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[3R 2024] Reporter des agneaux bio à plus de 10 mois pour répondre à la demande pascale

Publié le par Isabelle Legrand (Institut de l'Elevage), Jean-Marie Mazenc (Bio centre), Anne Aupiais (Institut de l'Elevage), Philippe Desmaison (Biona), Soizick Rouger (ITAB), Vincent Bellet (Institut de l'Elevage)
Dans la filière de viande ovine biologique, la difficulté à faire bien coïncider les périodes d'offre et de demande est l'une des causes de la fuite d'agneaux bio vers le circuit conventionnel. D'où la problématique traitée dans le projet CASDAR « RéVABio » (2020-2023) : la régularité des ventes est-elle une clé du développement de l'agneau bio, via l'étalement local de la production ou la complémentarité entre bassins ?

La difficulté à faire correspondre de manière satisfaisante les périodes d’offre et de demande est l’une des causes de la fuite d’agneaux bio vers le circuit conventionnel, problématique traitée dans le projet Casdar RéVABio. Pour les opérateurs des bassins herbagers, il est particulièrement délicat d’approvisionner le marché lors du pic de demande de la période pascale. Dans les élevages suivis ou enquêtés, le report des agneaux semble plus acceptable que le décalage des périodes d’agnelage, avec moins de surcoûts, moins de travail, une meilleure adéquation avec le sens du métier, etc. Deux expérimentations ont testé le report d’agneaux mâles non castrés à plus de 10 mois. Avec de très faibles consommations de concentré, le bien-être et la qualité des carcasses des agneaux maintenus à l’herbe jusqu’à l’abattage n’ont pas été pénalisés, comparativement à ceux des agneaux rentrés en bergerie en novembre. De plus, leur viande n’a pas présenté plus de caractéristiques désagréables que des témoins nés à l’automne et conduits en bergerie.