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Evaluer la méthode électronique par rapport à la méthode de référence

Publié le par Renée de Crémoux (Institut de l'Elevage)
Les résultats de comptages cellulaires obtenus par la méthode électronique Fossomatic, doivent être comparés à ceux obtenus par la méthode de référence. Les résultats obtenus sont tout à fait satisfaisants.

Critères d’appréciation des analyses : généralités

    

Une méthode d'analyse quelle qu'elle soit est comparée à une méthode de référence. On représente sur un graphe les valeurs obtenues par ces deux méthodes. Si leurs résultats étaient totalement équivalents, les points obtenus se placeraient sur une droite passant par zéro et de pente égale à 1 (droite de référence).

 

En pratique, on est confrontés à diverses situations :

 
  • On peut avoir des résultats précis et justes. C'est le meilleur cas de figure.
 
  • On peut avoir des résultats situés à proximité de la droite de référence (justes) mais avec une certaine variation (peu précis)
 
  • On peut avoir des résultats situés sur une droite différente de la droite de référence mais avec peu de variations : résultats inexacts mais... précis...
 
  • On peut avoir enfin des résultats sur une droite différente de la droite de référence et avec des variations : résultats inexacts et imprécis... La pire des situations...
 

 Comment se situe la méthode fluoro-opto électronique par rapport à la méthode de référence?

            

Évaluation du Fossomatic

 

Différents travaux ont été conduits par CECALAIT [1] afin d'évaluer la qualité des analyses.

Ils ont été conduits sur une plage de concentrations cellulaires correspondant à ce que l'on appelle la gamme étalon [2]. La gamme étalon va, pour les laits de petits ruminants, jusqu'à deux millions de cellules par ml.

Sur cette plage, on observe une bonne concordance entre les résultats de la méthode de référence et ceux obtenus par la méthode électronique (pente de la droite proche de 1) (voir schéma ci-dessous). En tendance, on aurait plutôt une légère sous-estimation des comptages cellulaires lorsque les comptages sont plus élevés.

Relation entre résultats cellulaires obtenus par le Fossomatic et par la méthode de référence

 

 

Au-delà de 2 millions de cellules par ml, que se passe-t-il?

La relation entre les comptages par la méthode de référence et les comptages électroniques, est encore linéaire au début (l'amplitude de cette plage de linéarité n'a pas été étudiée précisément mais elle atteint sans doute 3 à 3,5 millions de cellules/ml au moins). Pour des valeurs très élevées, il est probable que l'on perde en exactitude. Cependant, les chiffres obtenus par la méthode électronique devraient être, au vu des résultats précédents, toujours inférieurs à ceux que donnerait la méthode microscopique.

                 

Évolution et validation des procédures de calibration

 

En 2004 et 2005, CECALAIT [1] a poursuivi ses investigations en étudiant l'intérêt de modifier la technique de coloration dans la méthode de référence : recours au vert de méthyl pyronine [3] au lieu du bleu de méthylène. Le vert de méthyl pyronine est un colorant plus spécifique de l'ADN et des noyaux cellulaires que le bleu de méthylène.

Les résultats obtenus avec la méthode au vert de méthyl pyronine sont effectivement légèrement inférieurs à ceux obtenus avec la méthode de référence "classique". Cette coloration est prise en compte dans la Norme ISO 13366-1 FIL 148-1 de 2008 sur le dénombrement des cellules somatiques.

 

CECALAIT a également étudié l’intérêt d'utiliser des échantillons étalons à partir de lait de chèvre plutôt que de lait de vache.

L'utilisation des échantillons étalons à base de lait de vache s'est avérée satisfaisante, ce d'autant plus que les techniques électroniques permettent, en utilisant des seuils variables, d'exclure les éventuels bruits de fond occasionnés par la présence de cellules cytoplasmiques ou de bactéries.

 

Notes :

[1] Centre d’Expertise et de Contrôle des Analyses laitières

[2] La gamme étalon va, pour les laits de petits ruminants, jusqu’à deux millions de cellules par ml.

[3] Le vert de méthyl pyronine est un colorant plus spécifique de l’ADN et des noyaux cellulaires que le bleu de méthylène.