La crise sanitaire a mis en lumière la précarité des saisonniers. Souvent
stigmatisés et mal connus, voire invisibilisés, ces salariés sont peu l’objet de l’attention
des pouvoirs publics malgré des problématiques récurrentes de logement et de conditions de
travail. Pour autant, si de nombreuses études existent sur ce statut d’activité, elles portent le
plus souvent sur un secteur d’activité ou sur un territoire. Rares sont celles qui permettent de
saisir ce qui fait la saison et ses spécificités quel que soit le secteur d’activité. La statistique
publique elle-même peine à les comptabiliser. L’étude réalisée contribue à sortir d’une approche uni-sectorielle en considérant plusieurs secteurs d’activités particulièrement concernés par le travail saisonnier et à enrichir les connaissances existantes par l’analyse de la diversité des profils sociaux et des parcours professionnels des saisonniers. En considérant trois secteurs très différents du point de vue de leur structuration, de leurs modes d’emploi et de leurs conditions de travail - l’agriculture, les remontées mécaniques et l’hôtellerie-restauration - l’étude dépasse leurs
spécificités sectorielles pour faire émerger les particularités des besoins des saisonniers et
saisonnières.
La main-d'œuvre saisonnière est essentielle dans l’activité économique des territoires considérés et, depuis la pandémie mondiale, certains secteurs sont confrontés à des pénuries dans les recrutements. Si les conditions de travail et d’emploi diffèrent dans les trois secteurs d’activité étudiés, la pénibilité du travail est commune à tous et pose la question de la soutenabilité de ces activités saisonnières du point de vue des parcours des travailleurs. Sans intersaison, sans périodes de repos, ces emplois ne seraient pas tenables. Les résultats de l’étude permettent d’identifier plusieurs types de besoins transverses aux différents secteurs d’activité. Les problématiques de formation professionnelle, de santé au travail, de logement et de protection sociale sont autant de sujets sur lesquels l’action publique peut contribuer à sécuriser davantage les parcours professionnels.
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