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Résultats 2020 des exploitations caprines laitières et fromagères

Publié le par Nicole Bossis (Institut de l'Elevage), Christine Guinamard (Institut de l'Elevage), Claire-Lise Faggion (Institut de l'Elevage)
Cette synthèse présente les résultats techniques et économiques 2020 des exploitations caprines laitières et fromagères suivies dans le cadre du dispositif INOSYS-Réseaux d’élevage. Dans un contexte climatique et économique incertain, ce dispositif fournit des repères et des références pour le conseil et le pilotage des exploitations d’élevage. En 2020, pour la filière caprine, les résultats de 181 exploitations ont été recueillis, par les techniciens des Chambres d’Agriculture, des Contrôles Laitiers et des Syndicats caprins : 130 exploitations sont suivies au titre du Socle National, les autres grâces à des financements régionaux.

La conjoncture caprine 2020 est marquée par une augmentation du prix du lait payé (+ 3,1 %), et un IPAMPA lait de Chèvre en petite progression (+ 0,3 % entre 2019 et 2020).

Rebond chez la plupart des livreurs

Les lactations ont bien démarré en 2020 avec des fourrages 2019 de qualité. Mais, avec le confinement, les transformateurs ont appelé les éleveurs à la modération de la production. Si certaines laiteries ont rapidement retrouvé un fonctionnement « normal », les petites laiteries et les laiteries en zone AOP ont été plus impactées. Au final, les volumes livrés ont progressé en moyenne de 2 %. En parallèle, la conjoncture dégradée de la filière chevreau a entraîné une baisse du coproduit viande Elle a aussi incité les éleveurs à limiter la mise à la reproduction de leur troupeau et à développer la mise en œuvre des lactations longues qui ont permis d’assurer un peu plus de lait en fin d’année. Avec une augmentation du produit de l’atelier caprin de 4% et un coût alimentaire plutôt bien maitrisé, la marge des ateliers livreurs est en moyenne orientée à la hausse.

Ramené à l’UMO exploitant, le revenu disponible des livreurs spécialisés de l’Ouest et du Sud-Ouest (2,3 UMO, 311 chèvres sur 63 hectares) enregistre une hausse de 6 %, il s’élève à 31 600 € par UMO exploitant.

Dans les systèmes « livreurs et cultures de vente », la hausse du prix des cultures de vente ne compense pas la baisse des rendements. Mais les bons résultats de l’atelier caprin permettent un maintien de l’EBE. Au final, le revenu disponible des systèmes « livreurs et cultures de vente »

(3 UMO, 362 chèvres sur 168 hectares) s’établit à 29 000 €/UMO exploitant.

Une campagne de commercialisation perturbée par le covid

Après un premier confinement particulièrement éprouvant, la plupart des fromagers fermiers ont retrouvé leurs chiffres d’affaires grâce à une belle saison estivale, l’exploration de nouveaux circuits et l’augmentation des ventes en GMS. Pour la plupart, ils sont ainsi parvenus à maintenir voire améliorer leur revenu mais souvent au prix d’un temps de travail singulièrement alourdi !

Les fromagers fermiers des régions Centre, Rhône-Alpes et Sud-Ouest (3,6 UMO, 126 chèvres et 88 500 litres transformés) ont bien augmenté leur prix de vente et leur revenu disponible par UMO exploitant progresse de 44 % pour s’établir à 28 200 €/UMO exploitant. Les fromagers fermiers du Sud Méditerranée (2,3 UMO, 70 chèvres et 30 400 litres transformés) n’ont pas réussi à maintenir leur niveau de valorisation, ils enregistrent une diminution de leur revenu disponible de 10 %, revenu qui s’établit à 25 6000 €/UMO exploitant.