraux contribuent pleinement à la transition agroécologique en offrant une multitude de services écosystémiques (Millenium Ecosystem Assessment, 2005). En effet, ils fournissent à la fois des services supports (réservoirs de biodiversité), des services d'approvisionnement (avec une diversité de produits d'élevage), de régulation (pollinisation, régulation de la qualité et quantité de l'eau, stockage carbone, santé via des produits de qualité), ainsi qu'un panel de services culturels (intérêt paysager, sentiment de nature, bio-inspiration pour l’art et l’industrie). Ces services rendus impliquent une prise en compte de la multifonctionnalité des espaces pastoraux dans leur gestion.
Le rôle des élevages pastoraux dans la structuration des paysages méditerranéens est largement reconnu, en particulier pour le maintien de milieux ouverts et de la biodiversité (Blondel, 2006). Par leur piétinement et leurs prélèvements, les animaux structurent les communautés végétales en créant des ouvertures dans le couvert qui peuvent être colonisées par de nouvelles espèces (Fischer et al., 1996). Il en résulte une large gamme d’habitats qui facilitent la coexistence d’espèces adaptées à des niches écologiques différentes et favorisent la diversité végétale (Fleurance et al., 2011). Par ailleurs, les végétations pastorales sont concomitantes de milieux très riches en biodiversité animale : près d’un habitat naturel sur deux et plus de 30 % des espèces d’oiseaux, recensés comme présentant un intérêt au niveau européen, y sont présents (Dessailly et al., 2017).
L’entretien des milieux ouverts et en mosaïque par le pâturage contribue à la lutte contre les feux de forêt. Le pâturage par les animaux herbivores peut agir seul ou compléter d’autres moyens de lutte contre les incendies. Par exemple, l’entretien par le pâturage de coupures de combustibles et de zones pare-feu peut être mis en place conjointement à l’entretien mécanique pour espacer les interventions ou pour réaliser de « grandes coupures pastorales » (CERPAM & SUAMME, 2010).
Les prairies et parcours jouent également un rôle clé dans la régulation des écosystèmes et des cycles globaux de carbone et d’eau (Zhao et al., 2020). Les prairies et parcours pâturés, par opposition aux terres labourées, améliorent l’infiltration des eaux de pluie et réduisent le ruissellement (meilleure recharge des nappes). De plus, l’absence de fertilisants chimiques dans ces milieux diminue le risque de contamination des eaux par les nitrates et les pesticides, contribuant ainsi à la protection des ressources en eau potable. Concernant le cycle de carbone, les milieux pastoraux séquestrent du carbone sous forme de matière organique dans les sols, souvent en plus grande quantité et de manière plus durable que celle des terres cultivées, où le travail du sol libère du carbone dans l’atmosphère.
Les végétations pastorales méditerranéennes subissent les conséquences du changement climatique

Le climat méditerranéen est caractérisé par des températures élevées, très peu de jours froids, des jours chauds fréquents et une amplitude marquée (en moyenne 17 °C de différence entre juillet et janvier). L’été est aride, avec des contrastes saisonniers importants : on relève en moyenne 6 fois plus de précipitations en automne qu’en été. Ce type de climat, que l’on retrouve sur la bordure méditerranéenne, s’étend sur un territoire plus large si on considère le climat méditerranéen altéré, et a une influence encore plus large en remontant dans la vallée du Rhône et vers le Sud-Ouest (Joly et al., 2010). Les éleveurs pastoraux méditerranéens sont habitués à conduire leurs élevages dans ces conditions (Launay et al., 2013) et les végétations pastorales sont souvent considérées comme globalement et intrinsèquement résilientes à ces variations climatiques entre saisons et années. De nombreux travaux menés pour comprendre l’écophysiologie des espèces pastorales herbacées en conditions de sécheresse sévère (Volaire et al., 2014), ont démontré une phénologie qui se caractérise par une dormance estivale et une stratégie efficace de survie à l’aridité (Volaire et al., 2006 ; Shihan et al. 2022).
Toutefois les évolutions climatiques des dernières décennies remettent cela en cause. En effet, le changement climatique augmente les températures et modifie les régimes de précipitations, en accroissant la fréquence des sécheresses et des événements extrêmes, comme les vagues de chaleur (IPCC, 2021) et les orages violents. Cela est d’autant plus vrai sur le bassin méditerranéen qui fait partie des zones les plus affectées par le changement climatique : la température moyenne y a augmenté de 1,5 °C depuis la période pré-industrielle, et devrait atteindre + 2,2 °C d’ici 2040. Les cumuls de précipitations diminuent, notamment l’été (MedECC, 2020). La durée et l’intensité des sécheresses estivales augmentent (Tramblay et al., 2020) et il est prévu que la période de déficit hydrique estival soit plus intense et plus longue d’un mois d’ici 2030 (Giannakopoulos et al., 2009). Cette aridité estivale croissante représente une des menaces les plus critiques à la survie des espèces végétales herbacées pérennes d’intérêt pastoral comme les graminées, voire aussi des végétations ligneuses (arbres, arbustes). La mortalité de ces espèces entraîne la dégradation à long terme des écosystèmes pastoraux (Hovenden et al., 2017 ; Winkler et al., 2019 ; Cardozo et al., 2024 ; Mitchell et al., 2016 ; Norton et al., 2016). Cette dégradation associée à une perte de résilience, a été notamment montrée sur un parcours du Causse du Larzac, dans les sols superficiels à faible réserve en eau, où des sécheresses estivales plus sévères ont entraîné une diminution de moitié du couvert végétal (Cardozo et al., 2024). Ces évolutions des végétations ont des conséquences sur les pratiques pastorales et l’utilisation des milieux. Par exemple, l’intensité de pâturage doit être adaptée (Tasser et al., 2017 ; Korell et al., 2024 ; Schils et al., 2022).
Alors que l’effet du changement climatique a été largement montré comme impactant prioritairement les rythmes saisonniers des espèces végétales, notamment des peuplements forestiers (Buerman et al., 2018), les connaissances sont plus limitées en ce qui concerne les communautés herbacées (pelouses et landes). Ces végétations sont diverses et leur sensibilité aux aléas climatiques l’est également. Elles sont susceptibles de suivre des trajectoires d’évolutions différentes (cortège, physionomie, productivité, phénologie, etc.) voire des changements plus radicaux en cas d’atteinte d’un seuil de rupture, qu’il est essentiel de caractériser.
Les élevages pastoraux sont directement fragilisés par ces modifications des végétations, comme le montrent ces témoignages d’éleveurs en Cévennes, rencontrés en marge du montage de ce projet : « la ressource pastorale a diminué de moitié en 10 ans », « de nouvelles espèces moins appétentes pour les troupeaux apparaissent et prennent la place des bonnes espèces qui meurent (exemple des châtaigniers) » ou en Provence (Débit et al., 2025) : « On a du large mais il n’y a rien dedans ! Je pense que, aller dans la colline comme on faisait avant, du mois de février jusqu’au mois de juin, c’est terminé… », « Quand j'ai démarré, c’était luxuriant [milieu des années 1980]. Tout le quartier nord, c'était impressionnant ce que j'avais comme ressource. Aujourd'hui, il y’a que dalle… […] La végétation n'a plus rien à voir... », « Là où tu passais 15 jours, tu passes 2-3 jours... ».
Pour les éleveurs et les acteurs du pastoralisme méditerranéen, ces tendances et la multiplication des aléas sont telles que les outils et références disponibles ne sont plus adaptés. Pour autant, il existe très peu de données et de connaissances sur l’impact de ces changements climatiques sur les végétations pastorales en zone méditerranéenne et leurs usages. Contrairement aux zones de massifs (Alpes, Massif central), il n’existe pas de dispositif qui permette d’évaluer l’évolution de ces végétations sous l’impact combiné du changement climatique et des éventuels changements de pratiques pastorales associées. À l’heure actuelle, les références techniques disponibles en zones méditerranéennes sont basées sur l’expertise de quelques acteurs, et très peu de publications scientifiques sont disponibles. Face aux enjeux agricoles et écologiques concernés, le besoin de disposer des références objectives et récentes, issues de mesures et d’analyses rigoureuses, est ressenti par une diversité d’acteurs : éleveurs et techniciens pastoraux, ingénieurs et chercheurs travaillant sur le pastoralisme, les parcours méditerranéens ou la biodiversité en zones méditerranéennes.
L’adaptabilité intrinsèque des élevages pastoraux est fragilisée par le changement climatique
Les éleveurs pastoraux sont habitués à composer avec des périodes de végétation contrastées, en intégrant un certain niveau de variabilité intra et interannuelle. Pour cela, ils s’appuient d’une part sur les aptitudes physiologiques, comportementales et adaptatives des animaux : comportements alimentaires différents selon les espèces, capacité d’apprentissage au sein du troupeau, variabilité individuelle de certains caractères comme la dynamique de mobilisation et reconstitution des réserves corporelles (Lauvie et al., 2024) ; et d’autre part sur la diversité des milieux et des végétations, qu’il s’agit de faire coïncider avec les besoins des animaux en utilisant les différents milieux à différentes périodes et par des pratiques de pâturage adaptées (Jouven et al., 2010) : dissociation de la période de pousse de l’herbe et de la période de consommation par le report sur pied, décalage de la pousse par le déprimage ou l’étêtage, gestion du pâturage par saisons pratiques avec des surfaces de base et des surfaces de sécurité utilisées lorsque la ressource n’est pas suffisante sur la surface de base ou lorsque la saison pratique se prolonge (ces surfaces de sécurité étant généralement des surfaces de base à un autre moment). La gestion du troupeau apporte des sécurités supplémentaires : mobilisation des réserves corporelles des animaux, réajustement de l’allotement ou modification du calendrier d’élevage en cours de saison (Launay et al., 2013). La mobilité est également une caractéristique de ces systèmes, avec notamment la pratique de la transhumance qui permet de faire face au déficit fourrager estival en plaine, mais qui devra elle aussi s’adapter aux nouvelles conditions climatiques.
Ces pratiques habituelles se heurtent aujourd’hui aux conséquences du changement climatique sur les végétations pastorales décrites précédemment. Des ajustements des périodes d’utilisation des différents types de parcours sont fréquemment observés, de même que des modifications des dates de montée et descente d’estive dans le cas des élevages transhumants. Dans d’autres cas, on observe un recours accru aux fourrages cultivés ou aux achats et donc une moindre utilisation des parcours, ce qui compromet le maintien des autres services écosystémiques rendus par les surfaces pastorales. Par ailleurs, cette alternative n’est pas toujours accessible pour les systèmes les plus dépendants des végétations pastorales et implique une augmentation des coûts d’alimentation. L’identification et la diffusion de leviers d’adaptation compatibles avec le maintien du caractère pastoral des élevages nécessitent une caractérisation des milieux à l’échelle des communautés végétales, pour identifier leur état actuel et leur niveau de vulnérabilité au changement climatique.
Du point de vue écologique, l’identification des espèces et végétations les plus vulnérables permettrait de mettre en œuvre des mesures pour les préserver, en évitant le surpâturage aux périodes où les plantes constituent leurs réserves ou passent aux stades reproductifs. Du point de vue pastoral, une connaissance fine des périodes de disponibilité de la ressource pastorale (seuils de sénescence, durées de reprise de croissance) en fonction des conditions météorologiques permettrait d’ajuster les périodes d’utilisation, mais aussi de disposer de repères clairs et d’indicateurs de pilotage efficaces pour anticiper et gérer les conséquences du changement climatique sur les ressources végétales et les élevages pastoraux.
Des références, méthodes et outils riches mais à renforcer
Les références et outils disponibles actuellement apportent des éléments utiles, mais partiels, pour répondre aux enjeux d’accompagnement des éleveurs dans l’utilisation des végétations pastorales face au changement climatique.
Du point de vue pastoral, la caractérisation, le suivi et la gestion des végétations pastorales se sont appuyés jusqu’ici sur des « typologies opérationnelles des milieux pastoraux ». Le Référentiel pastoral parcellaire(Institut de l’élevage, 2000), décrit plus de 400 combinaisons de types de milieux et de modes d’utilisation par des animaux d’élevage dans les zones d’élevage sous l’influence du climat méditerranéen. Cet outil, au format papier, dont les données sont âgées aujourd’hui de plus 30 ans, propose des références à dire d’expert qui ne sont plus adaptées au nouveau contexte climatique.
La Pastothèque est le nouveau référentiel des milieux pastoraux du Sud de la France. Elle propose une typologie des milieux pastoraux, pour les territoires de montagne dans son premier tome (Dodier et al., 2023) et pour la zone méditerranéenne dans le second (Bonnet et al., 2025). Ces deux volumes, dont la plupart des auteurs et contributeurs sont partenaires du présent projet, offrent une synthèse actualisée des connaissances sur les milieux pastoraux : écologie, physionomie et espèces présentes, fonctionnalité et valorisation pastorales, ressenti face aux aléas climatiques, dynamiques d’évolutions et enjeux associés. Pour le tome Montagne, la description des réactions des milieux face aux aléas climatiques a bénéficié des résultats du programme Alpages Sentinelles (cf. infra). Pour le tome Méditerranée, les éléments fournis sont en majorité issus de l’expertise des pastoralistes ayant contribué à sa rédaction ; le projet CAMIN permettra d’amener des éléments objectifs et mesurés pour consolider ces références, et ainsi documenter la réponse des végétations aux variations climatiques.
Sur le terrain, le diagnostic et la caractérisation des végétations et des pratiques pastorales s’appuient sur différentes méthodes :
- La méthode de diagnostic des parcours(Aussibal et al., 2010), développée par l’UCP « Pastoralisme méditerranéen » , permet de caractériser les parcours et leur utilisation pour repérer d’éventuels dysfonctionnements et préconiser des améliorations à mettre en œuvre.
- La méthode Mil’Ouv(Dessailly et al., 2017) permet d'aborder les milieux pastoraux, en croisant les connaissances et savoir-faire de pastoralistes et écologues, en vue d’un diagnostic éco-pastoral des milieux. Elle ajoute ainsi la prise en compte des enjeux écologiques aux éléments déjà présents dans le diagnostic des parcours.
Ces méthodes, qui ont fait la preuve de leur intérêt et de leur efficacité dans le cadre de diagnostics-conseil, ne sont pas tout à fait adaptées à des suivis à visée de création de références, et d’analyse scientifique. Également, elles ne prennent que partiellement en compte la phénologie des plantes et végétations, qui est pourtant un des éléments les plus impactés par le changement climatique. Le projet CAMIN permettra de les adapter et de les compléter pour inclure des indicateurs pouvant rendre compte de la sensibilité aux changements climatiques, et pour pouvoir les intégrer à un dispositif scientifique.
L’outil StratPasto(Malzac et al., 2018) permet de décrire les systèmes d’alimentation agro-pastoraux, et notamment d’identifier la part occupée par les ressources pastorales dans les rations des différents lots d’animaux, au fil de l’année. La méthode s’accompagne d’une application web qui facilite la visualisation et l’analyse des données, à l’échelle de l’atelier, de l’exploitation ou d’un collectif d’exploitations (à l’image des résultats présentés ci-dessus). Utilisé et mutualisé par les services pastoraux, cet outil contribue à documenter les pratiques d’élevage et d’utilisation des parcours, qui interagissent avec les changements climatiques en termes d’impact sur les végétations pastorales, mais sont également impactées à leur tour par les changements quantitatifs, qualitatifs et temporels de disponibilité des ressources pastorales.
Pour la conception de système d’alimentation agro-pastoraux, le Rami pastoral(Zapata et al., 2017) est un jeu sérieux qui permet d’animer une réflexion collective en favorisant les échanges et partages d‘expériences au sein d’un petit groupe (éleveurs, conseillers, étudiants) autour des pratiques d’alimentation dans des élevages. Il utilise des références sur les ressources disponibles (type de couvert, saisonnalité, mode de prélèvement) et les besoins des animaux (effectifs, besoins selon le stade physiologique). Le Rami pastoral permet de concevoir un système d’alimentation et de simuler différents scénarios pour adapter sa conduite. Il met l’accent sur la diversité et la saisonnalité des ressources pastorales et des besoins du troupeau. On peut par exemple, ajuster la saisonnalité et le mode d’utilisation des parcours. Pour ce faire, il se base sur des données de référence à la fois pour les besoins des animaux et pour la disponibilité saisonnière de la ressource pastorale, sur différents types de parcours. Si le Rami Pastoral peut permettre de tester des ajustements face à des aléas climatiques, on ne dispose pas à ce jour de suffisamment de données pour pouvoir caractériser, de manière réaliste, ces aléas en termes de quantité, qualité et saisonnalité de la ressource pastorale. Le projet CAMIN pourra combler ce manque, et rendre cet outil plus performant et efficace.
Les différents outils présentés ci-dessus ont en commun d’être issus d’un travail concerté et synergique entre acteurs du pastoralisme, qui sont aujourd’hui partenaires du projet CAMIN, et d’avoir été pensés pour une diversité d’usages, du conseil aux éleveurs à la formation agricole (Etienne et al., 2021). Ils permettent d’aborder certaines dimensions de l’adaptation au changement climatique, mais ne sont toutefois pas conçus pour tenir compte d’évolutions climatiques marquées, telles qu’observées ces dernières années et attendues dans un futur proche. Le projet CAMIN permettra de les faire évoluer.
Des observatoires existants sur les végétations dans les Alpes et le Massif central
En dehors de la zone méditerranéenne, certaines végétations pastorales font déjà l’objet de suivis, menés dans un but écologique et/ou agricole. Dans les zones de massifs, des observatoires plus ou moins anciens permettent d’objectiver les changements en cours sur les milieux pastoraux. Dans les Alpes, le programme Alpages sentinelles rassemble des partenaires académiques, gestionnaires territoriaux, techniques pastoraux et institutionnels autour de la question du changement climatique en alpages. Ce dispositif a permis de produire des connaissances, références et outils pour accompagner l’adaptation du pastoralisme en alpage face au changement climatique, dont une synthèse des effets du changement climatique sur les végétations d’alpages (Crouzat et al., 2021), une plateforme de visualisation d’indicateurs agro-climatiques adaptés (Deléglise et al., 2022) et une méthode d’analyse de la vulnérabilité d’un alpage au changement climatique (Dodier et al., 2018).
Un observatoire des milieux ouverts herbacés du Massif central est en cours de mise en place. Issu d’une co-construction entre l’INRAE, quatre conservatoires botaniques nationaux, et de nombreux partenaires (Chambres d’agriculture, parcs naturels du Massif central, filières et associations de défense de productions de viandes et fromages sous SIQO), il s’intéressera aux prairies et à certains milieux pastoraux (pelouses) en vue de caractériser la variabilité et les services rendus par ces végétations pastorales et de comprendre l’effet des conditions environnementales et des pratiques de gestion actuelles, émergentes et à venir.
L'apport du numérique pour le suivi des dynamiques végétales
La dynamique et la phénologie des communautés végétales représentent des indicateurs clés des variations inter- et intra-annuelles de productivité, de couverture végétale, de niveau d’utilisation, et d’effets du climat sur les écosystèmes. Depuis plus d’une décennie, l’utilisation des données satellites a révolutionné le suivi de la phénologie de nombreux types de végétation et permis d’identifier les stades clés comme le début de reprise de végétation, le pic de production ou la durée de la saison de croissance, en analysant les couleurs des couverts (Zeng et al., 2020). Les recherches utilisant la télédétection ont beaucoup concerné les forêts et ont montré que les rythmes saisonniers et les dates clés de phénologie ont été les réponses prioritaires des arbres à l’augmentation des températures associée au changement climatique (Berra & Gaulton, 2021 ; Piao et al., 2019). Néanmoins, les observations de terrain, notamment par phénocams (caméras numériques qui capturent des images régulièrement pour suivre la phénologie dans les parcelles) continuent à fournir des informations complémentaires aux données satellitaires, sur la phénologie des espèces (Berra & Gaulton, 2021). La télédétection a permis également d’analyser les risques et les effets des incendies en relation avec la phénologie des couverts (Koutsias et al., 2022 ; Moreno et al., 2021).
Contrairement aux forêts, la phénologie des végétations pastorales commence juste à être étudiée. Un suivi pluri-annuel par phénocams de prairies en zones tempérées, a montré par exemple que l’augmentation des températures et des sécheresses impacte la durée des phases de croissance et de sénescence de l’herbe (Lumnesh et al., 2025). Un objectif du projet CAMIN sera donc de tester ces technologies numériques pour suivre les impacts du changement climatique et des pratiques pastorales sur les rythmes saisonniers des végétations pastorales méditerranéennes. Ces données devraient permettre de proposer des indices agro-climatiques de vulnérabilité de ces milieux en lien avec leur résilience et leur sensibilité aux incendies.
Ainsi, le projet CAMIN vient catalyser une « montée en puissance » des outils et dispositifs existants, en y intégrant une meilleure prise en compte du changement climatique et de ses impacts, mais aussi en construisant ou renforçant les liens entre outils, pour un usage synergique à l’avenir. Combler le manque de données et dispositifs de suivi en zone péri-méditerranéenne permettra d’analyser de manière complète et cohérente les systèmes d’alimentation des élevages transhumants, basés sur le pâturage de végétations de plaine et d’altitude, mais aussi de documenter les relations écologiques, construites par l’élevage mobile, entre milieux d’altitudes différentes.
Références bibliographiques
- Aussibal, G., Garde, L., Gautier, D., Genevet, E., Beylier, B., Debit, S., Guérin, G., & Launay, F. (2010). Le diagnostic des parcours. Méthode d’expertise et de diagnostic des espaces pastoraux. OIER - SUAMME.
- Bellon, S., Girard, N., & Guérin, G. (1999). Caractériser les saisons-pratiques pour comprendre l’organisation d’une campagne de pâturage. Fourrages, 158, 115–132.
- Berra, E.F., & Gaulton R. (2021). Remote sensing of temperate and boreal forest phenology: A review of progress, challenges and opportunities in the intercomparison of in situ and satellite phenological metrics. Forest Ecology and Management 480.
- Blondel, J. (2006). The “Design” of Mediterranean Landscapes: A Millennial Story of Humans and Ecological Systems during the Historic Period. Human Ecology, 34, 713–729. doi.org/10.1007/s10745-006-9030-4
- Bonnet, O., Dodier, H., Garde, L., Genevet, E., Charmetant, R., & Grivel, G. (Eds.). (2025, à paraître). La Pastothèque. Tome 2. Méditerranée.
- Buermann, W., Forkel, M., O'Sullivan, M., Sitch, S., Friedlingstein, P., Haverd, V., Jain, A.K., Kato, E., Kautz, M., Lienert, S., et al. (2018). Widespread seasonal compensation effects of spring warming on northern plant productivity. Nature 562(7725) doi.org/10.1038/s41586-018-0555-7
- Cardozo, G.A., Volaire, F., Chapon, P., Barotin, C. & Barkaoui, K. (2024). Can we identify tipping points of resilience loss in Mediterranean rangelands under increased summer drought? Ecology ;
- Casasús, I., Bernués, A., Sanz, A., Villalba, D., Riedel, J. L., & Revilla, R. (2007). Vegetation dynamics in Mediterranean forest pastures as affected by beef cattle grazing. Agriculture, Ecosystems & Environment, 121(4), 365–370. doi.org/10.1016/J.AGEE.2006.11.012
- CERPAM, & SUAMME. (2010). Coupures de combustible pâturées : le guide pratique (P. Thavaud (Ed.)). Techniques pastorales.
- Cormary, B., Cousin, J., Deschamps. E., Dumerchat, S., Gros, E., Litalien, N. & Simler, M. (2023). Étude préalable pour la mise en place d’un observatoire des surfaces pastorales péri-méditerranéennes de basse altitude. Rapport de projet. Institut Agro Montpellier & UMT Pasto
- Cox, R. L., & Underwood, E. C. (2011). The Importance of Conserving Biodiversity Outside of Protected Areas in Mediterranean Ecosystems. PLoS ONE, 6(1), e14508. doi.org/10.1371/journal.pone.0014508
- Crouzat, É., Dodier, H., Loucougaray, G., Lavorel, S., & Grigulis, K. (2021). Effets du changement climatique sur les végétations d’alpage. Des clés pour comprendre. hal.inrae.fr/hal-03789858
- Débit, S., Favier, C., Garde, L., & Bonnet, O. (2025, à paraître). L’élevage pastoral confronté au changement climatique en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Parole d’éleveurs et de bergers. Étude CERPAM, 130 p.
- Deléglise, C., François, H., Dodier, H., Crouzat, E., Samacoïts, R., Morin, S., Bray, F., & Nettier, B. (2022). Agro-climatic profiles of summer mountain pastures in the French Alps: towards a monitoring tool to contribute to climate risk assessment. Agronomy for Sustainable Development, 42(40). doi.org/10.1007/s13593-022-00776-6/Published
- Dessailly, G., Launay, F., Abadie, C., Aussibal, G., Bletterie, N., Buchert, J., Chardes, M.-C., Chateaugiron, L., Genevet, E., Girardin, S., Gomez, D., Guinamard, C., Huron, J., Jeannin, B., Kosmala, L., Marie, J., & Sirot, B. (2017). Livret technique de la méthode Mil’ouv. Institut de l’élevage.
- Dodier, H., Garde, L., Genevet, E., Charmetant, R., & Grivel, G. (Eds.). (2023). La Pastothèque. Tome 1. Montagne.
- Dodier, H., Nettier, B., Roy, A., & Garde, L. (2018). Le diagnostic pastoral “vulnérabilité climatique”. Une méthode d’analyse de la vulnérabilité d’un alpage au changement climatique.
- Etienne, L., Jouven, M., & Launay, F. (2021). Des outils et méthodes pour enseigner et accompagner l’utilisation des parcours. Fourrages, 245, 53–64.
- Fischer, S. F., Poschlod, P., & Beinlich, B. (1996). Experimental Studies on the Dispersal of Plants and Animals on Sheep in Calcareous Grasslands. Journal of Applied Ecology, 33(5): 1206–1222.
- Fleurance, G., Duncan, P., Farruggia, A., Dumont, B., & Lecomte, T. (2011). Impact du pâturage équin sur la diversité floristique et faunistique des milieux pâturés, Fourrages, 207, 189-199.
- Giannakopoulos, C., Le Sager, P., Bindi, M., Moriondo, M., Kostopoulou, E., & Goodess, C. M. (2009). Climatic changes and associated impacts in the Mediterranean resulting from a 2 °C global warming. Global and Planetary Change, 68(3), 209–224. doi.org/10.1016/J.GLOPLACHA.2009.06.001
- Grisot, P.-G., Lucaz, M., Demarquet, F., Peglion, M. & Launay, F. (2017). Quelle dynamique de végétation selon le mode de pâturage des parcours sur la ferme expérimentale de Carmejane ? RIAAM 2017
- Guérin, G., & Gautier, D. (2004). Gérer une diversité de végétations. Le cas des systèmes pastoraux méditerranéens. Fourrages, 178, 233–243.
- Hovenden, M.J., Newton, P.C., & Porter, M. (2017). Elevated CO2 and warming effects on grassland plant mortality are determined by the timing of rainfall. Annals of Botany, 119(7), 1225-1233. doi.org/10.1093/aob/mcx006
- Institut de l’élevage (2000). "Malette" Référentiel pastoral parcellaire, Technipel, Paris.
- IPCC, 2021. The Physical Science Basis. Contribution of Working Group I to the Sixth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change (V. Masson- Delmotte, P. Zhai, A. Pirani, S.L. Connors, C. Péan, S. Berger, N. Caud, Y. Chen, L. Goldfarb, M.I. Gomis, M. Huang, K. Leitzell, E. Lonnoy, J.B. R. Matthews, T.K. Maycock, T. Waterfield, O. Yelekçi, R. Yu, & B. Zhou (eds.)). www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/downloads/report/IPCC_AR6_WGI_SPM.pdf
- Joly, D., Brossard, T., Cardot, H., Cavailhes, J., Hilal, M., & Wavresky, P. (2010). Les types de climats en France, une construction spatiale. CyberGeo : European Journal of Geography, 2010, 0–25. doi.org/10.4000/cybergeo.23155
- Jouven, M. (2016). L’agroécologie, du nouveau pour le pastoralisme ? Association Française de Pastoralisme & Cardère éditeur.
- Jouven, M., Lapeyronie, P., Moulin, C. H., & Bocquier, F. (2010). Rangeland utilization in Mediterranean farming systems. Animal, 4(10), 1746–1757. doi.org/10.1017/S1751731110000996
- Jouven, M., Madrid, A., Cormary, B., Cousin, J., Deschamps. E., Dumerchat, S., Gros, E., Litalien, N. & Simler, M. (2023). Vers un observatoire des surfaces pastorales péri-méditerranéennes de basse altitude. Collection l’Essentiel, Idele
- Korell, L., Andrzejak, M., Berger, S., Durka, W., Haider, S., Hensen, I., Heroin, Y., Höfner, J., Kindermann, L., Klotz, S., et al. (2024). Land use modulates resistance of grasslands against future climate and inter-annual climate variability in a large field experiment. Global Change Biology 30(7): e17418. doi.org/10.1111/gcb.17418
- Koutsias N, Karamitsou A, Nioti F, Coutelieris F. (2022). Assessment of Fire Regimes and Post-Fire Evolution of Burned Areas with the Dynamic Time Warping Method on Time Series of Satellite Images-Setting the Methodological Framework in the Peloponnese, Greece. Remote Sensing 14(20).
- Launay, F., Gautier, D., & Tchakérian, E. (2013). Témoignages d’adaptations aux évolutions climatiques. Enseignements des pratiques pastorales : diversité et sécurités. Fourrages, 214, 145–148.
- Lauvie, A., Debus, N., González García, E., Grisot, P.-G., Hassoun, P., Jouven, M., Manoli, C., Ménassol, J.-B., Stark, F., & Nozières-Petit, M.-O. (2024). Contribution de l’animal à la résilience globale des systèmes : quels enseignements peut-on tirer des systèmes à composante pastorale ? Renc. Rech. Ruminants, 27, 409–413.
- Lauvie, A., Lasseur, J., & Launay, F. (2021). Élevages pastoraux et territoires : enjeux et regards croisés. Fourrages, 245, 23–30.
- Le Tenehuic, F. & Gueugnon, E. (2024). Évolution des végétations pastorales sous la pression du changement climatique : identification des enjeux et premières analyses sur la base des données disponibles. Rapport de projet. Institut Agro Montpellier & UMT Pasto
- Lumnesh, J. S. K., Cremonese, E., Migliavacca, M., Schaumberger, A., & Bahn, M. (2025). Warming, elevated CO2 and drought in combination amplify shifts in canopy greenness dynamics in managed grassland. Agriculture, Ecosystems & Environment, 378, 109304. doi.org/10.1016/J.AGEE.2024.109304
- Malzac, A., Bonnet, O., Garde, L., Genevet, E., Micola, S. Rocher, C., Etienne, L., Launay, F. (2018). StratPasto, un outil de caractérisation des systèmes d’alimentation des élevages à composante pastorale. Plaquette de présentation de l’outil. cerpam.com/publication/stratpasto/
- Médail, F., & Quézel, P. (1999). Biodiversity Hotspots in the Mediterranean Basin: Setting Global Conservation Priorities. Conservation Biology, 13(6). doi.org/10.1046/j.1523-1739.1999.98467.x
- MedECC (2020) Climate and Environmental Change in the Mediterranean Basin – Current Situation and Risks for the Future. First Mediterranean Assessment Report [Cramer, W., Guiot, J., Marini, K. (eds.)] Union for the Mediterranean, Plan Bleu, UNEP/MAP, Marseille, France, 632pp, ISBN 978-2-9577416-0-1, doi: 10.5281/zenodo.4768833.
- Micola, S., Genevet, E., Dubosc, N., Loubet, A., & Cassagne, J.-P. (2022). Pastoscopie. Un panorama du pastoralisme en région Occitanie.
- Millenium Ecosystem Assessment. (2005). Ecosystems and Human Well-being: Synthesis. www.millenniumassessment.org/documents/document.356.aspx.pdf.
- Misra, G., Cawkwell, F., & Wingler, A. (2020). Status of Phenological Research Using Sentinel-2 Data: A Review. Remote Sensing, 12(2760). doi.org/10.3390/rs12172760
- Mitchell, P.J., O'Grady, A.P., Pinkard, E.A., Brodribb, T.J., Arndt, S.K., Blackman, C.J., ... & Tissue, D.T. (2016). An ecoclimatic framework for evaluating the resilience of vegetation to water deficit. Global Change Biology, 22(5), 1677-1689. doi.org/10.1111/gcb.13177
- Moreno MV, Laurent P, Mouillot F. (2021). Global intercomparison of functional pyrodiversity from two satellite sensors. International Journal of Remote Sensing 42(24): 9523-9541.
- Norton, M.R., Malinowski, D.P., & Volaire, F. (2016). Plant drought survival under climate change and strategies to improve perennial grasses. A review. Agronomy for Sustainable Development, 36, 1-15. doi.org/10.1007/s13593-016-0362-1
- Nozières, M.-O., Boutonnet, J.-P., Petit, T., & Galan, E. (2016). Commercialisation de la viande ovine dans l-arrière-pays méditerranéen français. In M. Napoléone, H. Ben Salem, J. P. Boutonnet, A. López-Francos, & D. Gabiña (Eds.), The value chains of Mediterranean sheep and goat products. Organisation of the industry, marketing strategies, feeding and production systems (Options Mé, pp. 119–123). CIHEAM. om.ciheam.org/om/pdf/a115/00007264.pdf
- Nozières-Petit, M.-O., Launay, F., Étienne, L., & Moulin, C.-H. (2021). Les grands traits de l’élevage pastoral aujourd’hui en France. Fourrages, 245, 3–11.
- Nozières-Petit, M.-O., Launay, F., Etienne, L., & Moulin, C.-H. (2022). L’élevage pastoral aujourd’hui en France, un atout pour la transition agroécologique. Bulletin de l’Académie Vétérinaire de France, 175, 407–412. doi.org/10.3406/bavf.2022.70999
- Orusa, T., Viani, A., Cammareri, D., Borgogno Mondino, E. (2023). A Google Earth Engine Algorithm to Map Phenological Metrics in Mountain Areas Worldwide with Landsat Collection and Sentinel-2. Geomatics, 3, 221-238. doi.org/10.3390/geomatics3010012
- Piao SL, Liu Q, Chen AP, Janssens IA, Fu YS, Dai JH, Liu LL, Lian X, Shen MG, Zhu XL. (2019). Plant phenology and global climate change: Current progresses and challenges. Global Change Biology 25(6): 1922-1940.
- Pimont, F., Dupuy, J.-L., Ruffault, J., Rigolot, E., Opitz, T., Legrand, J., & Barbero, R. (2023). Projections des effets du changement climatique sur l’activité des feux de forêt au 21ème siècle : Rapport final. hal.inrae.fr/hal-04149936
- Schils RLM, Bufe C, Rhymer CM, Francksen RM, Klaus VH, Abdalla M, Milazzo F, Lellei-Kovács E, Berge Ht, Bertora C, et al. (2022). Permanent grasslands in Europe: Land use change and intensification decrease their multifunctionality. Agriculture, Ecosystems & Environment 330: 107891. doi.org/10.1016/j.agee.2022.107891
- Shihan, A., Barre, P., Copani, V., Kallida, R., Østrem, L., Testa, G., ... & Volaire, F. (2022). Induction and potential role of summer dormancy to enhance persistence of perennial grasses under warmer climates. Journal of Ecology, 110(6), 1283-1295. doi.org/10.1111/1365-2745.13869
- Strohmenger, L., Collet, L., Andréassian, V., Corre, L., Rousset, F., & Thirel, G. (2024). Köppen–Geiger climate classification across France based on an ensemble of high-resolution climate projections. Comptes Rendus. Géoscience, 356(G1), 67–82. doi.org/10.5802/crgeos.263
- Tasser E, Leitinger G, & Tappeiner U. (2017). Climate change versus land-use change—What affects the mountain landscapes more? Land Use Policy 60: 60-72. doi.org/10.1016/j.landusepol.2016.10.019
- Tramblay, Y., Koutroulis, A., Samaniego, L., Vicente-Serrano, S. M., Volaire, F., Boone, A., ... & Polcher, J. (2020). Challenges for drought assessment in the Mediterranean region under future climate scenarios. Earth-Science Reviews, 210, 103348. doi.org/10.1016/j.earscirev.2020.103348
- Volaire, F., & Norton, M. (2006). Summer dormancy in perennial temperate grasses. Annals of Botany, 98(5), 927-933. doi.org/10.1093/aob/mcl195
- Volaire, F., Barkaoui, K., & Norton, M. (2014). Designing resilient and sustainable grasslands for a drier future: adaptive strategies, functional traits and biotic interactions. European Journal of Agronomy, 52, 81-89. doi.org/10.1016/j.eja.2013.10.002
- von Keyserlingk, J., de Hoop, M., Mayor, A. G., Dekker, S. C., Rietkerk, M., & Foerster, S. (2021). Resilience of vegetation to drought: Studying the effect of grazing in a Mediterranean rangeland using satellite time series. Remote Sensing of Environment, 255, 112270. doi.org/10.1016/J.RSE.2020.112270
- Winkler, D.E., Belnap, J., Hoover, D., Reed, S.C., & Duniway, M.C. (2019). Shrub persistence and increased grass mortality in response to drought in dryland systems. Global Change Biology, 25(9), 3121-3135. doi.org/10.1111/gcb.14667
- Zapata, E., Launay, F., Peglion, M., Martin, G., & Jouven, M. (2017). Rangeland Rummy: a tool to trigger discussions between pastoral farmers about their grazing system and co-construct adaptive strategies to climatic hazards. EGF.
- Zhang, J., Xiao, J., Tong, X., Zhang, J., Li, J., Liu, P., Yu, P., & Meng, P. (2024). Comparing the performance of phenocam GCC, MODIS GCC, and MODIS EVI for retrieving vegetation phenology and estimating gross primary production. Ecological Indicators, 166, 112251. doi.org/10.1016/J.ECOLIND.2024.112251
- Zhao, Y., Liu, Z., & Wu, J. (2020). Grassland ecosystem services: a systematic review of research advances and future directions. Landscape Ecology, 35, 793-814. doi.org/10.1007/s10980-020-00980-3
- Zeng LL, Wardlow BD, Xiang DX, Hu S, Li DR. (2020). A review of vegetation phenological metrics extraction using time-series, multispectral satellite data. Remote Sensing of Environment 237.