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[Webinaire] Impact de l'infection par le virus de l'arthrite-encéphalite caprine sur l'appareil respiratoire de la chèvre laitière de réforme : étude clinique et anatomo-pathologique

Intervention réalisée par Suzanne Clergue (ONIRIS) lors du Webinaire coanimé par l'UMT SABRE et l'OMACAP le 14 Octobre 2025

Publié le par Suzanne Clergue (ONIRIS Nantes)
Les lentivirus des petits ruminants se manifestent préférentiellement, chez le mouton, par une pneumonie interstitielle chronique. Chez la chèvre, l’atteinte pulmonaire semble moins importante mais pourrait être sous-estimée. Les résultats de l'étude conduite sur ce sujet par Solène Toussaint dans le cadre de sa thèse d’exercice ont été présentés par Suzanne Clergue (ONIRIS).

L'étude présentée lors du Webinaire UMT SABRE & OMACAP par Suzanne Clergue (ONIRIS) a été réalisée dans le cadre de la thèse d’exercice vétérinaire de Solène Toussaint. Le projet a été Nicolas Ehrhardt, Laëtitia Dorso et Christophe Chartier. Le résumé de ce travail a été intégralement rédigé par Solène Toussaint.

Les lentivirus des petits ruminants se manifestent préférentiellement, chez le mouton, par une pneumonie interstitielle chronique. Chez la chèvre, l’atteinte pulmonaire semble moins importante. Ses manifestations cliniques et lésionnelles sont peu décrites dans la littérature. Son importance et sa possible transmission aérienne seraient cependant sous-estimées.

Une étude prospective a été menée pour déterminer la prévalence des lésions pulmonaires de pneumonie interstitielle chronique liées au CAEV chez la chèvre de réforme et caractériser ces lésions et leur impact clinique. Un examen clinique et une autopsie ont été menés chez 31 chèvres de race Saanen ou Alpine provenant d’élevages fortement impactés par le virus du CAEV. Une observation des poumons de 390 chèvres a été menée à l’abattoir de Lusignan (86) et des échantillons de parenchyme pulmonaire ont été prélevés pour analyse histologique dans chacune des populations étudiées.

Les résultats obtenus montrent que, dans une population caprine a priori infectée par le CAEV, des lésions macroscopiques de pneumonie interstitielle chronique compatibles avec une infection par le CAEV sont retrouvées chez 9,7% des individus. À l’abattoir, dans une population d’animaux « tout venant », ces lésions sont retrouvées chez 0,8% des chèvres. À l’échelle microscopique, la prévalence des lésions de pneumonie interstitielle chronique due au CAEV est de 16% dans la population a priori infectée par le virus et de 2% chez les animaux « tout venant ».

À l’échelle macroscopique, ces lésions se caractérisent par une augmentation de la consistance du poumon. À l’échelle microscopique, sont retrouvés des infiltrats lymphocytaires dans l’espace interstitiel et périvasculaire, de nombreux macrophages dans la lumière alvéolaire et une hyperplasie des pneumocytes de type II. Aucun impact clinique significatif n’a été mis en évidence lors de l’examen clinique des animaux.

Cette étude montre la difficulté du diagnostic des pneumonies interstitielles chroniques causée par l’infection par le CAEV à l’échelle macroscopique. Les lésions macroscopiques sont évocatrices mais non pathognomoniques du CAEV et pourraient être dissimulées par des lésions d’origine parasitaire. Ainsi, l’histologie sur un nombre suffisant de prélèvements de parenchyme pulmonaire reste incontournable pour poser un diagnostic sûr.

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