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Suivi terrain dans 15 élevages de brebis laitières : description des relations entre machines à traire et niveaux cellulaires de tank

Publié le par Jean-Louis Poulet (Institut de l'Elevage), Gilles Lagriffoul (Institut de l'Elevage)
Les observations réalisées dans les 15 élevages ovins laitiers suivis dans le cadre du projet Mamovicap, permettent de s'interroger sur la multiplicité des facteurs liés à la traite qui peuvent intervenir sur les concentrations cellulaires : conception, fonctionnement ou dysfonctionnements éventuels ou encore pratiques de traite

Dysfonctionnements des installations de traite : trois postes essentiels

  

Grâce aux différents contrôles Opti’Traite® pré et post campagne 2015 des 15 élevages suivis dans le cadre du projet Mamovicap, divers dysfonctionnements des installations de traite (corrigés ou non) ont été mis en évidence. Ils ont concerné principalement trois postes : les faisceaux trayeurs, le niveau de vide et la pulsation.

Compte tenu du caractère multifactoriel des infections de la mamelle et des concentrations cellulaires, et en raison du nombre limité d’installations étudiées, il n’a pas été possible de mettre en évidence de relation significative entre les moyennes annuelles de concentrations cellulaires (CCS) de laits de tank et les dysfonctionnements constatés. Rajoutons en outre qu’au-delà de ces dysfonctionnements et des paramètres de conception, de réglage et d’entretien des installations de traite, interviennent des interactions entre facteurs, auxquels il faut ajouter l’impact des pratiques des éleveurs, ainsi que des caractéristiques physiologiques et morphologiques des animaux.

  

Dépose automatique : quelques tendances se dégagent

   

Chez la brebis, la dépose automatique est fondée sur une temporisation, c’est-à-dire que la durée de la traite est fixée. Parmi les 15 élevages de l’étude, 10 disposaient d’une dépose automatique. Compte tenu du mode de réglage, le temps de traite n’est pas défini de manière individualisée : pas de prise en compte à l’individu des différences de rapidité de traite et de débits, prise en compte uniquement collective de différences liées à la parité (notamment différences entre primipares et multipares) ou au stade de lactation (diminution des durées de traite avec la chute progressive de la production).

  

Les résultats présentés ci-après sont uniquement descriptifs dans la mesure où ils ne prennent pas en compte les facteurs autres que la dépose, aussi bien en termes de traite qu’en termes de pratiques et de gestion des mammites, des élevages supports de l’étude. 

On a néanmoins observé que les CCS annuelles de laits de tank des élevages ayant une dépose manuelle des faisceaux trayeurs semblaient être plus élevées que celles des élevages disposant d’une dépose automatique. En effet, dans le Rayon de Roquefort, les CCS moyennes des laits de tank des élevages avec dépose automatique atteignaient environ 450 000 cellules/ml contre environ 630 000 cellules/ml dans les élevages sans dépose automatique. Des écarts similaires ont été observés entre les élevages des Pyrénées-Atlantiques. Signalons cependant le possible impact d'autres pratiques, qui peuvent être associées à une dépose manuelle, telles que le massage des mamelles.

Une étude sur un nombre important d’élevages serait nécessaire pour évaluer plus précisément ces impacts.

  

Concentrations cellulaires de lait de tank dans les 15 élevages suivis dans le cadre du projet Mamovicap, en fonction de la présence d'une dépose automatique et de la pratique du massage

 

 

Pour en savoir plus :

 

Jean-Louis Poulet

Courriel : jean-louis.poulet(at)idele.fr

Gilles Lagriffoul

Courriel : gilles.lagriffoul(at)idele.fr