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Le printemps des extrêmes

Publié le par Laurence Sagot (Institut de l'Elevage)
Des cours d’aliments et d’agneaux inédits combinés à des conditions météorologiques souvent démesurées caractérisent ce printemps 2022. Semis des dérobées après la moisson, préparation des luttes, âge au sevrage, parasitisme : cette lettre donne des conseils de saison.

 

 

Des dérobées semées tout de suite après la moisson

Les brebis s’accommodent de la grande majorité des espèces fourragères semées en dérobées en pure comme en mélange. L’avoine, la vesce commune, le tournesol, le pois fourrager, le radis, la navette, la lentille et le colza ne posent aucun problème sanitaire ni d’appétence. Les trèfles d’Alexandrie et incarnat ne sont pas acidogènes contrai- rement au trèfle violet et à la luzerne qui présentent par ailleurs peu d’intérêt pour un couvert détruit rapidement. En revanche, les graines de la vesce velue et de la gesse sont toxiques. De même, qu’elles soient brunes, blanches ou d’Abyssinie, les moutardes contiennent des teneurs en glucosinolates qui peuvent entraîner des problèmes sanitaires à grande dose. L’interférence avec la synthèse des hormones thyroïdiennes reste la principale cause de pathologie (provoquant entre autres des problèmes de reproduction). L’apparition de goitre peut être un symptôme. A contrario, le fenugrec est sans toxicité pour les animaux mais présente une faible biomasse (50 % de moins que les meilleures légumineuses). Cette espèce fourragère a par ailleurs la réputation d’attirer les sangliers

Reporter les luttes d’été en automne ?

Face à l’augmentation du coût des matières premières et au manque de stocks fourragers qui se profilent, certains éleveurs se posent la question de reporter les périodes de lutte des brebis habituellement luttées en été à l’automne. Or, cette stratégie peut s’avérer risquée. En effet, si le report des luttes n’est prévu que pour cette année, il faut s’assurer que les brebis pourront facilement retrouver leur cycle habituel sans dégrader les résultats de reproduction. Pour ce faire, une récente étude a montré que pour des luttes de printemps :

  • Les meilleurs taux de fertilité sont obtenus avec des brebis luttées à la même date d’une année sur l’autre ;
  • Un intervalle d’au moins 160 jours entre la mise bas et la lutte est nécessaire pour assurer au moins 60 % de fertilité. Par ailleurs, ne pas mettre les brebis à la reproduction cette année nécessite un calcul économique personnalisé. Dans la majorité des situations, le produit des agneaux même avec des marges réduites reste plus intéres- sant que l’absence de ventes. En effet, cette dernière n’allège pas toutes les charges fixes de l’exploitation.

Sevrer les agneaux plus tôt

Lorsque les lactations sont réalisées à l’herbe et donc sans complémentation pour les brebis, un sevrage tardif est une solution pour économiser du concentré chez les agneaux. L’allaitement peut se prolonger jusqu’à 120 jours voire davantage. Il faut toutefois rester vigilant à ce que les brebis ne maigrissent pas trop. Sachant qu’il faut 40 kg de céréale pour faire prendre un point de note d’état corporel en bergerie, la remise en état pour la mise à la reproduction serait en effet coûteuse si les brebis ne disposent pas d’herbe à ce moment-là. Cela est d’autant plus vrai pour les antenaises qui ont encore des besoins de croissance. Par ailleurs, prolonger la lactation des brebis en bergerie au-delà de 70 jours n’apparaît pas judicieux compte tenu du contexte de prix des aliments.

Une météo favorable aux parasites

La température et la pluviométrie sont déterminantes pour le développement des parasites internes comme externes. Par exemple, la durée d’éclosion des œufs de strongles dans les pâtures varie entre 5 jours et 1 mois (voire plus en hiver ou en été).

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