[Replay UMT SABRE 27 mars 2025] Les champignons nématophages : une méthode complémentaire de gestion des strongyloses gastro-intestinales ?
[Replay] Intervention réalisée par Carine Paraud (Anses, Laboratoire de Laboratoire de Ploufragan-Plouzané-Niort) dans le cadre du webinaire animé par l'UMT SABRE le 27 mars 2025
Compte-tenu de la prévalence importante des résistances des strongles gastro-intestinaux vis-à vis des anthelminthiques dans les élevages de petits-ruminants, il est urgent de tester des méthodes préventives complémentaires, de façon à diminuer l’utilisation de ces médicaments.
Des méthodes de lutte biologique sont par exemple étudiées dans l’objectif de réduire le nombre de larves infestantes sur la pâture. Parmi elles, figure l’utilisation de champignons prédateurs de larves, les champignons nématophages, qui sont naturellement présents naturellement dans les prairies.
L’intérêt de ces champignons dans la lutte contre les strongles gastro-intestinaux est étudié depuis une quarantaine d’années. L’espèce la plus étudiée est l’espèce Duddingtonia flagrans qui a plusieurs particularités d’intérêt :
- ses spores, appelées chlamydospores, ont une très bonne capacité à survivre lors du transit digestif ce qui permet de les administrer par voie orale aux animaux de façon à ce qu’elles se retrouvent dans les matières fécales au contact des larves en développement
- elle a une croissance rapide
- elle possède une capacité nématophage élevée
Les résultats obtenus lors des travaux expérimentaux ont conduit à la commercialisation de 2 produits contenant des spores de D. flagrans dans différents pays. Un de ces produits, Bioworma® (International Animal Health Products, Sydney, Australia), actuellement commercialisé en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux Etats-Unis, a reçu en 2025, une évaluation favorable de l’EFSA pour sa commercialisation en Europe comme additif zootechnique. A ce jour et dans l’attente de l’autorisation définitive, il n’est pas encore possible de s’en procurer.