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Usage et efficacité des traitements par l’éprinomectine dans les élevages caprins laitiers : projet EPRIBELE

Publié le par Renée de Crémoux (Institut de l'Elevage)
Face aux infestations par des strongles gastro-intestinaux, peu de médicaments sont disponibles chez la chèvre. Exploration de l'utilisation de l'éprinomectine, spécialité sans délai d'attente lait, sur le terrain

La disponibilité en médicaments vétérinaires pour gérer les infestations par les strongles gastro-intestinaux chez les caprins laitiers est extrêmement faible. Une seule spécialité ne nécessitant pas de temps d’attente pour le lait (spécialité à base d’éprinomectine à administrer par voie pour-on) est autorisée. Un recours massif et/ou inapproprié à cette spécialité pourrait favoriser le développement de résistances.

            

Une étude pour objectiver les risques de développement de résistances

        

Afin d'objectiver ces informations :

  • I) l’utilisation de l’éprinomectine par les éleveurs a été décrite et quantifiée au moyen d’une enquête d’usage en ligne,
  • II) un essai a été conduit en élevage caprin laitier afin d’évaluer la pertinence des méthodes de détection des suspicions d’inefficacité à employer lors de déclaration de pharmacovigilance.

 

Quelles observations sur le terrain ?

    

L’enquête d’usage confirme la très large utilisation de l’éprinomectine par les éleveurs caprins (78%). Une part importante des éleveurs administre le pour-on par voie orale (41 % des éleveurs utilisateurs d’éprinomectine). Cet usage hors AMM est pratiqué principalement pour des raisons :

  • d'efficacité : 80 % des éleveurs utilisant la voie orale citent cette raison,
  • d’individualisation des traitements : raison citée par 11 % des éleveurs utilisateurs de la voie orale)
  • et de praticité : raison citée par 9 % des utilisateurs de la voie orale.

     

L’essai conduit dans six élevages caprins a mis en évidence un défaut d’efficacité de la voie pour-on dans cinq élevages avec une résistance à l’éprinomectine pour deux de ces élevages et une suspicion de résistance dans un troisième et a permis de décrire une méthodologie d’exploration des cas d’inefficacité.

        

Synthèse réalisée par :

 

  • Carine PARAUD – Laboratoire de Ploufragan-Plouzané-Niort, Unité Pathologie et Bien-Etre des Ruminants,
  • Nathalie BRIDOUX – Agence Nationale du Médicament Vétérinaire (ANMV), Unité Expertise,
  • Eric Fresnay – ANMV, Unité Surveillance du marché et pharmacovigilance,
  • Nathalie JARRIGE – Laboratoire de Lyon, Unité Epidémiologie et Appui à la Surveillance