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2012 : L'année économique ovine. Perspectives 2013 (434-avril)

Publié le par Groupe Economie du Bétail GEB (Institut de l'Elevage)
Marchés Lait et viande Ovin lait Ovin viande
Les chiffres-clés et les faits marquants du marché des produits ovins lait et viande en 2012, en France, en Europe et dans le Monde. Et les prévisions pour 2013.

La sécheresse de 2011 a laissé des traces indélébiles sur le cheptel de brebis, en grande partie responsables de la lourde chute de la production ovine française en 2012, dans le secteur laitier comme allaitant. Dans la filière laitière, le désengorgement du marché français comme européen a soutenu et devrait continuer à soutenir les prix. Dans la filière allaitante, les prix sont également restés à des niveaux records, grâce aux faibles volumes importés. Pourtant, la végétalisation et la hausse des coûts de production ont continué à affecter l’évolution du cheptel français, qui accuse une nouvelle baisse fin 2012.

 

Le regain de production de 2011 ne s’est pas poursuivi en 2012. En 2011, la mise en place de la nouvelle prime ovine et des prix en hausse avaient permis le redressement du cheptel et dopé les sorties (+6%), du jamais vu depuis trois décennies. Cependant, cette amélioration des disponibilités était également due à la sécheresse et la hausse des coûts de production, qui avaient incité les éleveurs à liquider une part notable de leur cheptel. Cette décapitalisation avait affecté le troupeau allaitant, mais aussi le troupeau laitier qui jusqu’alors progressait année après année.

 

En 2012, le potentiel de production était d’emblée entamé par le moindre nombre de femelles présentes, d’autant que la sécheresse a handicapé la fertilité. La production française d’agneau a reculé de 6,5% par rapport aux hauts niveaux de 2011. Les prix payés aux producteurs se sont par ailleurs maintenus à des niveaux record. La Nouvelle-Zélande et l’Australie ont en effet continué à réorienter leurs exportations vers l’Asie malgré des disponibilités en forte hausse. Et jusqu’en fin d’année, les exportations britanniques sont restées faibles, retardées par un climat particulièrement humide. Ces faibles importations ont soutenu les cours mais cela n’a pas été suffisant face à la nouvelle flambée des aliments du bétail et à l’incitation à la « végétalisation ». Fin 2012, le cheptel reproducteur français est ainsi à nouveau en baisse, de 2% par rapport à 2011.

 

On peine à distinguer l’éclaircie en 2013. En effet, les productions de viande ovine en forte hausse au Royaume-Uni, en Irlande et en Nouvelle-Zélande devraient peser sur les prix européens. Cependant, des événements climatiques de grande ampleur affectent de nouveau l’Océanie et les îles britanniques en ce début d’année (températures extrêmes en Australie, sécheresse dans l’île du Nord en Nouvelle-Zélande, neige et froid très inhabituel au Royaume-Uni). En outre, la baisse des prix de la viande ovine handicape la production outre-Manche et en Nouvelle-Zélande par rapport à la production de lait de vache notamment. La concurrence à l’importation devrait donc se modérer à terme, après une décapitalisation prévisible.

 

C’est un retournement de ce type que connait actuellement la filière ovins lait, après deux années d’excédents à l’échelle européenne. Le recul des prix et de la rentabilité des exploitations en Espagne et en Italie a en effet entrainé une forte contraction de l’offre en 2012. Le marché du lait en vrac s’est résorbé, permettant ainsi, de concert avec la meilleure maîtrise de la saisonnalité dans les bassins français, une nouvelle progression des prix.

 

Dès 2013, un signal fort doit être envoyé aux producteurs ovins français, afin de ne pas davantage entamer le potentiel de production. Les options françaises pour la réforme de la PAC (1er et 2ème piliers), qui devraient être annoncées au 2nd semestre, seront déterminantes pour l’avenir des éleveurs et de la filière ovine.