[Webinaire] Caractérisation sanitaire des élevages caprins à partir du lait de tank : Bilan et enseignements d’une mise en œuvre à grande échelle
Intervention réalisée par Marion Ripoche (OMACAP, FRGDS NA) lors du Webinaire coanimé par l'UMT SABRE et l'OMACAP le 14 Octobre 2025
Ce projet est issu d’une démarche régionale, lancée en 2022, coordonnée par l’OMACAP et les GDS de Nouvelle-Aquitaine et Pays de la Loire, avec le soutien de les FRGDS et l’ANICAP (anciennement BRILAC) des deux régions. Il a permis de réaliser un premier portrait de la situation sanitaire des élevages caprins pour cinq maladies jugées prioritaires pour la filière caprine : le CAEV, la lymphadénite caséeuse, la paratuberculose, les mycoplasmes et la fièvre Q.
Au total, près de 1000 élevages ont été testés pour le CAEV et la lymphadénite caséeuse, soit environ 56% des élevages de la zone d’étude. Pour les trois autres maladies, le dépistage étant sur une base volontaire, entre 100 et 200 élevages ont été testés. Les résultats suggèrent que :
- Pour le CAEV, 6% des élevages des élevages testés sont probablement peu ou pas infectés (avec un nombre très faible ou nul d’animaux infectés) ; ces élevages sont encouragés à maintenir leur situation sanitaire, et certains pourraient sans doute prétendre à la garantie cheptel indemne de CAEV ;
- Pour la paratuberculose, 8% des élevages testés sont probablement fortement infectés (avec plus de 15% d’animaux infectés) ;
- Pour les mycoplasmes et la fièvre Q, les agents pathogènes ont été mis en évidence dans respectivement 21% et 33% des élevages testés ; en raison de l’excrétion intermittente dans le lait, la non-détection dans le lait de tank ne garantit pas l’absence d’infection et des analyses supplémentaires sont donc nécessaires pour les autres élevages pour confirmer l’absence de ces deux infections.
Travailler ensemble sur un projet ciblant plusieurs maladies et rassemblant différents partenaires des deux régions a été une des forces de cette étude. En contrepartie, le temps de préparation du protocole, ainsi que les contraintes logistiques sur le terrain, ne doivent pas être sous-estimés dans la mise en place d’une campagne de dépistage à large échelle. Le projet a été apprécié des différentes parties prenantes, en permettant aux éleveurs de mieux connaître leur situation sanitaire, de se situer par rapport aux élevages de leur région et de recevoir des informations sur les mesures de prévention à mettre en place.
Les analyses sur lait de tank donnent un aperçu rapide de la situation sanitaire dans l’élevage et sont complémentaires des autres outils de dépistages disponibles. Le lait de tank présente l’intérêt majeur d’être facile à collecter, économique et représentatif de l’ensemble des chèvres en lactation au moment du prélèvement. Cependant, les résultats ne donnent pas d’informations précise sur le nombre d’animaux infectés, ni sur l’impact clinique et économique de l’infection dans l’élevage.
Le projet a été financé par l’ANICAP et FRGDS de NA et PDL et a pu être mené à bien grâce à l’implication des différents partenaires et membres de la commission caprine Grand Ouest. Les analyses ont été réalisées par le laboratoire LILCO.
Retrouvez l'intervention :
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