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Dossier Annuel Caprins - Année 2023 - Perspectives 2024

Dossier Economie de l'Elevage - N° 548 - Mars 2024

Publié le par Groupe Economie du Bétail GEB (Institut de l'Elevage)
Circuits commerciaux Coûts de production Marchés Lait et viande Revenu des éleveurs Caprin
En 2023, malgré les difficultés liées aux conditions climatiques et aux coûts de production en hausse, la production de lait de chèvre a été maintenue. Les négociations commerciales ont permis une augmentation du prix payé aux producteurs, mais la consommation de fromages de chèvre a légèrement fléchi, impactant la production industrielle. Pour l'année à venir, le secteur fait face à des incertitudes quant à l'offre et la demande.

En 2023, la production de lait de chèvre s’est maintenue malgré un manque de fourrages en début d’année puis des fourrages de qualité médiocre sur la fin de campagne. Les fortes chaleurs ont impacté le début de lactation des chèvres désaisonnées et la mise à la reproduction de l’automne.

 

Les coûts de production ont poursuivi leur augmentation, malgré un léger recul du panier de charges de l’IPAMPA, sous l’effet de coûts non inclus tels que le prix des fermages, les travaux par tiers et le SMIC.

 

Le prix payé aux producteurs a de nouveau progressé sous l’influence des négociations commerciales. Le revenu des livreurs spécialisés s’est amélioré malgré des charges opérationnelles contenues, mais en hausse, et des charges de structure toujours en augmentation. L’évolution des revenus des producteurs fermiers dépend fortement de leur possibilité de revalorisation de leurs produits auprès de leurs clients.

 

La production industrielle de fromages (-2%) s’est adaptée au fléchissement de la consommation de fromages de chèvre en 2023. Malgré des importations en retrait (-24%), les stocks de fin d’année sont élevés. Les achats des ménages ont pâti de l’inflation, en particulier pour les produits bio, et dans une moindre mesure les fromages AOP, tandis que les MDD ont une nouvelle fois tiré leur épingle du jeu. La hausse des prix au détail et les instabilités géopolitiques ont fortement influencé le comportement des consommateurs. 2024 s’annonce incertaine, tant du côté de l’offre que de la demande. Le maintien du prix du lait et la progression des charges ne viendront pas soutenir la production. Quant aux prix alimentaires, leur hausse devrait ralentir et les augmentations progressives de salaire redonner du pouvoir d’achat aux consommateurs.